© NASA / Reuters

« Chaque image est une nouvelle découverte »: la NASA révèle toutes les images prises par le plus puissant télescope spatial au monde

Après une première photographie publiée la veille, la Nasa révélait mardi la totalité des premières images du plus puissant télescope spatial jamais conçu, James Webb, des clichés marquant le début de ses opérations scientifiques, attendu depuis des années par les astronomes du monde entier.

Au programme d’un direct d’une heure au cours duquel les images étaient dévoilées une à une: deux nébuleuses illustrant le cycle de vie des étoiles, une exoplanète, et un groupement compact de galaxies.

« Chaque image est une nouvelle découverte », a déclaré en ouverture le patron de la Nasa Bill Nelson. « Chacune va donner à l’humanité une vue de l’Univers que nous n’avons jamais vu auparavant. »

Lundi, une première image prise par le télescope, illustrant les temps lointains du cosmos, a été dévoilée, en présence du président américain Joe Biden, qui a salué un moment « historique ». 

Le cliché, qui fourmille de détails, montre des galaxies formées peu après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d’années. 

L’une des missions principales de James Webb, bijou d’ingénierie d’une valeur de 10 milliards de dollars et le plus puissant télescope spatial jamais conçu, est en effet l’exploration du tout jeune Univers. Cette première démonstration visait à donner un aperçu de ses capacités dans ce domaine.

Mais il ne s’agissait que d’une des cinq cibles annoncées par la Nasa pour cette véritable pochette-surprise, qui marque officiellement le début des observations scientifiques du télescope, et dont le contenu avait jusqu’ici soigneusement été tenu secret afin de faire monter le suspense. 

Parmi elles: les images de deux nébuleuses, de très photogéniques et gigantesques nuages de gaz et de poussières. 

Deux images côte à côte du champ profond, qui montrent des composites réalisés à partir d’images de l’amas de galaxies SMACS 0723, connu sous le nom de premier champ profond de Webb, dans l’infrarouge moyen (G) et l’infrarouge proche (D). Des images réalisées grâce au James Webb, et publiées le 12 juillet 2022.

La nébuleuse de la Carène, située à environ 7.600 années-lumière, illustre la formation des étoiles. Elle en abrite de nombreuses massives, faisant plusieurs fois la taille de notre Soleil. 

La nébuleuse de l’anneau austral est elle une nébuleuse dite planétaire (bien qu’elle n’ait rien à voir avec les planètes): il s’agit d’un immense nuage de gaz entourant une étoile mourante. 

Autre cible: le Quintette de Stephan, groupement de galaxies en interaction entre elles. 

Une aventure scientifique

Le dernier objet cosmique dont l’observation a été révélée mardi est une exoplanète, c’est-à-dire une planète en orbite autour d’une autre étoile que notre Soleil, l’un des axes de recherche principaux de James Webb. 

Elle n’a pas été à proprement parler photographiée, mais analysée par spectroscopie, une technique utilisée pour déterminer la composition chimique d’un objet lointain. En l’occurrence, WASP-96 b, une planète géante composée essentiellement de gaz. 

Le téléscope James Webb

En combinant les données obtenues précédemment grâce à d’autres télescopes et celles par James Webb, « nous serons probablement capables de détecter de la vapeur d’eau » dans son atmosphère, a estimé auprès de l’AFP José A. Caballero, astronome au Centro de Astrobiologia en Espagne et spécialiste des exoplanètes. 

Ces données « seront intéressantes pour moi pour voir les capacités du télescope et des instruments », a-t-il ajouté, même s’il considère cette première exoplanète comme un peu « ennuyeuse », et a hâte que de plus petites et moins chaudes soient observées.

James Webb avait été lancé dans l’espace il y a environ six mois, le jour de Noël, depuis la Guyane française par une fusée Ariane 5. Issu d’une immense collaboration internationale, et en projet depuis les années 1990, il est posté à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

La publication de ces premières images marque le début d’une immense aventure scientifique, qui doit s’étendre sur de nombreuses années et transformer notre compréhension de l’Univers. 

Des chercheurs du monde entier ont réservé du temps d’observation avec James Webb, dont le programme pour sa première année de fonctionnement a déjà été minutieusement déterminé par un comité de spécialistes, et rendu public.

Le télescope a assez de carburant pour fonctionner pendant 20 ans. Quelque 20.000 personnes ont travaillé sur ce projet à travers le monde, en faisant une immense collaboration internationale.

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