Au CHR Sambre et Meuse à Auvelais, dans la province de Namur, la réflexion de repenser totalement le fonctionnement de l'hôpital d'environ 300 lits en prévision de la charge plus élevée de travail lors du pic d'épidémie du coronavirus remonte au mois de février. "On a planché très tôt sur le sujet, la coordination de l'accueil des patients se fait depuis le mois de février selon une approche proportionnelle qui va crescendo dans les actions prises ", nous explique Jérôme Massart. Les grandes lignes directrices de ce plan s'alignent sur celles du CHR Sambre et Meuse à Namur. Il existe aussi un niveau de coordination entre les 6 hôpitaux namurois.

"Nous avons également porté toute notre attention sur le monitoring de la gestion des stocks, et plus particulièrement le stock de masques. On a réussi à passer des commandes, on espère qu'elles arriveront à temps." Pour le moment, le coordinateur assure que les équipes n'ont pas de soucis de pénurie mais la consommation plus intensive dans les 10 prochains jours pourrait mettre à mal le stock.

L'hôpital, qui évoque une excellente collaboration avec les médecins généralistes pour le "filtrage" des patients envoyés au service d'urgences, a totalement repensé son fonctionnement en prévision du pic attendu de l'épidémie ces prochains jours. Dans un premier temps, des procédures d'accueil spéciales ont été mises en place pour les personnes présentant de la toux, de la fièvre,... via un circuit d'isolement aux urgences qui permet de fluidifier l'accès.

Pour le moment, l'hôpital semble tourner au ralenti. Une réorganisation totale de l'établissement est effectuée. "Depuis ce week-end, on a enclenché la troisième phase du plan d'urgence. Toutes les consultations et opérations non urgentes ont été reportées. On ne prend plus de nouveaux patients, sauf pour les urgences. Toutes les équipes sont mobilisées pour assurer un suivi auprès des patients. On a interdit les visites. On a libéré des lits supplémentaires pour l'accueil des patients coronavirus autant en chambres isolée qu'en soins intensifs."

Le calme avant la tempête au CHR Sambre et Meuse à Auvelais (Site Sambre)., PG
Le calme avant la tempête au CHR Sambre et Meuse à Auvelais (Site Sambre). © PG

Une crise d'une ampleur inédite

Une réorganisation inédite des ressources humaines est aussi nécessaire nous explique le coordinateur : "Il faut repenser certaines équipes et fonctions, comment travailler en pool, reconvertir le personnel à d'autres tâches."

Par rapport à d'autres crises, l'ampleur est inédite. "On s'était préparé à la crise Ebola dans une bien moindre mesure vu qu'il n'y a pas eu de patients à traiter. C'est très particulier comme situation car on ne sait pas combien de temps va durer la crise. Quand on doit gérer une catastrophe comme un grave accident de car, par exemple, on connait les gestes qui sauvent, on sait qu'il va y avoir un pic dans les urgences mais qu'il va rapidement retomber. Ici, c'est l'incertitude totale. On ne sait pas vraiment à quoi s'attendre."

Une période trouble qui attise une certaine anxiété au sein des équipes médicales. "On est dans un équilibre constant entre rationalité des mesures prises et la gestion de la peur et de l'incertitude de la situation. Depuis le début de la crise, la communication au sujet de la nouvelle organisation se veut la plus transparente possible au sein de l'hôpital autant envers le personnel que les patients."

Le coordinateur reste confiant suite à ces différentes mesures d'anticipation pour gérer la crise à venir. "On peut espérer un scénario différent que le scénario italien dans lequel les hôpitaux sont complètement saturés. " Et de rappeler que les meilleures précautions à prendre sont celles dictées par le gouvernement : rester chez soi sauf pour des déplacements utiles (courses, pharmacie,...), aucun rassemblement en dehors du cercle familial restreint, distance sociale à respecter, hygiène des mains, ... "Ce n'est qu'en faisant tous des efforts que l'on pourra sortir au plus vite de ce tunnel ", insiste Jérôme Massart qui en profite pour mettre à l'honneur tout le personnel soignant. "Grâce à leur énergie et à leur dévouement hors normes, on pourra gagner cette bataille".

Au CHR Sambre et Meuse à Auvelais, dans la province de Namur, la réflexion de repenser totalement le fonctionnement de l'hôpital d'environ 300 lits en prévision de la charge plus élevée de travail lors du pic d'épidémie du coronavirus remonte au mois de février. "On a planché très tôt sur le sujet, la coordination de l'accueil des patients se fait depuis le mois de février selon une approche proportionnelle qui va crescendo dans les actions prises ", nous explique Jérôme Massart. Les grandes lignes directrices de ce plan s'alignent sur celles du CHR Sambre et Meuse à Namur. Il existe aussi un niveau de coordination entre les 6 hôpitaux namurois. "Nous avons également porté toute notre attention sur le monitoring de la gestion des stocks, et plus particulièrement le stock de masques. On a réussi à passer des commandes, on espère qu'elles arriveront à temps." Pour le moment, le coordinateur assure que les équipes n'ont pas de soucis de pénurie mais la consommation plus intensive dans les 10 prochains jours pourrait mettre à mal le stock. L'hôpital, qui évoque une excellente collaboration avec les médecins généralistes pour le "filtrage" des patients envoyés au service d'urgences, a totalement repensé son fonctionnement en prévision du pic attendu de l'épidémie ces prochains jours. Dans un premier temps, des procédures d'accueil spéciales ont été mises en place pour les personnes présentant de la toux, de la fièvre,... via un circuit d'isolement aux urgences qui permet de fluidifier l'accès. Pour le moment, l'hôpital semble tourner au ralenti. Une réorganisation totale de l'établissement est effectuée. "Depuis ce week-end, on a enclenché la troisième phase du plan d'urgence. Toutes les consultations et opérations non urgentes ont été reportées. On ne prend plus de nouveaux patients, sauf pour les urgences. Toutes les équipes sont mobilisées pour assurer un suivi auprès des patients. On a interdit les visites. On a libéré des lits supplémentaires pour l'accueil des patients coronavirus autant en chambres isolée qu'en soins intensifs."Une réorganisation inédite des ressources humaines est aussi nécessaire nous explique le coordinateur : "Il faut repenser certaines équipes et fonctions, comment travailler en pool, reconvertir le personnel à d'autres tâches." Par rapport à d'autres crises, l'ampleur est inédite. "On s'était préparé à la crise Ebola dans une bien moindre mesure vu qu'il n'y a pas eu de patients à traiter. C'est très particulier comme situation car on ne sait pas combien de temps va durer la crise. Quand on doit gérer une catastrophe comme un grave accident de car, par exemple, on connait les gestes qui sauvent, on sait qu'il va y avoir un pic dans les urgences mais qu'il va rapidement retomber. Ici, c'est l'incertitude totale. On ne sait pas vraiment à quoi s'attendre."Une période trouble qui attise une certaine anxiété au sein des équipes médicales. "On est dans un équilibre constant entre rationalité des mesures prises et la gestion de la peur et de l'incertitude de la situation. Depuis le début de la crise, la communication au sujet de la nouvelle organisation se veut la plus transparente possible au sein de l'hôpital autant envers le personnel que les patients."Le coordinateur reste confiant suite à ces différentes mesures d'anticipation pour gérer la crise à venir. "On peut espérer un scénario différent que le scénario italien dans lequel les hôpitaux sont complètement saturés. " Et de rappeler que les meilleures précautions à prendre sont celles dictées par le gouvernement : rester chez soi sauf pour des déplacements utiles (courses, pharmacie,...), aucun rassemblement en dehors du cercle familial restreint, distance sociale à respecter, hygiène des mains, ... "Ce n'est qu'en faisant tous des efforts que l'on pourra sortir au plus vite de ce tunnel ", insiste Jérôme Massart qui en profite pour mettre à l'honneur tout le personnel soignant. "Grâce à leur énergie et à leur dévouement hors normes, on pourra gagner cette bataille".