"La situation est grave, explosive", "ce n'est pas facile, mais c'est nécessaire et nous comptons sur vous tous". La conférence de presse à l'issue du Comité de concertation, ce mardi en fin de journée, avait un triste air de déjà vu, alors que l'augmentation des contaminations est préoccupante dans notre pays. Si les chiffres ne sont pas encore ceux des mois de mars ou avril, de nouvelles mesures de restriction sanitaire sont prises. Différentes, plus simples et plus lisibles, mais toujours de nature à entraver notre quotidien. "Malheureusement", "ce n'est pas gai", "on ne va pas permettre ça", "je sais que ce n'est pas un message facile, tout le monde est ...

"La situation est grave, explosive", "ce n'est pas facile, mais c'est nécessaire et nous comptons sur vous tous". La conférence de presse à l'issue du Comité de concertation, ce mardi en fin de journée, avait un triste air de déjà vu, alors que l'augmentation des contaminations est préoccupante dans notre pays. Si les chiffres ne sont pas encore ceux des mois de mars ou avril, de nouvelles mesures de restriction sanitaire sont prises. Différentes, plus simples et plus lisibles, mais toujours de nature à entraver notre quotidien. "Malheureusement", "ce n'est pas gai", "on ne va pas permettre ça", "je sais que ce n'est pas un message facile, tout le monde est fatigué"...Un air de déjà vu, mais de nouveaux visages. A l'introduction, un Alexander De Croo (Open VLD) devenu Premier ministre, didactique et posé, mais en maître d'ouvre seulement: ce n'est pas Sophie Wilmès, qui contrôlait toute la conférence. En tant qu'acteur principal, un nouveau ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), dans un rôle de professeur d'université (qu'il est) pour exposer les mesures comme on raconterait une histoire. Une inquiétude, d'emblée: là où Sophie Wilmès jonglait avec le français et le néerlandais, le ministre entame un long plaidoyer en néerlandais... avant de le reprendre en français. L'ère De Croo/Vandebroucke repositionne les priorités linguistiques.Le nouveau gouvernement fédéral prend aussi l'option - est-elle davantage nordiste? - d'une prévention renforcée pour éviter que l'épidémie ne dérape, à parti de vendredi et pour un mois. Outre la prolongation des mesures martelées à l'envi par son prédécesseur, ces fameuses règles d'or, il tape fort d'emblée.Les rassemblements privés, les réunions au café, les rassemblements non organisés: tout cela est à nouveau resserré. "On est assez simple chez nous, on peut compter jusqu'à quatre, le seul chiffre à retenir est celui-là", répète Frank Vandenbroucke. Tout est donc limité à des réunions de quatre personnes, maximum". C'est un message démontrant par l'absurde que les dispositions précédentes étaient trop complexes.Le message consiste à dire qu'il faut absolument resserrer la vis et reprendre le contrôle. "Aidez-vous les uns les autres à respecter les mesures", dit Alexander De Croo. Voilà pourquoi il annonce aussi dans la foulée la nomination du commissaire "coronavirus" promise dans la déclaration gouvernementale, Pedro Facon. Voilà aussi pourquoi le baromètre annoncé, qui n'est pas encore prêt, sera un outil supplémentaire: "mais ce n'est pas une fin, l'important, c'est ce que l'on en fait".Le ton des ministres-présidents présents eux aussi - Jan Jambon (N-VA), Elio Di Rupo (PS) - est à l'unisson de cette gravité de ton. "Insistez surtout pour que les jeunes respectent les mesures", dit Elio Di Rupo. "La situation est particulièrement préoccupante à Bruxelles", confesse Rudi Vervoort qui n'exclut pas des mesures supplémentaires. Les gouverneurs des provinces sont invités à agir davantage aussi si cela est nécessaire.La nouvelle ère fédérale débute comme la précédente s'est terminée: par une gestion préoccupée de la crise du coronavirus. Mais avec un ton et une forme sensiblement différents.Chers compatriotes, apprenez à compter jusqu'à quatre... Enfin, vier.