Pause dans les démolitions de mausolées à Tombouctou

01/07/12 à 21:21 - Mise à jour à 21:21

Source: Le Vif

Les démolitions de mausolées de saints musulmans à Tombouctou ont été suspendues dimanche après-midi par les islamistes d'Ansar Dine, un des groupes armés contrôlant le Nord du Mali, qui ont détruit en deux jours sept de ces sanctuaires, a indiqué à l'AFP un témoin.

Pause dans les démolitions de mausolées à Tombouctou

© Belga

La raison de cette suspension n'a pas été fournie. Ansar Dine a déclaré qu'il détruira les 16 mausolées que compte la ville, "sans exception". "Ils (les islamistes) ont fini pour aujourd'hui" les opérations de casse, "ils ont détruit quatre mausolées et cassé quelques tombes qui étaient en hauteur. Avec ceux qui ont été détruits hier (samedi), ça fait sept mausolées qui ont été démolis", a affirmé le témoin, travaillant pour un média local.

Après les mausolées de Sidi Mahmoud (nord de la ville), Sidi Moctar (nord-est) et Alpha Moya (est) samedi, les hommes d'Ansar Dine se sont attaqués dimanche matin à coups de houes et de burins à quatre autres mausolées, dont celui de Cheikh el-Kébir, situés dans l'enceinte du cimetière de Djingareyber (sud), selon lui.

"Au cimetière de Djingareyber, ils ont aussi démoli les jarres et les canaris qu'il y avait sur des tombes. Quelqu'un d'Ansar Dine a dit que partout où il y a des mausolées, ils vont les démolir, même dans les mosquées", a-t-il ajouté.

Joint par l'AFP, le porte-parole d'Ansar Dine à Tombouctou, Sanda Ould Boumama, a simplement déclaré: "Aujourd'hui, ça va. Demain, on va dire ce qui est prévu", sans plus de détails. Interrogé sur l'émoi et les condamnations provoquées au Mali et à l'étranger par les destructions des mausolées, il a répondu: "C'est l'islam qui est bien".

Plus tôt dimanche, un habitant de Tombouctou, ancien opérateur touristique, avait affirmé à l'AFP sous couvert d'anonymat avoir entendu des islamistes évoquer une éventuelle démolition de mosquées. Après le lancement des démolitions samedi, Sanda Ould Boumama avait expliqué à l'AFP qu'Ansar Dine agissait ainsi "au nom de Dieu" et en représailles à la décision de l'Unesco, le 28 juin, d'inscrire Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril.

L'agence onusienne a estimé que la présence des islamistes mettait en danger cette ville mythique, comportant au total 16 cimetières et mausolées, qui est surnommée "la cité des 333 saints", en référence aux personnages vénérés de son passé qui y gisent.

Avec Belga.

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