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Recherche médicale: cinq scientifiques belges récompensés par la Fondation AstraZeneca

Le Vif

Les jurys du Fonds de la Recherche Scientifique (FNRS), du Fonds Wetenschappelijk Onderzoek (FWO) et des Académies de Médecine ont choisi de récompenser, à travers la Fondation AstraZeneca, cinq chercheurs pour leurs travaux sur les maladies cardiométaboliques, la thérapie génique et la médecine régénérative. Tous recevront un prix d’une valeur comprise entre 25.000 à 50.000 euros.

« Notre pays est petit par la taille, mais il contribue grandement au développement de la recherche médicale par le talent de ses scientifiques », explique d’emblée et avec enthousiasme la fondation.

Les Académies royales de Médecine de Belgique ont ainsi distingué Patrice Cani, investigateur principal du Laboratoire Métabolisme et Nutrition de l’UCLouvain. Le professeur a passé 20 années à sonder le microbiote intestinal pour en extraire de quoi réduire les risques cardiométaboliques tels que l’obésité et le diabète de type 2. Il a notamment découvert, avec son équipe, la dysosmobacter welbionis, une bactérie « prometteuse » qui pourrait aider au traitement de l’obésité et du diabète, en augmentant l’oxydation des graisses et la dépense énergétique.

Dans la catégorie « Nouvelles stratégies en médecine régénérative », le jury du FNRS et de son pendant néerlandophone, le FWO, ont salué les travaux de la professeure Liesbet Geris (ULiège). Avec ses collègues, la chercheuse a créé un nouveau type de biomatériaux (éléments qui permettent de réparer ou de régénérer le corps humain, NDLR) pour permettre un meilleur enracinement dans le corps du patient. « Nous avons mis au point une forme particulière, facile à imprimer en 3D, dans un matériau que l’on trouve dans les os, le phosphate de calcium », détaille-t-elle. « Les résultats des expériences sur les animaux nous ont montré que, grâce à cette forme spécifique, les cellules de l’extérieur sont beaucoup plus attirées vers ce biomatériau que vers ceux actuellement utilisés. » Un premier essai clinique devrait débuter l’an prochain pour permettre de tester ces découvertes à plus grande échelle.

Autre lauréat primé: le professeur Esteban Gurzov (ULB) dans la catégorie « Édition du génome comme approche thérapeutique ». C’est en travaillant sur l’édition du génome et en utilisant le CRISPR/Cas, paire de ciseaux génétiques, qu’il est parvenu, épaulé par son équipe, à identifier des biomarqueurs (indicateurs des processus biologiques normaux, des processus pathogènes ou des réactions à une exposition ou une intervention, NDLR) utiles dans la détection et le traitement de certaines maladies métaboliques.

« Au travers de ces Prix, l’objectif est de mettre en lumière des recherches scientifiques brillantes qui influenceront à terme la santé de chacun d’entre nous », se réjouit le professeur Michel Goldman, président de la Fondation AstraZeneca. « Après ce coup de projecteur de la Fondation, nous espérons que ces chercheurs pourront avoir accès à d’autres sources de financement autrement plus importantes, en particulier celles du Conseil européen de la recherche (ERC) », poursuit-il.

Les Académies royales de Médecine de Belgique ont, par ailleurs, choisi de gratifier le professeur Thomas Voets (VIB – KU Leuven) pour ses recherches sur la douleur chronique et les nouvelles pistes de traitement plus efficaces et non-addictifs.

Dans la catégorie « Hétérogénéité de la réponse immunitaire aux infections », le FWO et le FNRS ont également mis à l’honneur le professeur Kris Laukens (UAntwerpen) et ses travaux sur les cellules T, ayant pour but de prédire la réaction de l’organisme face à un virus, un traitement ou un vaccin.

La Fondation AstraZeneca a déjà consacré 5,5 millions d’euros au soutien de la recherche en Belgique depuis sa création.

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