Les informations ont fait grand bruit ce week-end : 200.000 personnes reconfinées en Catalogne, puis 70.000 en Galice, vigilance renforcée dans le nord de l'Italie et au Portugal... Au moment où les touristes se pressent dans les pays européens pour passer leurs vacances d'été, le feu est passé du "vert" à l'orange. En Belgique, les virologues conseillent une extrême vigilance ou tout simplement de ne pas partir à l'étranger.
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Les informations ont fait grand bruit ce week-end : 200.000 personnes reconfinées en Catalogne, puis 70.000 en Galice, vigilance renforcée dans le nord de l'Italie et au Portugal... Au moment où les touristes se pressent dans les pays européens pour passer leurs vacances d'été, le feu est passé du "vert" à l'orange. En Belgique, les virologues conseillent une extrême vigilance ou tout simplement de ne pas partir à l'étranger. Près de 300.000 personnes reconfinées dans en Catalogne et en Galice, une phase de vigilance renforcée en Aragon, quelques bâtiments condamnés et une cinquantaine de foyers sous surveillance partout dans le pays... L'Espagne, un des pays les plus affectés par la pandémie de coronavirus et une des destinations phares des touristes, craint une nouvelle flambée. La gestion des éventuels reconfinements est dans les mains des régions : il n'y a pas de nombre minimum de cas pour décider d'un confinement. Dans une région catalane, on a ainsi décidé de reconfiné plus de 200.000 personnes : "Nous avons décidé de confiner la zone del Segria (autour de Lerida), sur la base de données qui confirment une croissance très importante du nombre de cas de contagion de Covid-19", a déclaré le dirigeant indépendantiste catalan. Dans cette zone, les réunions doivent à présent se limiter à 10 personnes maximum, et les visites dans les maisons de repos sont restreintes. La région avait informé vendredi de 4.030 cas de coronavirus dans la province de Lerida, soit 60 de plus que jeudi. La presse espagnole n'a pourtant pas l'air de craindre une reprise de l'épidémie. El Pais, par exemple, énumère les endroits à surveiller et rappelle les précautions à prendre, sans plus. Un traitement qui contraste avec les sorties médiatiques des différents spécialistes en Belgique. Ainsi, pour le journal catalan El Periódico de Catalunya, ce reconfinement est surtout le miroir d'une crise sociale qui existe depuis des années dans la région, mais qui a souvent été ignorée : les conditions insalubres dans lesquelles vivent les travailleurs saisonniers, qui participent notamment à la récolte de fruits. "C'est pourquoi c'est le point chaud de la Catalogne : il est pratiquement impossible de maintenir des mesures préventives lorsque les conditions de vie sont si précaires", écrit le journal. "Il y a une volonté de trouver un juste équilibre entre la réouverture de l'économie et la sécurité", commente une journaliste de la région à la BBC.En Galice, les autorités sanitaires régionales ont annoncé que les déplacements à l'intérieur et à l'extérieur d'A Marina seraient sévèrement limités pendant cinq jours, avec une situation à évaluer en permanence. Les rassemblements seront limités à 10 personnes. Il y a pour l'instant 258 cas de Covid-19 en Galice, dont 117 dans la province en question. Au Portugal, des foyers subsistent, notamment dans la région de Lisbonne: 700.000 habitants de 19 quartiers populaires de la banlieue de la capitale portugaise ont été reconfinés à domicile pour deux semaines, afin d'endiguer des contaminations reparties à la hausse. Ainsi, le nombre de cas et de décès augmentent respectivement de 0,6% et 0,8% , indique Publico. Le nombre de nouvelles contaminations au coronavirus était en hausse dans plusieurs régions italiennes ce week-end. En Vénétie, le taux de reproduction du virus est monté de 0,43 à 1,63. Cependant, pas encore d'inquiétude à ce niveau-ci. Dans le récapitulatif mondial sur le coronavirus de La Repubblica ce matin, c'est surtout la situation en Australie et en Inde qui sont pointées du doigt comme des zones à surveiller. Chez nos voisins allemands, deux reconfinements locaux d'une semaine ont été annoncés le 23 juin, concernant plus de 600.000 personnes dans deux cantons voisins, Gütersloh et Warendorf. Dans le premier, les mesures ont été prolongées jusqu'au 7 juillet. Une chose est sûre : la situation épidémique est à surveiller, à l'heure où la réouverture des frontières nous permet à nouveau de circuler plus librement. Il s'agit aussi de ne pas commettre les mêmes erreurs qu'en mars, en confinant trop tard une situation qui peut vite devenir incontrôlable. Reconfiner pour contenir un foyer, pour ne pas étendre la propagation donc, mais également pour rassurer les nombreux touristes qui comptent s'y rendre cet été et ainsi ne pas mettre à mal une économie qui a déjà beaucoup subi.