C'est une course contre la montre décisive. En Belgique comme ailleurs en Europe - il suffisait d'entendre le président français Emmanuel Macron, mercredi soir -, la sortie de la crise sanitaire se profile, mais les écueils qui restent à franchir sont périlleux. Le durcissement des restrictions sanitaires est de mise pour le mois d'avril, tandis que l'accélération de la campagne de vaccination est une promesse ferme, qui se heurte en permanence aux retards de livraison.
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C'est une course contre la montre décisive. En Belgique comme ailleurs en Europe - il suffisait d'entendre le président français Emmanuel Macron, mercredi soir -, la sortie de la crise sanitaire se profile, mais les écueils qui restent à franchir sont périlleux. Le durcissement des restrictions sanitaires est de mise pour le mois d'avril, tandis que l'accélération de la campagne de vaccination est une promesse ferme, qui se heurte en permanence aux retards de livraison.Cette course infernale est pertubée en Belgique par quatre éléments qui ne sont pas de nature à faciliter la tâche du gouvernement fédéral, qui paye son absence de réactivité, ses divisions internes, une adhésion en baisse et des relations humaines difficiles.L'Etat fédéral est condamné par la justice à condamné par la justice à mettre fin aux "mesures Covid" dans les trente jours, sous peine d'astreintes, suite à un recours intenté par la Ligue des droits humains. que ce soit clair: en raison de leur manque de fondement démocratique. La ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), a annoncé que le gouvernement ferait appel de cette décision.La motivation de cette décision ne repose donc pas sur le bien-fondé des mesures ou leur manque de proportionnalité, mais bien sur la façon dont elles ont été décidées, par arrêté ministériel. En d'autres termes, c'est leur caractère "peu démocratique" qui est pointé du doigt par le tribunal. La communication qui en a été faite a toutefois semé le doute et certains membres du gouvernement s'inquiètent du fait que le message soit mal passé. "On le lève pas les mesures", a dû scander ce jeudi matin Vincent Van Quickenborne (Open VLD), ministre de la Justice.Par ailleurs, le débat exceptionnel de mercredi après-midi à la Chambre au sujet de la loi pandémie, qui est la réponse attendue à ce camouflet judiciaire, a montré qu'il restait du travail pour accoucher d'un texte final et que des vues divergentes existent encore au sein de la majorité - même si le MR ne s'oppose plus à cette loi pandémie. En tout état de cause, le gouvernement fédéral paie son manque de réactivité en la matière: cela fait des mois que des constitutionnalistes, juristes, associations et autres partis d'opposition l'avertissent au sujet de ce risque de mesures invalidées pour des raisons de forme.Dans ce contexte, des représentants du monde académique s'expriment de plus en plus ouvertement pour dénoncer le caractère excessif des mesures ou, du moins, pour indiquer que la situation de cette troisième vague est moins dramatique que la première ou la deuxième. Des universitaires réunis dans le think tank "Covid rationnel" ont notamment lancé un appel mercredi pour une "autre" gestion de la crise sanitaire, plus multidisciplinaire et rationnelle. En estimant que le "risque zéro" était "intenable".Les secteurs s'estimant lésés par les mesures décidées en Comité de concertation, singulièrement l'horeca et le commerce (mais on peut aussi songer à bien d'autres dont l'évenementiel ou la culture), nourrissent évidemment leur argumentation de la décision de justice et de ce discours rassuristes. "La décision du tribunal est une coïncidence heureuse qui nous conforte dans notre intention de rouvrir", disent les responsables d'un Collectif resto bar Bruxelles et son équivalent wallon au Soir. Objectif: rouvrir le 1er mai, la date qui avait été annoncée par le gouvernement, avant qu'il ne revienne en arrière. Or, rien ne dit que la situation sanitaire le permettra.Les mesures décidées par le Comité de concertation, la semaine dernière, se heurtent parfois à la lassitude des Belges, à leur manque de cohérence et... à des relations humaines difficiles. La cas du bras de fer entamé par Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, avec le gouvernement fédéral est emblématique.La décision de limiter les places réservées aux voyageurs le long de la fenêtre avait déjà été jugée difficile à appliquer, la SNCB ne se voyant pas "faire la police". Mais les trains bondés vers la Côte en ce début de semaine et le maintien d'une liberté de se déplacer inconditionnelle ont mis la patronne des chemins de fer hors d'elle, jusqu'à écrire une lettre pour menacer de mettre les trains à l'arrêt vers la côté durant les vacances. Le vice-Premier Ecolo, en charge de la Mobilité, Georges Gilkinet, reconnaît que le système "fenêtre" est difficile à mettre en place pour les accompagnateurs de train, mais affirme que l'"on va appliquer cette mesure".Tout cela s'inscrit dans le contexte de relations humaines compliquées entre les responsables des chemins de fer et le gouvernement. Sophie Dutordoir et Georges Gilkinet s'étaient chamaillés autour de la décision de fermeture des guichets de gare. Le ministre souligne que les "relations sont bonnes", désormais, mais la période de transition à la SNCB, avec le remplacement aussi du président du conseil d'administration, Jean-Claude Fontoy (MR), n'aide pas.