Élections : des isoloirs dans les supermarchés pour contrer l'abstention

25/09/14 à 16:00 - Mise à jour à 16:09

Source: Le Vif

Le parti social-démocrate Allemand (SPD) propose d'installer des isoloirs dans les supermarchés et certains espaces publics pour faire face au taux d'abstention croissant. Ce système fonctionne déjà avec succès en Suède, mais certains analystes se montrent cependant méfiants.

Élections : des isoloirs dans les supermarchés pour contrer l'abstention

Bureau de vote à l'entrée d'un supermarché à Malmö, Suède © Wikipédia/Ankara

L'absentéisme électoral n'affecte pas seulement la Belgique. En Allemagne, elle atteignait 50 % dans certaines régions, lors des dernières élections législatives. Face à ce constat, le SPD propose d'installer des isoloirs dans les supermarchés et d'autres espaces publics comme les librairies.

Le parti politique allemand veut reproduire le modèle qui fonctionne déjà en Suède depuis les années 40. Là-bas, les électeurs peuvent voter dans plus de 3000 isoloirs mobiles installés dans des grandes surfaces, des bureaux de poste et autres lieux très fréquentés. L'autorité électorale suédoise informe que presque 40 % des votants optent pour ces bureaux mobiles.

Henrik Oscarsson, politologue à l'université de Göteborg, explique que ses compatriotes choisissent ce système parce qu'ils peuvent voter pendant les 7 jours qui précèdent le jour officiel de l'élection. D'autre part, ils ont plusieurs endroits pour pouvoir le faire et même s'ils oublient leur convocation, ils peuvent la réimprimer dans les bureaux ambulants. La procédure est la même que dans un bureau de vote traditionnel. Chaque électeur reçoit une enveloppe et un bulletin qu'il remplit à la main.

Le vote n'est pas obligatoire en Suède, cependant depuis que ce système a été mis au point le taux de participation a augmenté 10 %, avec une moyenne de 81 %. Rappelons qu'en Belgique la participation s'élève en moyenne à 90 % de votants.

Le Royaume-Uni a aussi essayé d'installer des isoloirs dans les supermarchés, mais les électeurs n'ont pas accompagné l'initiative.

Le politologue allemand Markus Steinbrecher considère que ces types de mesures ont un impact limité. Pour lui, l'effort de se déplacer pour voter n'est pas la principale raison qui explique l'abstention. Lors d'un entretien avec la version allemande du site Euractiv, le spécialiste explique que trois facteurs sont responsables de ce phénomène.

Le premier est la disparition du lien entre les partis politiques et les groupes sociaux. Le deuxième motif serait l'insatisfaction de certains citoyens à l'égard de la politique. Finalement, il existe des personnes qui n'ont aucun intérêt pour la politique.

Le vote obligatoire en vigueur en Belgique ne semble pas convaincre le politologue allemand comme possible solution. Pour lui, ce système encourage les votants frustrés à opter pour des partis extrémistes ou populistes. D'après Markus Steinbrecher, l'ascension de la N-VA peut s'expliquer par le caractère obligatoire du scrutin. Une analyse faite par le Centre d'étude de la vie politique de l'ULB va dans le même sens.

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