Droit de réponse

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Dans une carte blanche intitulée « L’absence de consensus sur la véracité des faits met en danger la santé publique » du 26 janvier 2022 signée par des collègues universitaires, j’ai été personnellement mis en cause, de même que la qualité de mon travail. J’ai à coeur de revenir sur les reproches qui me sont formulés. Je pars des passages qui me portent préjudice, et les commente l’un après l’autre :
« Ce chercheur en intelligence artificielle prétend avoir démontré, en analysant les données brutes de mortalité des agences de santé publique, que les vaccins contre la Covid-19 auraient causé une surmortalité des moins de 44 ans en Europe en 2021 ».
L’étude, dont j’ai communiqué les résultats notamment via une interview pour l’organe de presse BAM, part des données brutes officielles de mortalité (toutes causes) dans plusieurs pays européens, sur l’année 2021, et pour la tranche d’âge des moins de 65 ans. Elle révèle en effet une surmortalité anormale durant les semaines de campagne de vaccination contre la Covid-19, en particulier pour les moins de 45 ans.
Je n’ai jamais « prétendu avoir démontré » que les vaccins contre la Covid-19 auraient causé une telle surmortalité. J’arrive simplement au constat qu’aucune autre variable que ladite vaccination ne semble expliquer mieux, à ce stade, la surmortalité observée. Les données que j’ai utilisées sont publiques. La méthodologie utilisée est transparente.
« La crise du Covid-19 a généralisé une communication scientifique d’urgence par les médias, qui a fait la part belle aux travaux scientifiques en prépublication, non encore validés. Cette pratique, inévitable en période de crise, exige une mise en contexte prudente des résultats. L’absence de validation et les limites du travail doivent être clairement expliquées au public ».
J’ai clairement indiqué qu’il s’agissait d’un pre-print. Mais j’ai aussi indiqué que la gravité des résultats suggérés par mon étude, au côté d’autres études d’ailleurs comme il sera dit plus bas, justifiait sa communication sans attendre la fin du long processus de validation de l’étude par les pairs. Et ce, bien entendu, en raison des enjeux importants de santé publique qu’elle soulève.
J’ai aussi indiqué clairement que j’attendais les réactions de mes collègues sur d’éventuelles erreurs que contiendrait mon étude. Différents collègues m’ont suggéré la prise en considération d’autres variables potentiellement explicatives de la surmortalité observée (victimes du Covid, accidents de la route, suicide, …). A l’analyse, aucune de ces autres variables ne semble cependant expliquer le phénomène observé.
Surtout, la conclusion principale de ma recherche, que les signataires de la carte blanche ont passée sous silence, est qu’il est indispensable et urgent que les autorités des pays concernés rendent publiques (sous forme anonymisée bien sûr) les données du statut vaccinal des personnes décédées en 2021. On parle quand même d’une tranche d’âges dont les risques de mortalité liée à la maladie elle-même, sont proches de 0 : l’analyse de la balance bénéfice-risque de la vaccination pour cette tranche
d’âge est donc une question cruciale, qui justifie amplement, déontologiquement, une
communication de mon étude, en ce compris à l’état de pré-print.
Le pire est que c’est en se drapant de la protection de la santé publique qu’ils me
reprochent la publication de mon étude…
« Il n’hésite cependant pas à présenter un travail (…) en rupture avec les nombreuses
études cliniques de terrain déjà publiées dans des revues internationales ».
Ce n’est pas exact. Sur cet angle de travail spécifique à partir des données brutes de
mortalité de 2021, je ne connais que trois autres études : l’une anglaise (1), l’autre
allemande (2), la troisième américaine (5), qui, toutes trois, arrivent à des conclusions
similaires aux miennes. On notera aussi l’appel du très renommé professeur de santé
publique Peter Doshi à ce que, pour les mêmes raisons, les données brutes de mortalité
associées au statut vaccinal soient rendues publiques (3). On notera enfin que plus de
80 scientifiques et professionnels de la santé anglais exigent une enquête d’urgence en
raison précisément d’une surmortalité (toute cause) alarmante des jeunes « qui semble
coïncider avec la campagne de vaccination » (4). Les analyses de la
pharmacovigilance officielle ne rendent d’ailleurs pas non plus invraisemblable les
résultats suggérés par mon étude.
Les autres reproches qui me sont adressés sont à l’avenant :
« Il doit également distinguer clairement ce qui appartient au domaine de son
expertise scientifique et ce qui est fondé sur des convictions personnelles ».
En tant que bioinformaticien, je suis au coeur de ma compétence, bien plus que ne le
serait, par exemple, un infectiologue… Cela fait 15 ans que j’analyse des données
biomédicales. J’ai à mon actif un grand nombre d’études publiées dans ce domaine,
validées par les pairs.
« Meyer évoque son expérience de recherche au prestigieux Massachusetts Institute of
Technology (MIT) ainsi que son affiliation à l’ULiège afin d’asseoir sa qualité de
scientifique ».
Il me paraît normal de préciser mon parcours scientifique, dans le but, précisément,
d’indiquer ma légitimité à m’investir dans cette recherche.
« Si le chercheur s’exprime directement, il doit spécifier si c’est à titre personnel ou
institutionnel ».
Depuis quand est-ce qu’on parle au nom de son université quand, dans un média, on
déclare y être professeur ? Les signataires de la carte blanche, qui ont tous indiqué
l’université à laquelle ils se rattachent et n’ont pas indiqué s’exprimer à titre personnel,
se sont-ils tous, dès lors, exprimé au nom de leur université ?
« Ces experts universitaires qui font le choix du populisme ».
Comment peuvent-ils traiter mon travail de « populiste », alors qu’ils alignent les
arguments ad hominem pour me dénigrer et que, dans le même temps, ils n’avancent
pas la moindre -je dis bien : pas la moindre ! – critique sur le fond de ma recherche ?
Qu’ils m’expliquent en quoi je me serais trompé : je serais tout ouïe !
« Il n’hésite cependant pas à présenter un travail (…) qui remet en question les
conséquences de la politique sanitaire européenne contre la Covid-19 ».
Dans quel monde vivons-nous, où des académiques viennent accuser un des leurs pour
avoir produit une étude contraire à l’avis des autorités en place ? La terre serait
toujours plate, si n’étaient admissibles que les seules opinions scientifiques soutenues
par les autorités du moment…
« Ces dérives sont très inquiétantes car elles peuvent décrédibiliser l’ensemble des
savoirs scientifiques ».
Effectivement, avec cette forme d’ostracisme de tout étude qui sortirait des rangs, et de
lynchage médiatique de tout qui en serait porteur, on n’en finira pas de décrédibiliser
pour de bon le monde scientifique…
Patrick MEYER
Bioinformaticien
Université de Liège
[1] Neil, M. and Fenton, N. (2021). Latest statistics on england mortality data suggest
systematic mis-categorisation of vaccine status and uncertain effectiveness of covid-
19 vaccination. Preprint December 2021.
[2] Christof Kuhbandner. (2022). Der Anstieg der Übersterblichkeit
im zeitlichen Zusammenhang mit den COVID-Impfungen (Preprint:
21.01.2022)
[3] Peter Doshi. (2022). Covid-19 vaccines and treatments: we must have raw data,
now. B MJ editorials.
[4] Open Letter to the MHRA Regarding Child Death Data
https://www.hartgroup.org/open-letter-to-the-mhra-regarding-child-death-data
[5] Pantazatos, S. and Seligmann, H. (2021). Covid vaccination and age-stratified
all-cause mortality risk. (Preprint October 2021).

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