Ils sont marquants et concordants. Les témoignages des bourgmestres des communes touchées le plus durement par les inondations de la mi-juillet aboutissent tous au même constat: manque de moyens, communication erratique, aide parcimonieuse, sentiment d'abandon, matériel inadéquat, solidarités locale et citoyenne compensant l'absence des pouvoirs publics, armée et protection civile démunies. Près d'un mois après la catastrophe qui a ravagé une partie de la Wallonie, les propos restent amers. Et l'heure des comptes approche .
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Ils sont marquants et concordants. Les témoignages des bourgmestres des communes touchées le plus durement par les inondations de la mi-juillet aboutissent tous au même constat: manque de moyens, communication erratique, aide parcimonieuse, sentiment d'abandon, matériel inadéquat, solidarités locale et citoyenne compensant l'absence des pouvoirs publics, armée et protection civile démunies. Près d'un mois après la catastrophe qui a ravagé une partie de la Wallonie, les propos restent amers. Et l'heure des comptes approche .Politiquement, l'idée d'installer une commission d'enquête parlementaire - un premier temps évacuée d'un revers de la main par Elio Di Rupo - revient sur le devant de la scène. Le CDH et le MR l'appellent de leurs voeux. PS et Ecolo n'y seraient plus opposés, mais sans urgence. Elle est pourtant indispensable, tant les questions pendantes sont nombreuses. Elle est nécessaire, non pour pointer du doigt ou trouver des coupables mais pour savoir et comprendre. Pour apprendre. Aujourd'hui, plus personne ne remettrait en cause le bien-fondé de la commission d'enquête Publifin.Dans le cas présent, ses conclusions devraient permettre de protéger physiquement la population, de savoir s'il faut reconstruire et à quel endroit, d'envisager comment l'aide d'urgence peut être améliorée, de réfléchir à l'optimalisation de la gestion des barrages, de connaître l'origine de cette vague rapportée par tant de témoins oculaires. Et de nous préparer. Car si les précipitations de la mi-juillet étaient sans précédent, le dernier rapport du Giec annonce une récurrence accrue de ces épisodes extrêmes. Peut-être différemment, peut-être ailleurs, mais ils se répéteront. C'est certain. Les experts climatiques de l'ONU ne laissent planer aucun doute à cet égard, dans le bilan plus qu'alarmant qu'ils dressent de l'état de notre planète. Ils rédisent une augmentation "sans précédent" en matière d'"ampleur" et de "fréquence", des événements météorologiques extrêmes comme les canicules ou les pluies diluviennes. Leur verdict est sans appel. L'urgence climatique est là. Ses conséquences aussi. Comme la Californie, la Grèce ou l' Allemagne, la Wallonie l'a cruellement appris à ses dépens. Le gouvernement belge envisage d'appliquer le mode de gestion transversale mis en place pour affronter la crise sanitaire à l'urgence climatique. Pour dépolitiser le débat. Miser sur le collectif. Dépasser les clivages communautaires. L'idée doit être creusée. L'enjeu est trop important.