Ce 2 juillet 2020 devrait être un jour historique pour les droits des femmes.

Cela devrait être l'aboutissement d'un long - très long, trop long - combat mené depuis des mois par huit partis au Parlement fédéral, mais aussi et surtout mené depuis des décennies par les associations de femmes, les praticiens, les médecins, les avocats, les centres de planning familial...

L'usage du conditionnel est malheureusement de mise depuis l'appel du chef de groupe de l'Open VLD à la Chambre, Vincent Quickenborne, à "temporiser le débat" sur l'avortement : "Nous n'allons pas compliquer encore la formation (d'un gouvernement fédéral) qui est particulièrement compliquée."

L'Open VLD, et peut-être son pendant francophone, le MR, changeraient ainsi de camp après des mois de travail constructif pour arriver à un texte mûr, consensuel, abouti et attendu par la population.

Un retournement de veste qui pose d'autant plus question qu'il n'offre aucune garantie de débloquer la crise politique dans laquelle nous nous trouvons depuis un an, si ce n'est celle de donner de l'eau au moulin des seuls partis conservateurs.

En quoi demain, parce qu'on aura empêché une avancée significative pour les droits de femmes, un gouvernement fédéral pourra-t-il être formé dans les prochaines semaines ?

En faisant des droits des femmes une vulgaire monnaie d'échange pour la constitution - tout à fait hypothétique - d'un gouvernement aux fins de faire les yeux doux au CD&V, l'héritage des libéraux artisans de la loi IVG comme Mme Lucienne Michielssens (1) serait tout simplement renié.

En 1990, Mme Lucienne Herman-Michielsens insistait en effet sur la nécessité de faire cesser cette inégalité entre les femmes plus précaires et les femmes plus aisées ou davantage informées dans leur accès à l'avortement "dans l'intérêt de notre société, dans l'intérêt des femmes, dans l'intérêt des médecins, dans l'intérêt de l'Etat. Et cela ne peut passer que dans un débat au Parlement."

Collègues libéraux, je vous invite à en tirer deux enseignements :

Premièrement, si vous entendez à tout le moins respecter notre institution parlementaire et la séparation des pouvoirs exécutif et législatif, vous devez accepter que le Parlement s'exprime aujourd'hui sur cette proposition de loi. Et ce sans vous livrer ni participer à une énième nouvelle manoeuvre dilatoire, dont notre assemblée a d'ores et déjà trop souffert ces derniers temps ;

Deuxièmement, si vous êtes partisans d'une égalité entre les citoyennes, quel que soit leur statut socio-économique, vous devez permettre le libre choix dans de bonnes conditions, tant juridiques que sanitaires, et donc voter cette proposition de loi en votre âme et conscience.

L'enjeu s'inscrit dans la parfaite lignée de ce qu'est le libéralisme au sens de la défense des libertés fondamentales.

L'enjeu est de ne plus voir l'IVG sous l'angle de la société, de notre prétendu "ordre moral", mais sous l'angle des droits des femmes, de leur liberté, et de leur réalité.

L'enjeu est de ne plus voir les femmes comme des êtres immatures mais comme des êtres responsables.

Les femmes qui avortent méritent écoute et accompagnement, certainement pas sermon, procès, peine d'emprisonnement ou encore marchandage politique !

Les femmes méritent de voir leurs libertés protégées, et non sacrifiées sur l'autel de petits jeux politiciens.

(1) Députée libérale flamande co-auteure en 1990 de la loi dépénalisant l'avortement.

Ce 2 juillet 2020 devrait être un jour historique pour les droits des femmes.Cela devrait être l'aboutissement d'un long - très long, trop long - combat mené depuis des mois par huit partis au Parlement fédéral, mais aussi et surtout mené depuis des décennies par les associations de femmes, les praticiens, les médecins, les avocats, les centres de planning familial...L'usage du conditionnel est malheureusement de mise depuis l'appel du chef de groupe de l'Open VLD à la Chambre, Vincent Quickenborne, à "temporiser le débat" sur l'avortement : "Nous n'allons pas compliquer encore la formation (d'un gouvernement fédéral) qui est particulièrement compliquée."L'Open VLD, et peut-être son pendant francophone, le MR, changeraient ainsi de camp après des mois de travail constructif pour arriver à un texte mûr, consensuel, abouti et attendu par la population.Un retournement de veste qui pose d'autant plus question qu'il n'offre aucune garantie de débloquer la crise politique dans laquelle nous nous trouvons depuis un an, si ce n'est celle de donner de l'eau au moulin des seuls partis conservateurs. En quoi demain, parce qu'on aura empêché une avancée significative pour les droits de femmes, un gouvernement fédéral pourra-t-il être formé dans les prochaines semaines ?En faisant des droits des femmes une vulgaire monnaie d'échange pour la constitution - tout à fait hypothétique - d'un gouvernement aux fins de faire les yeux doux au CD&V, l'héritage des libéraux artisans de la loi IVG comme Mme Lucienne Michielssens (1) serait tout simplement renié.En 1990, Mme Lucienne Herman-Michielsens insistait en effet sur la nécessité de faire cesser cette inégalité entre les femmes plus précaires et les femmes plus aisées ou davantage informées dans leur accès à l'avortement "dans l'intérêt de notre société, dans l'intérêt des femmes, dans l'intérêt des médecins, dans l'intérêt de l'Etat. Et cela ne peut passer que dans un débat au Parlement." Collègues libéraux, je vous invite à en tirer deux enseignements :Premièrement, si vous entendez à tout le moins respecter notre institution parlementaire et la séparation des pouvoirs exécutif et législatif, vous devez accepter que le Parlement s'exprime aujourd'hui sur cette proposition de loi. Et ce sans vous livrer ni participer à une énième nouvelle manoeuvre dilatoire, dont notre assemblée a d'ores et déjà trop souffert ces derniers temps ;Deuxièmement, si vous êtes partisans d'une égalité entre les citoyennes, quel que soit leur statut socio-économique, vous devez permettre le libre choix dans de bonnes conditions, tant juridiques que sanitaires, et donc voter cette proposition de loi en votre âme et conscience. L'enjeu s'inscrit dans la parfaite lignée de ce qu'est le libéralisme au sens de la défense des libertés fondamentales.L'enjeu est de ne plus voir l'IVG sous l'angle de la société, de notre prétendu "ordre moral", mais sous l'angle des droits des femmes, de leur liberté, et de leur réalité. L'enjeu est de ne plus voir les femmes comme des êtres immatures mais comme des êtres responsables. Les femmes qui avortent méritent écoute et accompagnement, certainement pas sermon, procès, peine d'emprisonnement ou encore marchandage politique ! Les femmes méritent de voir leurs libertés protégées, et non sacrifiées sur l'autel de petits jeux politiciens.(1) Députée libérale flamande co-auteure en 1990 de la loi dépénalisant l'avortement.