Alors que la vaccination avance désormais à grands pas en Europe et aux Etats-Unis, qu'Israël a laissé tomber le masque, que la Belgique a rouvert un brin euphorique ses terrasses et que la France planche sur un plan de déconfinement, en Inde et au Brésil, la pandémie est en revanche totalement hors de contrôle. Les soins de santé ne parviennent plus à gérer les urgences absolues, on y manque de matériel et de bras. Quant à la vaccination, elle en est à peine à ses balbutiements.
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Alors que la vaccination avance désormais à grands pas en Europe et aux Etats-Unis, qu'Israël a laissé tomber le masque, que la Belgique a rouvert un brin euphorique ses terrasses et que la France planche sur un plan de déconfinement, en Inde et au Brésil, la pandémie est en revanche totalement hors de contrôle. Les soins de santé ne parviennent plus à gérer les urgences absolues, on y manque de matériel et de bras. Quant à la vaccination, elle en est à peine à ses balbutiements. Est-ce cette situation à deux vitesses qui a poussé l'administration américaine à opérer une surprenante volte-face et à proposer de lever les droits de la propriété intellectuelle des vaccins contre la Covid? Peut-être, même si du côté européen on y décèle essentiellement un effet d'annonce de la part du président américain. Et de fait, s'il est éthiquement difficile de s'opposer à une telle promesse de solidarité mondiale, les conséquences pratiques de cette proposition s'avèrent autrement plus complexes. Tant en matière de faire que de savoir-faire. Accroître les capacités de production, disposer des ressources nécessaires en quantités suffisantes, acquérir l'expertise requise pour produire de tels vaccins reposant sur une technologie innovante prendra du temps. Beaucoup de temps. Trop de temps. Un à deux ans, estiment les experts. Or, la situation sanitaire catastrophique dans les pays les plus pauvres ne permet pas ce temps d'attente. Il y a urgence. Pour eux, d'abord. Pour le reste du monde, aussi. On le sait désormais, plus la vaccination est lente, plus le risque de faire émerger des variants est important et moins l'efficacité vaccinale est avérée. Lever les brevets ne réglera donc pas à court terme la question de la disparité entre les continents sur la couverture vaccinale. Il ne faut pas pour autant l'exclure, que du contraire, et les problèmes de capacité de production et de financement de cette production doivent être pris à bras-le-corps. Cela doit être une partie de la solution mais cela ne peut être l'unique solution. La solidarité internationale doit aussi s'exercer à un autre niveau, celui de la mise à disposition des doses disponibles. Covax a été créé pour cela. Pour sortir des frigos les millions de doses de vaccins excédentaires qui y sont stockés, en réserve, et les acheminer là où elles manquent vraiment. Ce serait le véritable acte de solidarité. La pandémie est mondiale. La réponse doit l'être aussi.