Alors qu'un nouveau Comité de concertation est en cours ce vendredi, Marius Gilbert était l'invité de la matinale de La Première. "L'urgence est de diminuer la quantité de contacts infectieux, des vaccinés, non-vaccinés, peu importe", a expliqué l'épidémiologiste. Cet élément a tout à voir avec l'efficacité vaccinale contre l'infection, qui diminue après quelques mois, combinée au fait que les personnes vaccinées ont eu tendance à avoir davantage de contacts. L'autre axe préconisé, indique Marius Gilbert, est donc parallèlement de rehausser la protection offerte par le vaccin avec les doses de rappel.

Suite de l'article après l'infographie

L'effet temporel de l'efficacité vaccinale

Est-ce que les vaccinés se croient invinsibles face au virus? "Ce qu'il faut rappeler c'est qu'au moment de l'été, quand la vaccination était assez récente, l'efficacité vaccinale contre l'infection était beaucoup plus élevée. Entre 75 et 80%, donc le risque était divisé par six" a expliqué l'épidémiologiste. "Avant que ce soit problématique, les personnes vaccinées pouvaient avoir plus de contacts que les personnes non-vaccinées sans que ce soit problématique au niveau de la transmission. Mais avec le temps, cette efficacité vaccinale contre l'infection a commencé à diminuer. Et c'est une diminution qui n'est pas linéaire. Tout d'un coup, le fait que les vaccinés aient plus de contacts que les non-vaccinés fait que la prise de risque dépasse le facteur protecteur du vaccin. Et donc on a un renversement de tendance, où la transmission est plus efficace, surtout quand ça se passe au même moment que la reprise hivernale. Période où la transmission est plus efficace parce qu'on vit beaucoup plus dans des espaces intérieurs et moins bien ventilés."

Avec le temps, cette efficacité vaccinale contre l'infection a commencé à diminuer.

Différences de cas contact

Marius Gilbert l'admet, les experts ont été surpris par la situation. "Il y a des éléments qu'on ne comprenait pas qui étaient un peu contre-intuitifs dans l'évolution récente" a-t-il expliqué. "Si on regardait la coorélation entre la transmission et le pourcentage de vaccination en été, on avait une corrélation qui était positive. Les communes les mieux vaccinées étaient celles où il y avait le moins de transmission. C'était cohérent aux attentes. Et puis il y a eu un basculement qui s'est déroulé il y a plus ou moins un mois. On a vu cette corrélation s'inverser. Les communes qui étaient le mieux vaccinées étaient celles où on avait des incidences les plus élevée. Le taux de croissance est plus élevé dans les communes les mieux vaccinées. Une observation totalement contradictoire avec une autre observation qui est que l'incidence des cas cliniques, des gens qui sont malades, est plus élevée pour les non-vaccinés que pour les vaccinés. Cette contradiction s'explique vraisemblablement entre les contacts entre vaccinés et non-vaccinés qui est mesurée par ailleurs." En effet, les non-vaccinés ont moins de contacts que les vaccinés. "Il y a un peu près en moyenne, autour de deux fois plus de contacts infectieux chez les vaccinés que chez les non-vaccinés."

"Il faut comprendre ce qu'il s'est passé. Le premier réflexe est de dire: le vaccin ne sera à rien. Et si on ne peut pas proposer une explication crédible à ce qu'on observe, évidemment tout le temps s'interroge sur cette efficacité."

Et maintenant?

Pour l'instant, l'expert suggère deux manières d'intervenir. "Dans l'urgence, c'est réduire les contacts, vaccinés, non-vaccinés cela n'a plus d'importance. L'urgence, c'est de diminuer la quantité de contacts infectieux. Et le deuxième axe, c'est la question de restaurer l'efficacité vaccinale. Et pour cela les études montrent que la troisième dose restaure cette efficacité vaccinale de manière très efficace. Parce qu'on récupère près de 90% de l'efficacité vaccinale." Marius Gilbert met également en garde: "On est de nouveau dans une course entre deux vitesses" explique-t-il. "Chaque semaine qui passe, il y a un nombre plus important de personnes pour qui l'efficacité vaccinale continue de diminuer. Et donc toutes choses étant égales, notre taux de reproduction va augmenter avec le temps du fait de cette diminution de la protection de la population. Il faut restaurer cela et aller plus vite dans le boost que ce qui diminue de l'autre côté."

L'épidémiologiste est aussi très clair sur un point: on ne sait pas si on s'arrêtera à la troisième dose. "Il y a deux schémas possibles. Certains vaccins comme le vaccin contre l'hépatite B, sont des vaccins en trois doses et on sait que sans cette troisème dose la protection n'est pas maintenue dans le temps. L'autre modèle c'est un modèle type la grippe où on fait un rappel tous les ans. Parce qu'il y a une forme d'érosion de la protection."

Alors qu'un nouveau Comité de concertation est en cours ce vendredi, Marius Gilbert était l'invité de la matinale de La Première. "L'urgence est de diminuer la quantité de contacts infectieux, des vaccinés, non-vaccinés, peu importe", a expliqué l'épidémiologiste. Cet élément a tout à voir avec l'efficacité vaccinale contre l'infection, qui diminue après quelques mois, combinée au fait que les personnes vaccinées ont eu tendance à avoir davantage de contacts. L'autre axe préconisé, indique Marius Gilbert, est donc parallèlement de rehausser la protection offerte par le vaccin avec les doses de rappel.Suite de l'article après l'infographieEst-ce que les vaccinés se croient invinsibles face au virus? "Ce qu'il faut rappeler c'est qu'au moment de l'été, quand la vaccination était assez récente, l'efficacité vaccinale contre l'infection était beaucoup plus élevée. Entre 75 et 80%, donc le risque était divisé par six" a expliqué l'épidémiologiste. "Avant que ce soit problématique, les personnes vaccinées pouvaient avoir plus de contacts que les personnes non-vaccinées sans que ce soit problématique au niveau de la transmission. Mais avec le temps, cette efficacité vaccinale contre l'infection a commencé à diminuer. Et c'est une diminution qui n'est pas linéaire. Tout d'un coup, le fait que les vaccinés aient plus de contacts que les non-vaccinés fait que la prise de risque dépasse le facteur protecteur du vaccin. Et donc on a un renversement de tendance, où la transmission est plus efficace, surtout quand ça se passe au même moment que la reprise hivernale. Période où la transmission est plus efficace parce qu'on vit beaucoup plus dans des espaces intérieurs et moins bien ventilés."Marius Gilbert l'admet, les experts ont été surpris par la situation. "Il y a des éléments qu'on ne comprenait pas qui étaient un peu contre-intuitifs dans l'évolution récente" a-t-il expliqué. "Si on regardait la coorélation entre la transmission et le pourcentage de vaccination en été, on avait une corrélation qui était positive. Les communes les mieux vaccinées étaient celles où il y avait le moins de transmission. C'était cohérent aux attentes. Et puis il y a eu un basculement qui s'est déroulé il y a plus ou moins un mois. On a vu cette corrélation s'inverser. Les communes qui étaient le mieux vaccinées étaient celles où on avait des incidences les plus élevée. Le taux de croissance est plus élevé dans les communes les mieux vaccinées. Une observation totalement contradictoire avec une autre observation qui est que l'incidence des cas cliniques, des gens qui sont malades, est plus élevée pour les non-vaccinés que pour les vaccinés. Cette contradiction s'explique vraisemblablement entre les contacts entre vaccinés et non-vaccinés qui est mesurée par ailleurs." En effet, les non-vaccinés ont moins de contacts que les vaccinés. "Il y a un peu près en moyenne, autour de deux fois plus de contacts infectieux chez les vaccinés que chez les non-vaccinés.""Il faut comprendre ce qu'il s'est passé. Le premier réflexe est de dire: le vaccin ne sera à rien. Et si on ne peut pas proposer une explication crédible à ce qu'on observe, évidemment tout le temps s'interroge sur cette efficacité."Pour l'instant, l'expert suggère deux manières d'intervenir. "Dans l'urgence, c'est réduire les contacts, vaccinés, non-vaccinés cela n'a plus d'importance. L'urgence, c'est de diminuer la quantité de contacts infectieux. Et le deuxième axe, c'est la question de restaurer l'efficacité vaccinale. Et pour cela les études montrent que la troisième dose restaure cette efficacité vaccinale de manière très efficace. Parce qu'on récupère près de 90% de l'efficacité vaccinale." Marius Gilbert met également en garde: "On est de nouveau dans une course entre deux vitesses" explique-t-il. "Chaque semaine qui passe, il y a un nombre plus important de personnes pour qui l'efficacité vaccinale continue de diminuer. Et donc toutes choses étant égales, notre taux de reproduction va augmenter avec le temps du fait de cette diminution de la protection de la population. Il faut restaurer cela et aller plus vite dans le boost que ce qui diminue de l'autre côté."L'épidémiologiste est aussi très clair sur un point: on ne sait pas si on s'arrêtera à la troisième dose. "Il y a deux schémas possibles. Certains vaccins comme le vaccin contre l'hépatite B, sont des vaccins en trois doses et on sait que sans cette troisème dose la protection n'est pas maintenue dans le temps. L'autre modèle c'est un modèle type la grippe où on fait un rappel tous les ans. Parce qu'il y a une forme d'érosion de la protection."