DeFI est prêt à aller jusqu'à la rupture dans l'affaire bruxelloise du voile à la STIB et de la neutralité dans les administrations publiques. Certains membres du parti, dont des mandataires importants du parti, avaient déjà annoncé qu'il seraient prêts à se retirer de la majorité régionale (avec le PS et Ecolo) si aucune issue n'était trouvée.
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DeFI est prêt à aller jusqu'à la rupture dans l'affaire bruxelloise du voile à la STIB et de la neutralité dans les administrations publiques. Certains membres du parti, dont des mandataires importants du parti, avaient déjà annoncé qu'il seraient prêts à se retirer de la majorité régionale (avec le PS et Ecolo) si aucune issue n'était trouvée.François De Smet, président de DeFI, est sur la même longueur d'ondes. Car, dit-il ce jeudi matin sur Bel RTL, on est en train de "détricoter ce qui est un vieux principe de ce pays", cette neutralité dans les services publics et les écoles."Nous ne sommes pas contre le foulard ou tout autre signe religieux, nous sommes pour cette neutralité dans les services publics", dit-il ce jeudi matin sur Bel RTL. "Pour le reste, ces signes sont autorisés un peu partout."Bernard Clerfayt, ministre régional DeFI, rappelera ce point de vue ce jeudi au gouvernement bruxellois. "Nous avons une vingtaine de jours pour voir ce que l'on fait", rappelle François De Smet alors que le point revient sur la table gouvernementale. Il dit ne pas comprendre la décision du Comité de gestion de la STIB de ne pas interjeter appel, après la décision du tribunal du travail de Bruxelles.Pour DeFI, c'est clair, le gouvernement doit bel et bien faire appel contre la décision du tribunal du travail, qui évoquait une double discrimination, de genre et religieuse, dans le refus de recruter une femme voilée.Si ce n'est pas le cas? "Pour l'instant, le rapport de forces ne nous est pas favorable, reconnaît le président de DeFI. Si nous n'arrivons pas à un accord, je tiens à dire qu'il ne faut pas sous-estimer notre détermination dans ce dossier. Nous estimons que ce sera une affaire de gouvernement et réévaluerons notre participation."François De Smet espère ne pas en arriver là, mais pour cette question de principe, il retournera devant ses instances.Selon lui, ses partenaires de gouvernment, Ecolo en tête, essayent "d'ajouter un point à la déclaration de gouvernement", en s'appuyant sur une décision de justice contestable.Au même moment, le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort (PS), a souligné sur la RTBF que le gouvernement bruxellois ne se prononcerait pas sur ce dossier. Il a toutefois reconnu qu'il n'y avait pas eu d'accord à ce sujet lors des négociations gouvernementales. Tension maximale. Une négociation est toutefois en cours pour tenter de trouver une issue. "Il y a un mouvement qui se dessine pour promouvoir le principe d'égalité sans toucher à la neutralité de la fonction publique", dit Rudi Vervoort. Qui veut renvoyer la patate chaude au parlement: "Je plaide pour mener ce débat au parlement, quitte à arriver à une ordonnance cadre qui puisse servir de guide à l'ensemble des autorités."Au fédéral aussi, la majorité est sous pression avec de nouvelles tensions entre les libéraux et les écologistes. La question du voile et de la neutralité dans les administrations publiques est, là aussi, en jeu.Au yeux du député fédéral Denis Ducarme (MR), en désignant Ishane Haouach, femme portant le foulard islamique, comme commissaire du gouvernement auprès de l'Institut de l'égalité entre les femmes et les hommes, la seccrétaire d'Etat Ecolo Sarah Schlitz a rompu le principe de neutralité de l'Etat. "Je me sens délié de la solidarité, a-t-il lancé mecredi au parlement. Je vais faire comme vous: dorénavant, vous n'aurez plus mon soutien acquis lors du vote de vos projets. Ce sera à la carte comme vous avez agi en méprisant une partie des membres de la majorité", a-t-il lancé dans une réplique à la ministre, entouré du chef du groupe MR Benoît Piedboeuf et de sa co-listière Marie-Christine Marghem .La secrétaire d'Etat Ecolo a jugé "aberrantes" les accusations du MR, mais n'a pas voulu s'étendre sur cette polémique "Ecolo prend acte du fait qu'il y a manifestement un député MR en moins dans la majorité", a déclaré le porte-parole du parti sans faire d'autre commentaire.Les tensions entre libéraux et écologistes sont régulières au fédéral, mais le MR, à l'instar de DeFI, a fait de cette question de la neutralité dans les services publics un point central de sa communication du moment.La question de l'inscription de la neutralité dans la Constitution avait été évoquée lors de la législature précédente. Du côté flamand, le sujet est toutefois moins tendu pour le moment. Un interlocuteur libéral flamand de premier plan nous faisait remarquer mercredi soir que... c'est le MR qui a finalement empêché d'inscrire cette valeur fondamentale dans la Constitution, en refusant d'inscrire l'article concerné dans les articles susceptibles d'être modifiés, en fin de législature passée. Par crainte des velléités autonomistes flamandes, l'ancien Premier ministre Charles Michel (MR) avait resserré la liste au strict minimum.