Dans la maison retraite "À Nos Tayons" de Nivelles, où la plupart des résidents ont été vaccinés, au moins 55 d'entre eux ont été infectés par le Covid-19 et 12 sont décédés à cause du variant Delta.
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Dans la maison retraite "À Nos Tayons" de Nivelles, où la plupart des résidents ont été vaccinés, au moins 55 d'entre eux ont été infectés par le Covid-19 et 12 sont décédés à cause du variant Delta. Le 17 mai dernier, alors que la maison de retraite pensait que la crise était derrière elle, un des résidents a été testé positif au coronavirus. Tout s'est ensuite emballé. Au début du mois de juin, 55 des environ 120 résidents étaient infectés par le variant Delta, des échantillons positifs ont également été trouvés parmi le personnel, mais avec le variant Alpha. Bien que la plupart des personnes aient eu de légers symptômes, 12 personnes âgées sont décédées. Si depuis, la situation est sous contrôle (plus aucun nouveau cas positif n'a été détecté ces derniers jours), une enquête est en cours concernant ce foyer. Car, ce qui interpelle, c'est que dans cette maison de retraite, la plupart des personnes étaient vaccinées depuis des mois. 95% des résidents ont reçu deux doses, tout comme 75 % du personnel soignant.Le microbiologiste de l'UZLeuven Emmanuel André suit de près la situation dans cette maison de repos brabançonne. "Une enquête est en cours, car de nombreux éléments pourraient jouer un rôle dans cette épidémie", explique-t-il dans De Morgen. Le microbiologiste, cherche, entre autres, à savoir si la première contamination a été traitée assez rapidement, quelles sont exactement les différents variants mis en cause, ou encore, quelle est la situation en ce qui concerne la quantité d'anticorps et les troubles de santé sous-jacents. "Mais nous prenons aussi des mesures de l'air pour voir si la ventilation est bonne et nous étudions les lots de vaccins utilisés", ajoute-t-il, avec l'espoir d'obtenir des éléments de réponse à ces interrogations d'ici quelques semaines. Selon lui, il n'y a pas raison de s'inquiéter pour la population générale. "Il y a probablement de multiples causes qui expliquent cette situation particulière", rassure-t-il.Le virologue Steven Van Gucht (Sciensano) est du même avis. "L'épidémie à Nivelles est vraiment exceptionnelle. Sur les 1.500 centres maisons de repos que compte la Belgique, il y a désormais moins de cinq foyers par semaine." Dans ce cas, il s'agit de quelques infections et non de dizaines. Une situation très encourageante selon le virologue. En outre, Steven Van Gucht tient aussi à souligner qu'une maison de repos constitue un monde à part. On a pu l'observer lors de la première vague qui a fait des ravages dans ce milieu de vie. "On a affaire à un groupe de personnes très vulnérables, dont le système immunitaire est souvent plus faible. Parfois, les choses peuvent mal tourner. Nous l'avons vu dans le passé avec les vaccins contre la grippe : même si presque tout le monde a été vacciné, des gens en meurent quand même", explique le porte-parole interfédérale de la crise sanitaire.Ne serait-il pas alors plus sûr de prévoir une troisième injection de vaccin pour les personnes vulnérables comme les résidents des maisons de retraite ? Les virologues et les épidémiologistes sont prudents lorsqu'il s'agit de se prononcer sur ce sujet. La situation de Nivelles doit d'abord être clarifiée avant de prendre d'autres mesures, soulignent-ils. L'épidémiologiste Pierre Van Damme de l'université d'Anvers plaide, de son côté dans De Morgen, pour que davantage de personnel soignant se fasse vacciner. Certains sont en effet encore réticents au vaccin contre le coronavirus. A Nivelles, 75% du personnel soignant est vacciné, ce qui n'est peut-être pas encore assez pour l'épidémiologiste. Il déclare: "Dans le cas des groupes vulnérables, chaque membre du personnel devrait être vacciné, afin de construire un mur de protection supplémentaire autour d'une population aussi vulnérable." De là à suivre l'exemple de certains pays en imposant la vaccination au personnel des hôpitaux et des centres de soin comme c'est le cas en Italie ? Les soignants italiens sont en effet obligés de s'immuniser. Une mesure prise pour éviter que les médecins, pharmaciens et infirmiers soient à l'origine de contaminations. Avec des sanctions à la clé en cas de refus, comme l'attribution de tâches administratives pour ne plus avoir de contacts directs avec les patients, avec une réduction, voire même une suspension de salaire. Certaines personnes qui refusaient jusqu'à présent de se faire vacciner ont changé d'avis face à cette menace économique.