Les hôpitaux belges sont en ébullition face à la deuxième vague de coronavirus dans notre pays. Comme lors de la première vague, on veut à tout prix éviter une saturation des hôpitaux. Mais la situation dans plusieurs provinces est catastrophique. Alors que les autorités dispersent les mesures par région, les hôpitaux craignent qu'elles aient été prises trop tard, et qu'elles soient insuffisantes.
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Les hôpitaux belges sont en ébullition face à la deuxième vague de coronavirus dans notre pays. Comme lors de la première vague, on veut à tout prix éviter une saturation des hôpitaux. Mais la situation dans plusieurs provinces est catastrophique. Alors que les autorités dispersent les mesures par région, les hôpitaux craignent qu'elles aient été prises trop tard, et qu'elles soient insuffisantes. "Nous ne voyons pas de ralentissement actuellement" dans les hôpitaux, confirme le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem, qui précise qu'il y a un doublement du taux d'hospitalisation tous les huit jours. Au niveau national, les admissions à l'hôpital ont atteint une moyenne quotidienne de 467,7 soit une hausse de 85%. Actuellement, 4.827 personnes sont hospitalisées pour cause de Covid-19 (+10%), dont 757 en soins intensifs (+12%). Mais la situation est très différente selon les provinces et régions. C'est en Wallonie et à Bruxelles que la situation est la plus préoccupante. Ainsi, pour la semaine du 19 au 25 octobre, la nombre de nouvelles admissions hebdomadaires pour 100.000 habitants était le plus élevé à Bruxelles : 56, contre 27 la semaine précédente. Au niveau wallon, ce sont les provinces de Liège (52 pour 100.000 habitants) et de Hainaut (43). La province wallonne qui a le taux le plus bas (Luxembourg) a le même taux d'incidence que la province flamande qui a le taux le plus élevé (Flandre Occidentale). Yves Van Laethem précise cependant que, au niveau du nombre de nouveaux cas quotidiens, la propagation du virus est en train de s'accélérer dans certaines provinces flamandes. Selon lui, la Flandre a environ 10 jours de retard sur la Wallonie. Ce qui laisse présumer que la situation dans les hôpitaux, qui elle aussi a toujours quelques semaines de retard sur la dynamique des nouveaux cas, pourrait rapidement se dégrader. Si le taux d'incidence par province donne une idée de la dynamique de l'épidémie, il est également éclairant de se pencher sur ce que l'on sait des lits occupés. C'est en province de Liège qu'il y a le plus de lits occupés à la date du 25 octobre (952), suivi de Bruxelles (895) et du Hainaut (882). Si la croissance actuelle se maintient, les hôpitaux devrait arriver à saturation d'ici huit à dix jours. Le seuil critique approche et pourrait être atteint dans environ une semaine. Même tendance pour les personnes en soins intensifs. Ce sont d'ailleurs les trois seules zones où le chiffre dépasse 100. Selon nos calculs, les soins intensifs avoisinent les 60% d'occupation dans la province de Liège, et dépassent les 50% dans la Région bruxelloise. En Flandre, c'est dans la province d'Anvers que la situation est la plus préoccupante, avec environ 35% de taux d'occupation en soins intensifs. Plusieurs hôpitaux ont d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme ce week-end via différents médias. Dans les soins intensifs, le temps de doublement des patients est lui aussi de huit jours. "Cela signifie que nous devrions franchir le cap des 1000 patients en soins intensifs d'ici la fin de la semaine. Si nous ne modifions pas cette courbe par nos comportements, on devrait atteindre dans 15 jours les 2000 patients en soins intensifs", c'est-à-dire la capacité maximale, explique Yves Van Laethem. Les dernières mesures seront-elles suffisantes pour éviter aux hôpitaux le scénario tant redouté ? Pour les acteurs de terrain, il est déjà bien trop tard. En réaction aux mesures annoncées vendredi matin par le Comité de Concertation, le président de l'ABSyM Philippe Devos indiquait au Vif que certains hôpitaux devaient déjà avoir recours au transferts de patients vers d'autres hôpitaux ou que d'autres n'avaient pas suffisamment de personnel soignant disponible pour "monter en phase 2B". A partir du 2 novembre, tous les hôpitaux du pays seront en phase "2A", mais certaines provinces ont déjà atteint ce stade. En phase 2A, 60% des lits de soins intensifs disponibles dans chaque hôpital sont réservés pour des patients Covid. Il n'y a pas que les lits qui sont limitatifs, mais aussi le personnel soignant, confirme pour sa part Yves Van Laethem. "On a actuellement un absentéisme important, lié à la maladie, à la quarantaine... Il atteint 10 à 30%. C'est absolument considérable. Un lit ne peut pas fonctionner sans personnel. Le patient ne se gère pas tout seul." C'est d'autant plus le cas en sachant qu'un lit Covid est un lit plus lourd à gérer qu'un lit classique. "On considère qu'il faut un encadrement de 20% supplémentaire."