Le comité de concertation de ce vendredi devrait durer. Outre l'évaluation des mesures sanitaires, l'élaboration d'une stratégie de déconfinement sera abordée, a-t-on appris à plusieurs sources. Ce vendredi, il ne faudra donc pas s'attendre à des assouplissements spectaculaires à court terme.
...

Le comité de concertation de ce vendredi devrait durer. Outre l'évaluation des mesures sanitaires, l'élaboration d'une stratégie de déconfinement sera abordée, a-t-on appris à plusieurs sources. Ce vendredi, il ne faudra donc pas s'attendre à des assouplissements spectaculaires à court terme. Afin de couper court à tout optimisme démesuré, le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) avait organisé dès lundi une conférence de presse en compagnie d'experts. L'une des conclusions des modèles mathématiques présentés est qu'il faudra surveiller l'évolution des variants dans les trois à quatre prochaines semaines. "Le moment où le risque d'une troisième vague diminuera fortement en Belgique n'est pas "demain ou la semaine prochaine" mais "il n'est plus très loin", avait-il déclaré. Le dernier rapport du Gems (Groupe d'experts de stratégie de crise pour la Covid-19), dont certains extraits ont été publiés jeudi dans différents médias, ne dit pas autre chose."Peu de choses sont possibles à court terme", indique-t-il."Cette dernière semaine, les chiffres, qui était jusque-là sur un plateau, ont tendance à s'inverser. Depuis 3-4 jours, les chiffres sont moins bons, pas enthousiasmants. Les virologues écrivent clairement qu'il y apeu ou pas de marge pour un assouplissement", explique David Clarinval, ministre des Indépendants, surLN24."Les hôpitaux sont inquiets à quelques heures du Comité de concertation car les patients recommencent à affluer en plus grand nombre", indique de son côté France Dammel, porte-parole du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke. La semaine a donné lieur aux ardeurs des défenseurs d'assouplissements plus importants. La salve la plus forte n'est cette fois pas venue du MR, mais bien d'Ecolo. Le coprésident du parti de la majorité Jean-Marc Nollet a reconnu mercredi sur les ondes de La Première (RTBF) qu'il ne respectait plus depuis quelques semaines la bulle d'une personne en intérieur en vigueur depuis novembre, appelant à arrêter l'hypocrisie sur cette question. Et de nombreux appels se sont succédé durant toute la semaine, tant du côté politique (CD&V, N-VA ou encore Groen) que de la part des secteurs impactés par la crise (Horeca, tourisme). A quoi faut-il dès lors s'attendre à court terme? Le mois de mai apparaît désormais comme une échéance plus crédible pour des réouvertures plus larges, notamment dans le secteur culturel et l'Horeca.En ce qui concerne l'Horeca, "nous avons clairement dit qu'on souhaitait que ça recommence au printemps. On reste sur cette ligne. Le printemps, c'est le 21 mars, donc on va dire début avril. Mais cela reste à discuter pour le moment, il n'y a pas d'accord", selon le ministre des Indépendants. La levée de l'interdiction des voyages non essentiels à l'étranger sera abordée et devrait être actée, alors que la Commission européenne a jugé disproportionnée la mesure prolongée juridiquement jusqu'au 1er avril. Les voyages devraient toutefois rester déconseillés.Les dirigeants des 27 États membres de l'Union européenne ont cependant souligné, dans une déclaration commune, qu'il n'est pas encore temps pour l'Europe de relâcher la bride dans son combat contre le coronavirus: "Pour le moment, les voyages non essentiels doivent être restreints". Cette déclaration donne davantage de crédit à la mesure belge. "Dans les contacts informels (avec les autres délégations), nous avons à chaque fois entendu l'avis que la Belgique a fait les choses de la bonne manière", a indiqué le Premier ministre Alexander De Croo. Comme annoncé jeudi par la ministre francophone de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR), le comité de concertation devrait valider le retour partiel des cours en présentiel à partir du 15 mars. Les trois Communautés souhaitent pouvoir donner de l'oxygène aux étudiants. "C'est utile et nécessaire quand on voit la détresse des jeunes", estime David Clarinval. "Je pense qu'il y aura une avancée, notamment pour plus de cours en présentiel, la reprise des excursions pour les maternelles et primaires... c'est important d'y donner suite." L'élargissement du nombre de personnes pouvant se rassembler à l'extérieur, actuellement fixé à quatre, devrait aussi être abordé. Le rapport du Gems évoque une bulle de 8 ou 10 personnes à la fin du mois de mars. "Les mesures prises en extérieur seront de nature à rencontrer, j'espère, une partie de la détresse que l'on sent dans la population, mais je suis conscient que ce n'est sans doute pas assez", indique le ministre des Indépendants. Si la bulle extérieure extérieur est élargie, les groupes de yogas ou encore les coachings sportifs en extérieur pourraient reprendre.Georges-Louis Bouchez défend de son côté la thèse de la bulle de 2 à l'intérieur. Pour l'instant, cette thèse n'est pas majoritaire" au sein de la Vivaldi, indique-t-il au micro de Bel-RTL. Pour le président du MR, la bulle de 1 est intenable, car des millions de gens vivent en couple et que si une personne va manger chez des amis, il rentre quand même vivre avec son conjoint. "Il faut des règles simples, compréhensibles et qui correspondent à la réalité que vivent les gens." La question d'un couvre-feu "fédéral", établi entre minuit et 06h00 du matin, devrait aussi être sur la table. Seuls les professionnels des métiers de contacts non médicaux, au-delà des coiffeurs, ont la certitude de reprendre leur activité. Leur réouverture à partir de lundi prochain, le 1er mars, a déjà été actée lors du précédent comité de concertation.Cela peut-il aller plus loin ? "Je vais demander des assouplissements dans les secteurs ponctuels, comme les photographes privés. Il y a aussi la question des coiffeurs à domicile, qui ne peuvent pas exercer : c'est dommage qu'on ait pas cette possibilité, je vais demander que ça soit possible", assure David Clarinval sur LN24. Le ministre indique cependant que les débats ne sont pas simples entre les différents responsables et que rien n'est acquis.