Opinion

Carte blanche

L’absence de consensus sur la véracité des faits met en danger la santé publique (carte blanche)

Une société sans consensus sur ce qui est vrai est-elle possible ? Cette question se pose depuis le début de la pandémie de SARS-CoV-2 qui s’est caractérisée par une véritable « infodémie », une épidémie de fausses informations, parfois relayées par les décideurs politiques eux-mêmes. En santé publique, cette infodémie a fait presque autant de dégâts que les infections par le virus lui-même, estiment plusieurs chercheurs.

Retrouvez la liste des signataires de la carte blanche à la fin du texte

L’exemple le plus extrême en occident est sans doute la gouvernance du 45ème président des Etats-Unis d’Amérique, Donald Trump. Celle-ci s’est caractérisée par le plus haut taux de mensonges jamais proférés par un président en exercice. Le Washington Post a comptabilisé 30 573 mensonges ou approximations de Trump durant son mandat [1]. Il aurait surtout menti lors de ses meetings et sur les réseaux sociaux, créant ainsi un effet de bulle cognitive, de réalité alternative, pour ses partisans. Cet effet a entrainé des postures identitaires extrêmes concernant les mesures sanitaires. Par exemple, le port du masque et l’adhésion aux mesures de distanciation sociale sont devenus des signes d’appartenance au parti démocrate, avec des conséquences dramatiques pour les populations exposées au virus. Un rapport du journal Lancet suggère que 40% des décès liés au Covid-19 aux Etats-Unis sont la conséquence des mensonges de Trump [2].

La responsabilité de Trump dans l’assaut du capitole le 6 janvier 2021 a entrainé son bannissement de Twitter, Facebook et Instagram. En réponse, il a déclaré vouloir créer son propre réseau social, « Truth Social » (vérité sociale). Celui-ci devrait voir le jour le 21 février 2022. Si Truth Social parvient à réunir à nouveau les dizaines de millions d’anciens abonnés de Trump, il représentera une force non négligeable pour peser dans les débats démocratiques.

BAM, pourvoyeur de vérités alternatives

La création de médias politiquement orientés destinés à disséminer une « autre vérité » n’est malheureusement pas l’apanage des Etats-Unis. BAM, pour Belgian Alternative Media, est né en 2020 et se présente sur son site (https://bam.news) comme un nouveau média belge alternatif, pluraliste, indépendant et soucieux de défendre la liberté d’opinion. Animé par Hughes Belin, journaliste freelance et Marc-Henri Wouters, informaticien, BAM est rapidement devenu un pourvoyeur de vérités alternatives pour toute une communauté de bameuses et bameurs.

La chaine YouTube de BAM donne surtout la parole à des experts ou des personnalités dont l’opinion est en rupture avec la communauté scientifique et/ou la politique sanitaire. Par exemple, on n’y trouve pas moins de 10 vidéos du Pr. Jean-Luc Gala (partisan en début de pandémie d’une libre circulation du virus et publiquement désavoué par les cliniques universitaires Saint-Luc) et 7 vidéos du médecin Pascal Sacré (licencié en 2020 du Grand Hôpital de Charleroi pour avoir publiquement nié la gravité de l’épidémie). Celles-ci côtoient des interviews de Francis Lalanne et des documentaires sur les manifestations contre la dictature sanitaire en Belgique et dans le monde.

La page Facebook de BAM relaye majoritairement des articles ou vidéos mettant en lumière les incohérences de la politique sanitaire et les conséquences néfastes des confinements et des vaccins. Elle invite au soutien de médecins accusés d’être anti-vax ou de prescrire des traitements non recommandés pour le Covid-19. Elle diffuse également des évènements, comme le « Doctothon spécial enfant », une version complotiste et anti-vax du téléthon. Durant ce meeting virtuel, des spécialistes de la santé des enfants, tous opposés aux mesures sanitaires et aux vaccins, discutent des risques de ceux-ci pour les enfants. Ce meeting est parrainé par le professeur Christian Perronne, visé par une plainte de l’ordre des médecins français pour charlatanisme et qui a été démis de ses fonctions de chef de service par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris à la suite de déclarations polémiques sur la Covid-19.

Ces experts universitaires qui font le choix du populisme

Parmi les derniers experts interviewés par BAM, Patrick Meyer est professeur à l’Université de Liège (ULiège) et directeur du BIOSYS LAB[3]. Ce chercheur en intelligence artificielle prétend avoir démontré, en analysant les données brutes de mortalité des agences de santé publique, que les vaccins contre la Covid-19 auraient causé une surmortalité des moins de 44 ans en Europe en 2021. Les preuves de cette démonstration sont présentées dans un article en prépublication (déposé sur le site de l’ ULiège et sur le site Researchgate[4]) qu’il présente dans une vidéo sur YouTube[5].

Dans son interview à BAM et sa vidéo personnelle, Meyer évoque son expérience de recherche au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) ainsi que son affiliation à l’ULiège afin d’asseoir sa qualité de scientifique. Il n’hésite cependant pas à présenter un travail (i) non validé par les pairs, (ii) en rupture avec les nombreuses études cliniques de terrain déjà publiées dans des revues internationales, (iii) qui remet en question les conséquences de la politique sanitaire européenne contre la Covid-19 et (iv) qui est susceptible d’affecter la santé publique en augmentant l’hésitation vaccinale. Ce faisant, il emprunte le même chemin populiste que le Pr. Didier Raoult, dont la communication médiatique sur les traitements de la Covid-19 et la vaccination[6] a contribué à une véritable fracture vaccinale en France.

Liberté académique, déontologie scientifique et militantisme politique

La liberté académique garantit l’indépendance des recherches au sein des universités. Son but est d’empêcher le dévoiement ou la censure des recherches par une autorité politique ou religieuse. Mais aujourd’hui, certains l’invoquent également pour légitimer une recherche politiquement militante et, comme l’a fait Didier Raoult[7], un rejet des normes méthodologiques de la science. Ces dérives sont très inquiétantes car elles peuvent décrédibiliser l’ensemble des savoirs scientifiques.

La production de savoirs scientifiques est un processus collectif et lent. Les résultats d’une recherche doivent être validés par les pairs afin de réduire les erreurs et les biais. Cette validation implique notamment une évaluation rigoureuse des méthodes utilisées, de la reproductibilité des résultats ainsi que de la cohérence des conclusions tirées des résultats du travail de recherche. Les avis d’autorités et de popularité n’ont aucune valeur scientifique et factuelle.

La crise du Covid-19 a généralisé une communication scientifique d’urgence par les médias, qui a fait la part belle aux travaux scientifiques en prépublication, non encore validés. Cette pratique, inévitable en période de crise, exige une mise en contexte prudente des résultats. L’absence de validation et les limites du travail doivent être clairement expliquées au public. Si le chercheur s’exprime directement, il doit spécifier si c’est à titre personnel ou institutionnel. Il doit également distinguer clairement ce qui appartient au domaine de son expertise scientifique et ce qui est fondé sur des convictions personnelles[8].

Patrick Meyer n’a pas respecté ces principes déontologiques. Il a choisi de communiquer son travail au public sans retenue ni filtre, alors qu’il est évident que ses résultats sont en rupture avec le consensus scientifique et peuvent avoir de graves conséquences en santé publique en augmentant l’hésitation vaccinale. En agissant de la sorte, il prétend s’exposer au débat scientifique afin de « faire avancer les choses ». Il cherche plus vraisemblablement, comme le suggère sa conclusion lors de son interview : « Je suis pas certain que, avec 100% de vaccinés, on est encore en démocratie », à influencer les débats en cours sur la vaccination obligatoire.

Le naufrage d’une société sans consensus sur la véracité des faits

Le philosophe Américain Richard Rorty, l’un des philosophes contemporains les plus influents, défendait l’idéal d’une société sans vérité. Pour Rorty, une société se doit de réduire cruauté et conflits. Ces violences seraient en partie la conséquence des certitudes scientistes et de la rationalisation qui, en légitimant des normes, génèreraient des discriminations sociales [9]. Rorty appelle donc à rejeter l’universalisme, le rationalisme et la science et présente toutes vérités comme « contingentes » à un environnement socioculturel donné. Il conclut qu’une société libérale idéale serait une société considérant vraie toute opinion qui s’impose dans une communauté, sans se soucier de son rapport avec la science. En transformant les fausses nouvelles en des « vérités alternatives », Trump semble avoir atteint durant sa présidence l’idéal postmoderne prôné par Rorty.

Contrairement aux conjectures de Rorty, la banalisation des vérités alternatives n’a en rien contribué à apaiser les débats politiques, à réduire la violence aux Etats-Unis et le pays n’a jamais semblé aussi proche d’une guerre civile[10]. Un accroissement de la « polarisation affective » entre partis a été documenté[11]. Cette polarisation ne traduit pas une simple fracture idéologique entre les partis mais un degré élevé de dégoût et de haine entre partisans, chacun étant persuadé d’être victime des mensonges de l’autre camp. La violence des manifestations organisées contre les politiques sanitaires dans plusieurs pays européens démontre que cette polarisation n’est pas limitée aux Etats-Unis. Si le contexte est différent, les causes sont similaires. La désinformation, la coexistence de discours opposés sur ce qui est vrai mènent à un communautarisme exacerbé.

Le philosophe britannique Bernard Williams faisait le constat[12] que, si le concept de véracité varie d’une société à l’autre et au cours de l’histoire, aucune société ne peut faire l’économie des pratiques de vérités. Ainsi, l’exigence d’un consensus sur ce qui est vrai pourrait bien être un besoin premier, universel à toute société, car l’absence de ce consensus serait une source de division fatale à toute organisation sociale.

Il est bien démontré que l’efficacité des mesures de santé publique dépend en grande partie de leur acceptation par la population. Un consensus sur ce qui est vrai et une confiance dans les décisions légitimées par la science sont indispensables à toute stratégie de santé publique efficace. Ainsi, la fabrique du doute ou de vérités alternatives et la désinformation organisée représentent de graves périls pesant sur la santé publique.

Aujourd’hui, nous devons malheureusement faire le constat qu’il est devenu de plus en plus difficile pour un citoyen sans expertise scientifique d’identifier dans les médias les discours s’appuyant réellement sur des connaissances scientifiques validées. Les universités et la communauté scientifique doivent se mobiliser pour lutter contre cet état de fait. Elles doivent réagir à toute communication d’un chercheur ne respectant pas la déontologie scientifique et pouvant représenter un danger en santé publique.

Signataires

Eric Muraille, Maitre de Recherches FNRS, ULB

Nicolas Baeyens, Professeur, ULB

Agnès Burniat, Professeure, ULB

Anthony Cleve, Professeur, UNamur

Sabine Costagliola, Directrice de Recherches FNRS, ULB

Nicolas Dauby, médecin du service des maladies infectieuses du CHU St-Pierre, chercheur post-doctorant FNRS et chargé de cours, ULB

Anabelle Decottignies, Directrice de Recherches FNRS, UCLouvain

Alban de Kerchove d’Exaerde, Directeur de Recherches FNRS, ULB

Xavier De Tiege, Professeur, ULB

Xavier Devroey, Chargé de cours, UNamur

Stéphane de Wit, chef du service des maladies infectieuses du CHU St-Pierre, Professeur, ULB

Bruno Dumas, Professeur, UNamur

Francesco Genderini, médecin du service des maladies infectieuses du CHU St-Pierre, ULB

Michèle Gérard, médecin du service des maladies infectieuses du CHU St-Pierre, ULB

Jean-Christophe Goffard, chef du service de médecine interne Erasme, Professeur, ULB

Déborah Konopnicki, médecin du service des maladies infectieuses du CHU St-Pierre, Maitre de conférences, ULB

Alain Le Moine, Professeur, ULB

Oberdan Leo, Professeur, ULB

Agnès Libois, médecin du service des maladies infectieuses du CHU St-Pierre, ULB

Charlotte Martin, médecin du service des maladies infectieuses du CHU St-Pierre, ULB

Muriel Moser, Directrice de Recherche FNRS, ULB

Marie Christine Payen, médecin du service des maladies infectieuses du CHU St-Pierre Maitre de Conférence, ULB

Serge Schiffmann, Professeur, ULB

Benoit Vanderose, Chargé de cours, UNamur

Luc Vanhamme, Professeur, ULB

Laurence Van Melderen, Professeure, ULB

Valerie Wittamer, Chercheuse Qualifiée FNRS, ULB

Karim Zouaoui Boudjeltia, Professeur, ULB

Sources

[1] https://www.washingtonpost.com/politics/2021/01/24/trumps-false-or-misleading-claims-total-30573-over-four-years/

[2] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32545-9/fulltext

[3] http://www.bioinfo.uliege.be/meyer/

[4] https://www.researchgate.net/publication/357515205_THE_IMPACT_OF_COVID-19_VACCINES_ON_ALL-CAUSE_MORTALITY_IN_EU_IN_2021_A_MACHINE_LEARNING_PERSPECTIVE?channel=doi&linkId=61d1a9e5e669ee0f5c7f42c0&showFulltext=true

[5] https://www.youtube.com/watch?v=eDSBcpCtORo

[6] https://theconversation.com/didier-raoult-le-postmodernisme-en-etendard-164276

[7] https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/25/didier-raoult-le-medecin-peut-et-doit-reflechir-comme-un-medecin-et-non-pas-comme-un-methodologiste_6034436_3232.html

[8] https://comite-ethique.cnrs.fr/wp-content/uploads/2020/01/2015_Charte_nationale_d%C3%A9ontologie_190613.pdf

[9] Richard Rorty. Contingence, ironie et solidarité (1989)

[10] https://time.com/6133380/us-avert-civil-war/

[11] https://www.nature.com/articles/s41562-020-01012-5

[12] Bernard Williams. Vérité et véracité : Essai de généalogie (2006)

Cette carte blanche a fait l’objet d’un droit de réponse de M. Patrick Meyer, à lire ici et ci-dessous:

Un droit de réponse de Patrick Meyer (ULiège), suite à la publication d’une carte blanche signée par plusieurs de ses collègues universitaires.

Dans une carte blanche intitulée « L’absence de consensus sur la véracité des faits met en danger la santé publique » du 26 janvier 2022 signée par des collègues universitaires, j’ai été personnellement mis en cause, de même que la qualité de mon travail. J’ai à coeur de revenir sur les reproches qui me sont formulés. Je pars des passages qui me portent préjudice, et les commente l’un après l’autre :
« Ce chercheur en intelligence artificielle prétend avoir démontré, en analysant les données brutes de mortalité des agences de santé publique, que les vaccins contre la Covid-19 auraient causé une surmortalité des moins de 44 ans en Europe en 2021 ».
L’étude, dont j’ai communiqué les résultats notamment via une interview pour l’organe de presse BAM, part des données brutes officielles de mortalité (toutes causes) dans plusieurs pays européens, sur l’année 2021, et pour la tranche d’âge des moins de 65 ans. Elle révèle en effet une surmortalité anormale durant les semaines de campagne de vaccination contre la Covid-19, en particulier pour les moins de 45 ans.
Je n’ai jamais « prétendu avoir démontré » que les vaccins contre la Covid-19 auraient causé une telle surmortalité. J’arrive simplement au constat qu’aucune autre variable que ladite vaccination ne semble expliquer mieux, à ce stade, la surmortalité observée. Les données que j’ai utilisées sont publiques. La méthodologie utilisée est transparente.
« La crise du Covid-19 a généralisé une communication scientifique d’urgence par les médias, qui a fait la part belle aux travaux scientifiques en prépublication, non encore validés. Cette pratique, inévitable en période de crise, exige une mise en contexte prudente des résultats. L’absence de validation et les limites du travail doivent être clairement expliquées au public ».
J’ai clairement indiqué qu’il s’agissait d’un pre-print. Mais j’ai aussi indiqué que la gravité des résultats suggérés par mon étude, au côté d’autres études d’ailleurs comme il sera dit plus bas, justifiait sa communication sans attendre la fin du long processus de validation de l’étude par les pairs. Et ce, bien entendu, en raison des enjeux importants de santé publique qu’elle soulève.
J’ai aussi indiqué clairement que j’attendais les réactions de mes collègues sur d’éventuelles erreurs que contiendrait mon étude. Différents collègues m’ont suggéré la prise en considération d’autres variables potentiellement explicatives de la surmortalité observée (victimes du Covid, accidents de la route, suicide, …). A l’analyse, aucune de ces autres variables ne semble cependant expliquer le phénomène observé.
Surtout, la conclusion principale de ma recherche, que les signataires de la carte blanche ont passée sous silence, est qu’il est indispensable et urgent que les autorités des pays concernés rendent publiques (sous forme anonymisée bien sûr) les données du statut vaccinal des personnes décédées en 2021. On parle quand même d’une tranche d’âges dont les risques de mortalité liée à la maladie elle-même, sont proches de 0 : l’analyse de la balance bénéfice-risque de la vaccination pour cette tranche
d’âge est donc une question cruciale, qui justifie amplement, déontologiquement, une
communication de mon étude, en ce compris à l’état de pré-print.
Le pire est que c’est en se drapant de la protection de la santé publique qu’ils me reprochent la publication de mon étude…
« Il n’hésite cependant pas à présenter un travail (…) en rupture avec les nombreuses études cliniques de terrain déjà publiées dans des revues internationales ». Ce n’est pas exact. Sur cet angle de travail spécifique à partir des données brutes de mortalité de 2021, je ne connais que trois autres études : l’une anglaise (1), l’autre allemande (2), la troisième américaine (5), qui, toutes trois, arrivent à des conclusions
similaires aux miennes. On notera aussi l’appel du très renommé professeur de santé publique Peter Doshi à ce que, pour les mêmes raisons, les données brutes de mortalité associées au statut vaccinal soient rendues publiques (3). On notera enfin que plus de 80 scientifiques et professionnels de la santé anglais exigent une enquête d’urgence en raison précisément d’une surmortalité (toute cause) alarmante des jeunes « qui semble coïncider avec la campagne de vaccination » (4). Les analyses de la
pharmacovigilance officielle ne rendent d’ailleurs pas non plus invraisemblable les résultats suggérés par mon étude.
Les autres reproches qui me sont adressés sont à l’avenant : « Il doit également distinguer clairement ce qui appartient au domaine de son expertise scientifique et ce qui est fondé sur des convictions personnelles ».
En tant que bioinformaticien, je suis au coeur de ma compétence, bien plus que ne le serait, par exemple, un infectiologue… Cela fait 15 ans que j’analyse des données biomédicales. J’ai à mon actif un grand nombre d’études publiées dans ce domaine, validées par les pairs.
« Meyer évoque son expérience de recherche au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) ainsi que son affiliation à l’ULiège afin d’asseoir sa qualité de scientifique ».
Il me paraît normal de préciser mon parcours scientifique, dans le but, précisément, d’indiquer ma légitimité à m’investir dans cette recherche.
« Si le chercheur s’exprime directement, il doit spécifier si c’est à titre personnel ou institutionnel ».
Depuis quand est-ce qu’on parle au nom de son université quand, dans un média, on déclare y être professeur ? Les signataires de la carte blanche, qui ont tous indiqué l’université à laquelle ils se rattachent et n’ont pas indiqué s’exprimer à titre personnel, se sont-ils tous, dès lors, exprimé au nom de leur université ?
« Ces experts universitaires qui font le choix du populisme ». Comment peuvent-ils traiter mon travail de « populiste », alors qu’ils alignent les arguments ad hominem pour me dénigrer et que, dans le même temps, ils n’avancent pas la moindre -je dis bien : pas la moindre ! – critique sur le fond de ma recherche ?
Qu’ils m’expliquent en quoi je me serais trompé : je serais tout ouïe !
« Il n’hésite cependant pas à présenter un travail (…) qui remet en question les conséquences de la politique sanitaire européenne contre la Covid-19 ». Dans quel monde vivons-nous, où des académiques viennent accuser un des leurs pour avoir produit une étude contraire à l’avis des autorités en place ? La terre serait toujours plate, si n’étaient admissibles que les seules opinions scientifiques soutenues
par les autorités du moment…
« Ces dérives sont très inquiétantes car elles peuvent décrédibiliser l’ensemble des savoirs scientifiques ».
Effectivement, avec cette forme d’ostracisme de tout étude qui sortirait des rangs, et de lynchage médiatique de tout qui en serait porteur, on n’en finira pas de décrédibiliser pour de bon le monde scientifique…
Patrick MEYER
Bioinformaticien
Université de Liège
[1] Neil, M. and Fenton, N. (2021). Latest statistics on england mortality data suggest
systematic mis-categorisation of vaccine status and uncertain effectiveness of covid-
19 vaccination. Preprint December 2021.
[2] Christof Kuhbandner. (2022). Der Anstieg der Übersterblichkeit
im zeitlichen Zusammenhang mit den COVID-Impfungen (Preprint:
21.01.2022)
[3] Peter Doshi. (2022). Covid-19 vaccines and treatments: we must have raw data,
now. B MJ editorials.
[4] Open Letter to the MHRA Regarding Child Death Data
https://www.hartgroup.org/open-letter-to-the-mhra-regarding-child-death-data
[5] Pantazatos, S. and Seligmann, H. (2021). Covid vaccination and age-stratified
all-cause mortality risk. (Preprint October 2021).

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