"Il s'agit d'une crise sanitaire mondiale, et les circonstances extraordinaires de la pandémie du Covid-19 appellent à des mesures extraordinaires", a affirmé la représentante américaine au Commerce Katherine Tai, soulignant l'urgence de la situation.
...

"Il s'agit d'une crise sanitaire mondiale, et les circonstances extraordinaires de la pandémie du Covid-19 appellent à des mesures extraordinaires", a affirmé la représentante américaine au Commerce Katherine Tai, soulignant l'urgence de la situation. Le patron de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué sur Twitter une "décision historique".Emmanuel André a lancé un cri d'enthousiasme sur Twitter et renvoie aux responsables européens. L'expert épingle par ailleurs une carte des pays du monde où sont indiqués les pays contre et pour la levée des brevets. Parmi ces pays, on voit la Belgique, la France, l'Allemagne et une partie de l'Europe centrale.Au niveau des réaction politiques belges, il n'y a que le PTB qui s'est exprimé jusque maintenant. Le parti de Raoul Hedebouw se réjouit de cette annonce puisqu'il revendique une telle levée depuis un an. Un débat devrait avoir lieu avec les autorités fédérales aujourd'hui à la Chambre puisque la députée Sofie Merckx (PTB) prévoit de demander que le gouvernement belge soutienne une proposition dans ce sens. Pour la députée fédérale PTB, la décision américaine "est une énorme victoire pour la mobilisation populaire, aux États-Unis et dans le monde". "La décision du gouvernement américain est importante. C'est essentiel pour pouvoir répondre à la demande de vaccins, non seulement chez nous, mais aussi dans le reste du monde", poursuit la députée. Une résolution de son parti en faveur de la levée des brevets est à l'ordre du jour de la Chambre et la formation demandera un débat et un vote d'urgence, annonce Mme Merckx. Le PTB relève dans son communiqué que les partis de la majorité (PS, Ecolo, MR, Open Vld, Vooruit, Groen, CD&V) ont refusé la semaine passée de soutenir cette proposition de la formation marxiste-léniniste. L'eurodéputé PTB Marc Botenga note en outre que l'annonce de Washington mercredi est "un véritable désaveu pour la Commission européenne" qui "reste sourde et muette face aux besoins de la santé mondiale". "Par la levée des brevets, le vaccin sera plus rapidement accessible partout dans le monde. La santé des peuples doit passer avant le profit de Big Pharma", insiste l'élu. En février, plusieurs militants du parti marxiste et de la Médecine pour le peuple ont manifesté devant les bureaux du géant pharmaceutique Pfizer pour exiger la levée des brevets sur le vaccin. La formation politique s'est aussi jointe à 78 autres organisations européennes de la société civile pour porter un message similaire en avril dans une lettre ouverte à l'attention des gouvernements des États-membres et des institutions de l'Union européenne."Nous accueillons chaleureusement et soutenons fortement les propositions de levée des brevets sur les vaccins. Nous travaillerons activement avec nos partenaires pour faire avancer ce dossier", a réagi sur Twitter Damien O'Connor, ministre néo-zélandais de l'Agriculture et de la Biosécurité.Pour l'heure, les brevets sont détenus essentiellement par des laboratoires américains qui sont globalement opposés à leur levée car cela les priverait, selon eux, d'une manne financière pour des innovations coûteuses. Sollicités, Johnson & Johnson, Pfizer et Moderna n'ont pas directement réagi à l'annonce américaine. Mais la Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique (IFPMA) a jugé "décevante" cette annonce. "Nous sommes totalement en phase avec l'objectif que les vaccins anti-Covid 19 soient rapidement et équitablement partagés dans le monde. Mais comme nous n'avons de cesse de le dire, une suspension est la réponse simple mais fausse à un problème complexe", a-t-elle expliqué.Stephen Ubl, le président de la fédération américaine (PhRMA), a souligné que cette décision pourrait ainsi "affaiblir davantage les chaînes d'approvisionnement déjà tendues et favoriser la prolifération des vaccins contrefaits".Selon lui, il faut plutôt s'attaquer au problème de la distribution et de la disponibilité "limitée" des matières premières.L'annonce de Washington intervient alors que la fracture se creuse entre les nations déshéritées et les pays riches, où les campagnes de vaccination - bientôt élargies aux Etats-Unis aux adolescents et au Canada aux enfants dès 12 ans -, permettent une levée progressive des restrictions sanitaires.Comme au Danemark, où la situation épidémiologique est sous contrôle: le royaume ouvre jeudi les cinémas, théâtres, et centres de fitness sur présentation d'un "coronapass", passeport sanitaire certifiant d'un test négatif de moins de 72h, d'une vaccination ou d'une guérison récente du Covid-19. Exhortés par l'OMS à la solidarité dans ce domaine, les membres du G7 (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie) ont discuté mercredi à Londres des moyens d'augmenter leur assistance financière ou de partager leurs doses excédentaires pour aider les Etats pauvres.Le chef de la diplomatie indienne, Subrahmanyam Jaishankar, exposé à des cas potentiels de Covid-19, a été contraint de participer virtuellement à cette réunion.Des milliards de dollars débloqués en IndeL'Inde, qui subit une deuxième vague dévastatrice, a dénombré 3.780 morts et 382.000 contaminations supplémentaires en 24 heures, soit plus de 222.000 décès et près de 20,3 millions de cas au total, un bilan que certains experts jugent largement sous-évalué.Cette situation est notamment attribuée à des rassemblements religieux, à des meetings politiques ainsi qu'à l'inaction du gouvernement de Narendra Modi. Les hôpitaux sont submergés et à court de réserves d'oxygène, de médicaments, de lits, malgré l'aide internationale qui afflue.La levée temporaire des brevets sur les vaccins est notamment réclamée par l'Inde et l'Afrique du Sud pour pouvoir accélérer la production mais certains pays dont la France y sont opposés. Paris plaide plutôt pour des dons en faveur des pays démunis.En Inde, la Banque centrale a annoncé 6,7 milliards de dollars de prêts bon marché au système de santé vétuste qui peine à surmonter l'afflux de malades, certains trouvant la mort aux portes mêmes des hôpitaux.Quant à la Malaisie, confrontée également à une nouvelle vague, elle va renforcer les restrictions dans sa capitale Kuala Lumpur où seuls les commerces essentiels resteront ouverts.Sixième pays le plus endeuillé d'Amérique latine proportionnellement à sa population, l'Argentine a battu mercredi son record de décès du Covid-19 depuis le début de la pandémie avec 633 morts enregistrés en 24 heures. Covax Réunis à Londres depuis lundi pour leur première rencontre en personne en deux ans, les ministres des Affaires étrangères des Etats du G7 ont repris leurs discussions pour parvenir à une distribution plus juste des vaccins.Covax, le système de partage avec les pays pauvres, qui se fournit principalement en sérums d'AstraZeneca, patine en effet : il n'a livré que 49 millions de doses dans 121 pays et territoires, contre un objectif de deux milliards en 2021.La pandémie a fait plus de 3,2 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition du Covid-19 fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP mercredi.