Jan Jambon reconnaît que les chiffres "vont dans la mauvaise direction" et que le système de santé est sous pression. "Mais vous n'allez pas résoudre ce problème en prenant des mesures supplémentaires aujourd'hui", a-t-il déclaré sur les ondes de la VRT. Selon lui, un nouveau confinement, comme celui décidé en mars dernier, lors de la première vague de la pandémie de Covid-19, n'est pas nécessaire pour le moment. "Je ne vais pas éteindre ma maison maintenant, parce qu'il y aura peut-être un incendie plus tard", a-t-il dit ce week-end. "Avant tout, en tant qu'hommes politiques responsables, nous devons être capables de garder la tête froide", a-t-il ajouté.
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Jan Jambon reconnaît que les chiffres "vont dans la mauvaise direction" et que le système de santé est sous pression. "Mais vous n'allez pas résoudre ce problème en prenant des mesures supplémentaires aujourd'hui", a-t-il déclaré sur les ondes de la VRT. Selon lui, un nouveau confinement, comme celui décidé en mars dernier, lors de la première vague de la pandémie de Covid-19, n'est pas nécessaire pour le moment. "Je ne vais pas éteindre ma maison maintenant, parce qu'il y aura peut-être un incendie plus tard", a-t-il dit ce week-end. "Avant tout, en tant qu'hommes politiques responsables, nous devons être capables de garder la tête froide", a-t-il ajouté.La maison flamande brûle Pour l'infectiologue Erika Vlieghe (Université d'Anvers), la maison flamande est pourtant bel et bien en feu. "C'est certain qu'elle brûle. Moins qu'à Bruxelles et en Wallonie, mais il ne faut pas attendre qu'un incendie ait détruit la moitié de votre maison pour prendre des mesures plus claires. Le nombre quotidien d'infections confirmées augmente rapidement chaque jour, également en Flandre", a poursuivi Vlieghe. "La Flandre n'a en fait qu'une semaine de retard sur la situation en Wallonie. Nous n'avons donc pas beaucoup de temps", a-t-elle déclaré à la VRT."Actuellement, l'épidémie est tellement répandue en Belgique, y compris en Flandre, que toutes les provinces affichent une tendance à la hausse. Certaines plus que d'autres, mais les mesures locales ne sont presque plus applicables". Pour l'infectiologue, il faut des mesures qui s'appliquent au niveau national. "À ce stade de l'épidémie, où le virus se propage rapidement dans la population, nous avons besoin de mesures très drastiques, radicales et simples pour séparer les gens, éviter les contacts à risque et faire en sorte que l'on reprenne le contrôle sur ce virus".Troisième région du monde Le virologue Marc Van Ranst (KuLeuven) ne comprend pas non plus que la Flandre ne durcisse pas ses mesures. Il a calculé pour le quotidien De Morgen que la Flandre est la troisième région du monde en termes d'incidence- c'est-à-dire le nombre de cas par 100 000 habitants en 14 jours. Seules la Tchéquie et la Wallonie ont un taux d'incidence plus élevé. Van Ranst ne prend pas en compte la Région de Bruxelles-Capitale qui est une grande ville. "Nous ne pouvons pas attendre l'effet des mesures actuelles, car en Flandre aussi les hôpitaux risquent d'être bientôt submergés. (...) Il est plus facile d'annuler une mesure de précaution que d'arrêter une épidémie galopante", a-t-il mis en garde.Du côté politique, Groen a appelé à un durcissement des mesures. Les écologistes flamands (dans l'opposition en Flandre) ont réclamé en choeur l'imposition de mesures plus strictes, en invoquant la vitesse à laquelle le virus se répand, notamment par la voix du chef de groupe de Groen au parlement flamand, Björn Rzoska. "La Flandre n'aura d'autre choix que de prendre aussi des mesures" supplémentaires allant au-delà du socle fédéral", a ainsi prédit la vice-Première ministre Petra De Sutter (Groen). Attentisme Le bourgmestre de Vilvorde Hans Bonte (sp.a), commune périphérique de Bruxelles, a également déploré "l'attentisme" du gouvernement flamand. Les bourgmestres des dix-neuf communes de la périphérie bruxelloise se réunissent d'ailleurs ce lundi pour décider d'une série de mesures supplémentaires. Le socialiste s'est dit partisan d'un alignement des mesures dans la périphérie avec celles annoncées samedi par le gouvernement bruxellois, dont la fermeture temporaire des secteurs sportif et culturel, pour éviter un effet de contagion.