Interrogé dans le quotidien francophone, le docteur Philippe Devos revient sur la communication avec les autorités du pays qui ont géré la crise sanitaire depuis le mois de mars. "Le politique a d'abord voulu rassurer outre mesure la population avant de crier au danger. Il y a eu un manque de clarté entre des positions excessivement apaisantes et l'alerte générale avec confinement obligatoire. Nous sommes aujourd'hui revenus à cette période floue où on alterne entre messages rassurants et risque de deuxième vague. "
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Interrogé dans le quotidien francophone, le docteur Philippe Devos revient sur la communication avec les autorités du pays qui ont géré la crise sanitaire depuis le mois de mars. "Le politique a d'abord voulu rassurer outre mesure la population avant de crier au danger. Il y a eu un manque de clarté entre des positions excessivement apaisantes et l'alerte générale avec confinement obligatoire. Nous sommes aujourd'hui revenus à cette période floue où on alterne entre messages rassurants et risque de deuxième vague. "Pour lui, nous sommes dans la même configuration qu'en février dernier quand, à la fin des vacances de Carnaval, des milliers de personnes sont rentrées d'Italie sans être testées, sans autres conseils venant des autorités fédérales et des experts que la prudence. "Aujourd'hui, on laisse sortir des avions, sans les tester, les gens qui rentrent de zones qui viennent de reconfiner. Simplement parce que les textes légaux ne permettent de dépister que les gens symptomatiques ou ceux qui ont été en contact avec un malade" Le Dr Devos dit avoir l'impression que les autorités belges réagissent à nouveau, comme au début de l'épidémie, a posteriori et qu'elles n'anticipent en rien une éventuelle seconde vague épidémique. Il commente : "Cette absence d'anticipation, on la perçoit à travers les modèles épidémiologiques. La revue scientifique Nature vient de publier une étude qui explique qu'une région avec un taux de transmission proche de 1, dans laquelle les gens relâchent les gestes barrières, la distanciation sociale et le port du masque, cette région risque une nouvelle saturation dans les prochains mois ou semaines... Et c'est exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons."Le président de l'Absym estime encore dans Le Soir que si le virus n'est pas saisonnier et que nous nous trouvons toujours dans cette situation de relâchement et notamment des gestes barrière dans la population, fin août on sera revenu à la situation de mars. "Soit il est saisonnier et la seconde vague sera pour fin septembre. Ce sont bien sûr des hypothèses de travail auxquelles on échappera si 80 % de la population porte le masque dans des endroits clos et continue à observer tous les gestes barrières", conclut-il dans Le Soir. L'épidémiologiste Mairus Gilbert (ULB) n'est pas sur la même longueur d'ondes que le Dr Devos et se veut plus rassurant. Sur le plateau du JT de la RTBF, il déclare: "On n'est plus du tout dans le même contexte qu'au retour des vacances d'Italie. On était alors dans une situation tout à fait différente, un pays où personne n'était infecté, avec une activité tout à fait normale, où aucune mesure de prévention (masques, distanciation sociale,...) n'était mise en place." Marius Gilbert ne plaide pas pour une quarantaine obligatoire pour les vacanciers de retour de zones où les contaminations sont reparties à la hausse (Espagne, Portugal,...). Pour lui, le meilleur signal à donner est de responsabiliser les citoyens, de manière individuelle. Pour les personnes qui reviennent de Catalogne en Espagne et de Galice au Portugal où les risques de contamination sont plus élevés que chez nous, Marius Gilbert recommande plutôt aux voyageurs d'adopter des mesures particulières à leur retour. Le risque va dépendre de deux choses: de la proportion des personnes infectées sur place et du comportement des vacanciers. "Si vous allez dans une région qui est plus touchée qu'une autre et que vous passez vos soirées dans des bars ou des cafés, on vous demandera de rester chez vous pendant deux semaines à votre retour. Par contre, si vous allez dans une région peu touchée, dans une maison de location, en famille avec les même mesures de prudence, il n'y a aucune raison de vous empêcher de partir en vacances", est d'avis l'épidémiologiste.