" Il y a certains chiffres qui vont légèrement dans le bon sens pour la première fois." Alexander De Croo (Open VLD) a officiellement confirmé, le 9 novembre, la tendance positive dans la propagation de l'épidémie de Covid-19. "Le pic des hospitalisations semble avoir été atteint le 3 novembre", a indiqué de son côté Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le coronavirus. Malgré ces lueurs d'espoir, pas question pour autant de crier victoire. Car pour l'heure, il est toujours impossible d'écrire avec précision le scénario des semaines à venir.
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" Il y a certains chiffres qui vont légèrement dans le bon sens pour la première fois." Alexander De Croo (Open VLD) a officiellement confirmé, le 9 novembre, la tendance positive dans la propagation de l'épidémie de Covid-19. "Le pic des hospitalisations semble avoir été atteint le 3 novembre", a indiqué de son côté Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le coronavirus. Malgré ces lueurs d'espoir, pas question pour autant de crier victoire. Car pour l'heure, il est toujours impossible d'écrire avec précision le scénario des semaines à venir. Néanmoins, en annonçant le plan de reconfinement, le Comité de concertation avait également donné le 1er décembre comme date butoir pour se pencher sur la fermeture des commerces non essentiels. Un calendrier toujours de rigueur puisque le Premier ministre confirme "une réévaluation des mesures" qui sera faite sur la base des chiffres de contamination de fin novembre ainsi que "sur des avis scientifiques, et pas sur des pressions, comme cela a été trop souvent le cas par le passé". D'ici là, donc, aucune certitude pour l'Horeca, la culture, les commerçants.Prudence de Sioux également quand on évoque Noël et Nouvel An. "Les fêtes de fin d'année ne seront pas comme elles l'ont été l'an passé. Dire maintenant quelles seront les mesures en vigueur à ce moment-là, c'est impossible", reconnaît encore Alexander De Croo. La rentrée scolaire, elle, est prévue le lundi 16 novembre, après des vacances d'automne prolongées exceptionnellement d'une semaine. La situation reste "suivie de très près" par les acteurs du secteur qui rappellent l'importance de maintenir l'enseignement pour le bien-être des enfants et le besoin de combler "un retard d'éducation par rapport à la première vague". Du point de vue sanitaire, la vigilance reste évidemment de mise. Le virus circule toujours, et rapidement, même si le nombre moyen d'infections et d'hospitalisations poursuit son recul. La Belgique a d'ailleurs franchi le cap du demi-million de personnes infectées et la barre des 13 000 décès. Pour Frank Vandenbroucke (SP.A), ministre de la Santé publique, "si nous voulons vraiment être en sécurité, la circulation du virus doit au moins être dix fois moindre". Car la pression sur les hôpitaux reste extrêmement grande, le nombre de lits en soins intensifs toujours trop élevé. Preuve de cette pression intenable exercée sur les hôpitaux et le personnel soignant, le cri de colère - "Ça ne peut plus durer" - lancé par les directeurs généraux et médicaux des hôpitaux belges dans le cadre d'une vaste enquête réalisée par Le Vif/L'Express entre les deux vagues de l'épidémie. " Quand vous êtes sur un champ de bataille, vous foncez et vous donnez toutes vos forces" était le sentiment qui prévalait à l'issue de la première vague. Aujourd'hui, la fatigue et la maladie ont fait doubler le taux d'absentéisme du personnel soignant. "Avant, on n'avait pas de masques, aujourd'hui, on n'a pas de gens pour les mettre", assène Julien Compère, CEO du CHU de Liège. Les répondants à notre sondage tirent également à boulets rouges sur l'éparpillement des compétences ministérielles en matière de santé. Dans un scénario idéal pour l'exercice de leur profession, la toute grande majorité des directeurs sondés (73%) opteraient pour un seul ministre de la Santé, 12% se satisferaient de trois. Et d'adresser via notre enquête un message clair au monde politique: 86% des répondants se déclarent favorables à une refédéralisation des soins de santé. Le point ne figure néanmoins pas à l'agenda de l'équipe De Croo, qui s'est seulement engagée à y réfléchir d'ici à 2024.Autre sujet qui fâche et beaucoup, c'est la revalorisation des soins de santé et le statut du personnel infirmier. Alexander De Croo a récemment rappelé qu'un chèque consommation de 300 euros a été promis au personnel soignant. En attendant, une revalorisation salariale qui devrait suivre. "Un budget d'un milliard a été inscrit pour le faire. Ça se fera l'année prochaine. Le budget a été accordé, mais ça prend un petit peu de temps. Pour combler le fait que la revalorisation se fait dans le courant de l'année prochaine, on fait [un geste] cette année-ci", a expliqué le Premier. Les directeurs, eux, pointent le problème de financement des hôpitaux. C'est l'évidence, il est bien trop tôt pour envisager de relâcher l'effort dans la lutte contre la pandémie. Mais pas pour réfléchir à comment s'en sortir. Existe-t-il d'ailleurs des alternatives au confinement? Certains privilégient la stratégie du "stop and go", soit une alternance des périodes de confinement et de déconfinement, jusqu'à atteindre une immunité collective. D'autres scientifiques défendent un confinement ciblé sur les populations les plus à risque, qui devrait aller de pair avec un cloisonnement strict entre les différentes générations ou catégories de personnes. Stratégie que, politiquement, personne n'ose défendre. Autres pistes encore: un confinement géographique à l'échelon d'un quartier, d'une ville, d'une province ou un isolement strict à la place d'une quarantaine en cas de contamination. Et évidemment, encore et toujours, la stratégie du dépistage efficace et du suivi des contacts fluide. Dans ce cadre-là, la Belgique a récemment avalisé le recours aux tests antigéniques. Une avancée, mais pas encore la panacée. Moins sensible qu'un PCR, ce test fournit un résultat rapide mais nécessite quand même une chaîne de dépistage.Reste l'attente d'un vaccin. Selon Frank Vandenbroucke, la Belgique devrait recevoir les premières doses au cours du premier trimestre 2021, via des commandes passées par le biais de la Commission européenne. La Commission négocie en effet avec des firmes pharmaceutiques des accords d'achat anticipé. Six vaccins se retrouvent dans ce portefeuille, ceux de Johnson & Johnson, Sanofi-GSK, CureVac, BioNtechn, Moderna et AstraZeneca. Cette semaine, Pfizer, qui collabore avec BioNtech a annoncé que son vaccin était "efficace" à 90% dans un test à grande échelle de phase 3 et qu'une livraison de 50 millions de doses de vaccins en 2020 et jusqu'à 1,3 milliard de doses en 2021 était envisageable. Une autre lueur d'espoir.