Si depuis plusieurs jours, l'épidémie repart à la hausse en Belgique, cette augmentation des cas et des hospitalisations n'a pourtant rien d'étonnant. Certains experts estiment même que cette situation était prévisible, voire inévitable. "On a un phénomène qui s'est enclenché et amplifié depuis le mois de janvier, avec l'introduction massive des variants du covid, dont un en particulier : le variant britannique", explique Emmanuel André, médecin microbiologiste de la KULeuven.
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Si depuis plusieurs jours, l'épidémie repart à la hausse en Belgique, cette augmentation des cas et des hospitalisations n'a pourtant rien d'étonnant. Certains experts estiment même que cette situation était prévisible, voire inévitable. "On a un phénomène qui s'est enclenché et amplifié depuis le mois de janvier, avec l'introduction massive des variants du covid, dont un en particulier : le variant britannique", explique Emmanuel André, médecin microbiologiste de la KULeuven.Ce variant, plus transmissible et virulent, serait en effet à l'origine de la nouvelle vague de contaminations. Et pour cause : "Il entraîne des formes symptomatiques, et même plus sévères de la maladie chez certains patients. Maintenant qu'il représente entre 75% et 80% des souches qui circulent en Belgique, c'est lui qui détermine la dynamique de l'épidémie. Ce qu'on observe aujourd'hui n'est donc que la continuité de ce qui est déjà en cours depuis le mois de janvier. " Les mesures prises jusqu'ici ont néanmoins permis de retarder l'inévitable, d'aplanir temporairement la courbe, estime le médecin microbiologiste. "On voit bien, quand on fait les tests après les voyages, qu'il y a pas mal de chaînes de transmission qui ont pu être totalement interrompues. C'est efficace et nécessaire, bien sûr, mais il y a toujours une série de foyers qui arrivent à se développer et prendre de l'ampleur, car toutes les personnes n'ont pas été testées, ou que la quarantaine n'a pas pu être respectée, ou toute une série d'autres raisons. "Malgré ces diverses mesures prises au niveau de la santé publique - les critères de testing ont été étendus, toute une série de mesures ont été renforcées, accélération de la vaccination en Belgique - le système de santé à lui seul ne suffit plus pour contenir ce phénomène. " La vaccination est toujours en cours, et on voit que ça a un impact sur la sévérité des cas chez les personnes plus âgées", rassure l'expert. "Mais la vaccination n'a pas été suffisamment déployée aujourd'hui que pour avoir un vrai impact sur la transmission et dans la communauté, en dehors des maisons de repos. La communauté est largement non-vaccinée, donc à partir du moment où on est dans cette situation, ce sont toujours les mêmes recettes qui doivent être d'application".Télétravail, port du masque, distanciation sociale... Telles sont les mesures essentielles à respecter pour espérer ralentir la progression du virus, surtout à ce stade de l'épidémie.Certains experts préconisent un renforcement des mesures, voire un nouveau lockdown complet, afin de faire redescendre cette courbe liée au variant.Le virologue Marc Van Ranst suggère notamment de mettre en place des mesures plus drastiques, et évoque la situation dans les pays voisins - comme la France, l'Italie, ou l'Allemagne - où "un resserrement très clair" est en cours. Plus tôt la situation dans notre pays sera inversée, mieux ce sera, estime Van Ranst. Mais pour cela, des mesures supplémentaires doivent être prises, et rapidement. "Ce sont des décisions que le gouvernement doit prendre. Mais plus on attend, plus la situation se complique et plus les mesures devront être drastiques." Quitte à reconfiner le pays ? Le virologue n'exclut pas cette possibilité. "Les écoles ont maintenant été pointées du doigt, mais elles ne sont pas la raison de la recrudescence du covid. Il faut adopter une approche plus large ", a notamment déclaré le virologue Marc Van Ranst.Un avis que partage le médecin microbiologiste Emmanuel André, sans toutefois s'exprimer quant à un potentiel reconfinement total : "Ce que je pense, de manière générale, c'est qu'à chaque fois qu'il y a eu un phénomène de démarrage de courbe, et qu'on a voulu faire une approche trop sectorisée (par secteurs, par classes d'âge...), cela a rarement suffit."Le piège serait donc de croire qu'une approche sectorisée suffit à endiguer l'épidémie : "ce type d'approche par sous-sections, c'est très bien quand on veut renforcer les mesures dans une logique de prévention, mais dans une logique de réaction, quand le virus est déjà présent dans une entreprise, une école, une génération..., il est déjà dans la génération suivante, dans les familles des enseignants et des élèves, des travailleurs..."Les prochains jours seront décisifs pour évaluer la situation.