Selon une décision du dernier comité de concertation, du samedi 3 au dimanche 18 avril, ainsi que le week-end des 24 et 25, les candidats au voyage en train vers la Côte ne pourront s'asseoir que sur les sièges jouxtant une fenêtre (les moins de 12 ans pourront prendre place à côté de l'adulte qui les accompagne). La mesure est uniquement valable pour les gares de la Côte et seulement pour le voyage aller.

Le système " Stop and go"

La nouvelle mesure qui oblige, dès le 3 avril, les adultes qui montent à bord des trains vers la Côte d'occuper obligatoirement "les places à côté de la fenêtre" se traduit dans les fait par, à la grosse louche, une diminution de moitié de la capacité des trains. Pour rendre cela possible, la SNCB va mettre en place un système "stop-and-go". Ce système consiste à retenir en amont des quais les passagers potentiels vers la mer. On ne libère qu'un certain nombre de place lorsque le train arrive. Ainsi aux heures les plus fréquentées, s'il n'y a pas assez de place dans un train à l'arrivée, l'accès aux quais pourra être interdit et les voyageurs redirigés vers un autre train. Ce dispositif risque de créer d'interminables files d'attente et obligeront la plupart des voyageurs qui veulent vraiment se rendre à la mer à prendre un à deux trains de retard en cas de grande affluence.

La SNCB demande également à ses voyageurs de ne pas prendre de vélo classique ou électrique à bord. Les vélos pliants sont par contre autorisés. Ne sont pas non plus autorisés, les voyages en groupe de plus de 4 personnes. Trois cents agents de sécurité (Securail) et des stewards dans les grandes gares seront aussi prévu pour répartir les voyageurs entre les différents trains. La police locale et fédérale sera aussi présente dans une dizaine de grandes gares et à proximité, afin de soutenir les équipes de sécurité de la SNCB.

D'où vient l'idée de la mesure ?

L'idée de cette mesure a germé en novembre. Et selon le Soir, elle viendrait du commissaire corona, Pedro Facon. La mesure est là, mais rien ne sera décidé avant les vacances de février, par peur des critiques et parce que Gilkinet n'est guère enthousiaste. Ce n'est que sous l'instance des gouverneurs de certaines provinces particulièrement touristiques qui craignent d'être envahis qu'on la ressort le soir du 16 mars sans que ça ne fasse vraiment débat parmi les élus. Ces derniers étaient bien plus inquiets pour la fermeture des écoles ou des commerces.

L'idée est inspirée du modèle hollandais pour l'utilisation des transports en commun en période de pandémie. Celui-ci prévoit que, lorsque la circulation du virus est faible, on déconseille de se tenir debout dans les transports en commun et qu'en phase de crise on ne peut utiliser que les places assises côté fenêtre.

La colère de Dutordoir

Dans une lettre envoyée mercredi au Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), à la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) et au ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Écolo), Sophie Dutordoir a remis en question la décision du comité de concertation.

"Comme souligné à de très nombreuses reprises, la mise en oeuvre des dernières décisions du comité de concertation placera la SNCB dans une situation qui, sans prise d'autres mesures urgentes et contraignantes de la part des autorités publiques, risque de devenir ingérable", y écrit-elle. "La situation observée sur le terrain au cours des dernières heures démontre que les accords pris sous la coordination du Centre national de Crise et la conjugaison des efforts entrepris jusqu'à présent par toutes les parties (pour I'essentiel, les forces de l'ordre, les autorités locales et la SNCB) ne suffisent pas à endiguer I'afflux de voyageurs."

" Malgré tous les efforts consentis par toutes les parties, cette situation pourrait mettre directement en péril le maintien de l'ordre public et la sécurité de nos voyageurs, de notre personnel et des forces de l'ordre, et ce pas uniquement au plan sanitaire, avertit la CEO. Elle envoie une sorte d'ultimatum au gouvernement: "Prendre une décision d'urgence visant à: soit autoriser la SNCB, au besoin et après concertation avec le Centre de Crise, à mobiliser la totalité de sa capacité nominale de transport, par la levée des mesures de limitation qui prévalent pour les destinations touristiques, soit introduire une mesure urgente d'ordre public afin de limiter strictement les déplacements en train vers la Cóte".

Si le gouvernement ne réagit pas favorablement à l'une des deux demandes, la patronne de la SNCB agite l'option d'une mise à l'arrêt du trafic vers les destinations visées, "les risques à l'égard des voyageurs et de notre personnel seraient alors inacceptables", même si elle dit vouloir éviter cette piste à tout prix.

Par cette lettre elle demande en réalité que ce soit les autorités qui interdissent clairement les voyages vers la Côte. Ce n'est pas à la SNCB de trier les voyageurs potentiels.

Si le message est clair, des changements ne pourront se faire facilement. En effet la règle "fenêtre" a été décidée en Comité de concertation et ne pourra être modifiée que par celui-ci. Et aucune réunion n'est prévue pour l'instant. En l'état, la règle reste donc de vigueur à partir du 3 avril.

De toute façon il va faire moche

Le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet a assuré jeudi que des agents supplémentaires seraient requis pour assurer le trafic contingenté par la règle de la fenêtre. Il a dans le même temps appelé les touristes d'un jour à envisager d'autres destinations, vu le risque de ne pas trouver une place. Le vice-Premier ministre Ecolo a aussi réagi sur Bel RTL : "La mesure est très difficile à mettre en oeuvre pour les accompagnateurs de la SNCB", a concédé M. Gilkinet, disant ainsi rejoindre la CEO de l'entreprise ferroviaire, Sophie Dutordoir, avec qui il assure "parler au quotidien". "C'est pourtant nécessaire, c'est la décision qui a été prise par le Codeco, on va l'appliquer avec des renforts, notamment d'agents Securail (le service de sécurité des chemins de fer belges, NDLR). Il y aura donc du personnel en plus", a-t-il assuré. Le ministre Gilkinet a donc confirmé la possibilité de se rendre à la mer en train, "mais sachez que les capacités sont limitées et qu'il y a plein d'autres destinations", a-t-il dit, relayant ainsi des appels déjà lancés ces derniers jours par la SNCB à ne pas choisir le littoral.

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne a réagi à la lettre sur Radio 1 jeudi matin. Il a déclaré comprendre que cette mesure n'est pas facile à mettre en oeuvre, mais que le gouvernement s'y tiendra, car il a été introduit pour protéger la santé des gens. "Si vous concluez des accords, même s'ils sont difficiles, vous les mettez en oeuvre", dit-il .

Il a également ajouté que la SNCB pourra compter sur le soutien de la police et de la sécurité et que le ministre compétent, Georges Gilkinet (Ecolo), a déjà déclaré que la mesure serait appliquée. La mesure prendra officiellement effet ce week-end et M. Van Quickenborne a également fait remarquer que le temps sera mauvais, ce qui, selon lui, fera de la côte une destination moins attrayante. C'est donc une bonne chose pour tester la mesure.

Il semble donc que les deux camps s'apprêtent à aller au clash...

Selon une décision du dernier comité de concertation, du samedi 3 au dimanche 18 avril, ainsi que le week-end des 24 et 25, les candidats au voyage en train vers la Côte ne pourront s'asseoir que sur les sièges jouxtant une fenêtre (les moins de 12 ans pourront prendre place à côté de l'adulte qui les accompagne). La mesure est uniquement valable pour les gares de la Côte et seulement pour le voyage aller.La nouvelle mesure qui oblige, dès le 3 avril, les adultes qui montent à bord des trains vers la Côte d'occuper obligatoirement "les places à côté de la fenêtre" se traduit dans les fait par, à la grosse louche, une diminution de moitié de la capacité des trains. Pour rendre cela possible, la SNCB va mettre en place un système "stop-and-go". Ce système consiste à retenir en amont des quais les passagers potentiels vers la mer. On ne libère qu'un certain nombre de place lorsque le train arrive. Ainsi aux heures les plus fréquentées, s'il n'y a pas assez de place dans un train à l'arrivée, l'accès aux quais pourra être interdit et les voyageurs redirigés vers un autre train. Ce dispositif risque de créer d'interminables files d'attente et obligeront la plupart des voyageurs qui veulent vraiment se rendre à la mer à prendre un à deux trains de retard en cas de grande affluence. La SNCB demande également à ses voyageurs de ne pas prendre de vélo classique ou électrique à bord. Les vélos pliants sont par contre autorisés. Ne sont pas non plus autorisés, les voyages en groupe de plus de 4 personnes. Trois cents agents de sécurité (Securail) et des stewards dans les grandes gares seront aussi prévu pour répartir les voyageurs entre les différents trains. La police locale et fédérale sera aussi présente dans une dizaine de grandes gares et à proximité, afin de soutenir les équipes de sécurité de la SNCB. Dans une lettre envoyée mercredi au Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), à la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) et au ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Écolo), Sophie Dutordoir a remis en question la décision du comité de concertation. "Comme souligné à de très nombreuses reprises, la mise en oeuvre des dernières décisions du comité de concertation placera la SNCB dans une situation qui, sans prise d'autres mesures urgentes et contraignantes de la part des autorités publiques, risque de devenir ingérable", y écrit-elle. "La situation observée sur le terrain au cours des dernières heures démontre que les accords pris sous la coordination du Centre national de Crise et la conjugaison des efforts entrepris jusqu'à présent par toutes les parties (pour I'essentiel, les forces de l'ordre, les autorités locales et la SNCB) ne suffisent pas à endiguer I'afflux de voyageurs."" Malgré tous les efforts consentis par toutes les parties, cette situation pourrait mettre directement en péril le maintien de l'ordre public et la sécurité de nos voyageurs, de notre personnel et des forces de l'ordre, et ce pas uniquement au plan sanitaire, avertit la CEO. Elle envoie une sorte d'ultimatum au gouvernement: "Prendre une décision d'urgence visant à: soit autoriser la SNCB, au besoin et après concertation avec le Centre de Crise, à mobiliser la totalité de sa capacité nominale de transport, par la levée des mesures de limitation qui prévalent pour les destinations touristiques, soit introduire une mesure urgente d'ordre public afin de limiter strictement les déplacements en train vers la Cóte". Si le gouvernement ne réagit pas favorablement à l'une des deux demandes, la patronne de la SNCB agite l'option d'une mise à l'arrêt du trafic vers les destinations visées, "les risques à l'égard des voyageurs et de notre personnel seraient alors inacceptables", même si elle dit vouloir éviter cette piste à tout prix.Par cette lettre elle demande en réalité que ce soit les autorités qui interdissent clairement les voyages vers la Côte. Ce n'est pas à la SNCB de trier les voyageurs potentiels.Si le message est clair, des changements ne pourront se faire facilement. En effet la règle "fenêtre" a été décidée en Comité de concertation et ne pourra être modifiée que par celui-ci. Et aucune réunion n'est prévue pour l'instant. En l'état, la règle reste donc de vigueur à partir du 3 avril.Le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet a assuré jeudi que des agents supplémentaires seraient requis pour assurer le trafic contingenté par la règle de la fenêtre. Il a dans le même temps appelé les touristes d'un jour à envisager d'autres destinations, vu le risque de ne pas trouver une place. Le vice-Premier ministre Ecolo a aussi réagi sur Bel RTL : "La mesure est très difficile à mettre en oeuvre pour les accompagnateurs de la SNCB", a concédé M. Gilkinet, disant ainsi rejoindre la CEO de l'entreprise ferroviaire, Sophie Dutordoir, avec qui il assure "parler au quotidien". "C'est pourtant nécessaire, c'est la décision qui a été prise par le Codeco, on va l'appliquer avec des renforts, notamment d'agents Securail (le service de sécurité des chemins de fer belges, NDLR). Il y aura donc du personnel en plus", a-t-il assuré. Le ministre Gilkinet a donc confirmé la possibilité de se rendre à la mer en train, "mais sachez que les capacités sont limitées et qu'il y a plein d'autres destinations", a-t-il dit, relayant ainsi des appels déjà lancés ces derniers jours par la SNCB à ne pas choisir le littoral. Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne a réagi à la lettre sur Radio 1 jeudi matin. Il a déclaré comprendre que cette mesure n'est pas facile à mettre en oeuvre, mais que le gouvernement s'y tiendra, car il a été introduit pour protéger la santé des gens. "Si vous concluez des accords, même s'ils sont difficiles, vous les mettez en oeuvre", dit-il .Il a également ajouté que la SNCB pourra compter sur le soutien de la police et de la sécurité et que le ministre compétent, Georges Gilkinet (Ecolo), a déjà déclaré que la mesure serait appliquée. La mesure prendra officiellement effet ce week-end et M. Van Quickenborne a également fait remarquer que le temps sera mauvais, ce qui, selon lui, fera de la côte une destination moins attrayante. C'est donc une bonne chose pour tester la mesure.Il semble donc que les deux camps s'apprêtent à aller au clash...