La situation sanitaire en Belgique continue à se dégrader et nous assistons à une séquence politique qui n'est pas banale, avec un bras de fer entre le fédéral et les Communautés, pour ne pas parler de divergences de vue entre les partis. Ce bras de fer n'est certainement pas fini, d'ailleurs. Un nouveau Comité de concertation aura bel et bien lieu cette semaine pour évaluer la situation saitaire, qui se dégrade. Il pourrait même être convoqué mercredi, avant un Conseil européen qui va occuper le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD).
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La situation sanitaire en Belgique continue à se dégrader et nous assistons à une séquence politique qui n'est pas banale, avec un bras de fer entre le fédéral et les Communautés, pour ne pas parler de divergences de vue entre les partis. Ce bras de fer n'est certainement pas fini, d'ailleurs. Un nouveau Comité de concertation aura bel et bien lieu cette semaine pour évaluer la situation saitaire, qui se dégrade. Il pourrait même être convoqué mercredi, avant un Conseil européen qui va occuper le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD).D'ici là, certains vont à nouveau plaider pour une fermeture anticipée des écoles, tandis que d'autres suggéreront d'autres mesures. Le virologue Marc Van Ranst parle même de la possibilité d'un "confinement plus strict" et l'éventualité n'est pas exclue au sommet de l'Etat, pour une courte durée, même si on souhaite ne pas devoir en arriver làVendredi passé, avant le Comité de concertation, certains partis de la majorité craignaient que celui-ci n'accouche d'une "usine à gaz". En substance, deux écoles s'opposaient et continuent à s'opposer, les uns plaidant pour une fermeture anticipée des écoles avant les vacances de Pâques, d'autres pour une refermeture temporaire des commerces et/ou des métiers de contact. Les thèses se sont neutralisées: le Comité de concertation a chargé les ministres de l'Enseignement de mettre en place de nouvelles mesures, ce qu'ils ont fait dimanche, en présentant des décisions qui entreront en vigueur ce mercredi 24 mars. Pour certains au sein de la majorité fédérale, elle sont insuffisantes et s'apparentent exactement à "l'usine à gaz" tant redoutée.Les mesures actuelles ne satisfont pas Frank Vandenbroucke (SP.A), ministre fédéral de la Santé: ce lundi matin, il continue à affirmer que des décisions complémentaires devront être prises si l'on veut atteindre le double objectif fixé par le gouvernement De Croo: rouvrir complètement les écoles le 19 avril, au lendemain des vacances, et rouvrir l'horeca à partir du 1er mai. Le ministre exprime à nouveau son inquiétude: "426 admissions à l'hôpital ce week-end, c'est une petite clinique".Les bureaux de parti évaluaient la situation ce lundi matin et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'unanimité ne prévaut pas. Pour certains, le package actuel de mesures est adéquat pour l'instant, en attendant de voir comment les chiffres vont évoluer, mais pour d'autres il est clairement insuffisant. "La pression, cette semaine, sera immense", nous confirme une source au sein de la Vivaldi. En clair, il n'est pas exclu, si les chiffres des hospitalisations et des soins intensifs continuent à grimper, que l'on remette sur la table une fermeture des écoles à partir du lundi 29 mars.Le raisonnement est le suivant: la fermeture des écoles durant trois semaines (une anticipée et les deux de Pâques) fonctionnerait, c'est prouvé, sans trop de dégâts, alors qu'une refermeture des commerces aurait un coût social énorme. Il n'est pas exclu non plus, précise-t-on, que l'on se dirige vers des décisions plus régionales.Argumentation supplémentaire: une fermeture des écoles induirait de facto une augmentation du télétravail. L'obligation de télétravail n'est pas assez respectée, au vu de chiffres de la mobilité, et le coup de poing sur ta table du fédéral à l'égard des employeurs ne semble pas avoir porté ses fruits - l'opposition réclamant notamment une intervention accrue de l'inspection sociale.Les Communautés se refusent jusqu'ici à fermer les écoles, considérant que le maintien des établissements ouverts est un choix politique assumé depuis le début et qu'il serait terrible de les refermer, alors que la santé mentale des jeunes et leur décrochage sont des préoccupations majeures. Par ailleurs, les ministres de l'Enseignement réclament que le personnel enseignant fasse partie des publics prioritaires pour la vaccination.Politiquement, la N-VA et le PS, qui détiennent les deux portefeuilles de l'Enseignement obligatoire (Ben Weyts et Caroline Désir) freinent des quatre fers au sujet de la fermeture des écoles. Mais dans cette crise inédite, il apparaît souvent que les positions politiques sont parfois moins motivées par l'étiquette politique que par les compétences dont on a la charge ou le niveau de pouvoir où l'on se trouve.Une certitude, toutefois: finalement, ce sera l'évolution des courbes sanitaires durant cette semaine qui induira la position du Comité de concertation, vendredi. Et certains, donc, n'excluent plus un confinement "court et intense" couvrant notamment les vacances de Pâques. En sachant qu'il s'agit d'une décision difficile à prendre, dont l'impact serait terrible à bien des égards.