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Vers un vaccin contre la variole du singe : « Il a fallu que ça touche les pays riches pour que la communauté internationale réagisse »

Stagiaire Le Vif

Pour stopper la propagation de la variole du singe en Europe, plusieurs États ont déjà annoncé qu’ils auraient recours à la vaccination. Mais dans les pays africains où la maladie est endémique depuis plusieurs décennies, les doses antivarioliques manquent.

Alors que la variole du singe continue sa propagation en Europe, les vaccins contre la variole du singe regagnent en intérêt. Laissés de côté dans les années 80 après l’éradication de la variole, certains d’entre eux se révèlent efficaces jusqu’à 85% contre la variole du singe, de par la proximité entre les deux infections. Celui qui concentre toutes les attentions est un vaccin danois, nommé Imvanex. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué qu’elle était en contact avec son fabricant, la firme Bavarian Nordic, pour s’assurer qu’il y ait un stock suffisant si nécessaire.

« Bien que la propagation soit plutôt sans précédent en Europe, il ne s’agit pas actuellement d’une urgence de santé publique », a déclaré Marco Cavaleri, le chef de la stratégie vaccinale de l’EMA, lors d’une conférence de presse. Le virus n’a en effet fait encore aucun mort en Europe ou en Amérique du Nord jusqu’à présent. 

Le vaccin Imvanex a été autorisé par l’EMA en 2013 pour la variole, mais le fabricant n’avait pas demandé d’autorisation pour son utilisation contre la variole du singe. Des tests ont montré qu’Imvanex était « efficace » contre la variole du singe, a soulevé Marco Cavaleri. L’EMA dit espérer que le fabricant danois demandera l’autorisation « dès que possible ».

Des vaccins contre la variole du singe répartis inégalement

Dans les pays africains où la maladie est endémique depuis plusieurs décennies, les doses antivarioliques manquent. C’est pourtant là que la variole du singe fait des dégâts : 66 décès ont été signalés en Afrique au cours des cinq premiers mois de 2022, dont 58 en République démocratique du Congo (RDC). Un bilan sans doute inférieur à la réalité, la plupart des foyers épidémiques se trouvant dans des zones rurales difficiles d’accès.

Matshidiso Moeti, directrice du bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, redoute un scénario comparable à celui du Covid en termes d’iniquité de traitements : « Nous devons éviter d’avoir deux ripostes différentes, une pour les pays occidentaux qui ne connaissent pas de transmissions importantes et une autre pour l’Afrique. » Selon elle, des actions doivent être menées conjointement, au niveau mondial. Elle souhaite que les États occidentaux prennent en compte l’expérience, l’expertise et les besoins de l’Afrique. « C’est la seule façon de s’assurer de renforcer la surveillance et de mieux comprendre l’évolution de la maladie, tout en généralisant la préparation et la riposte pour endiguer toute propagation », a-t-elle souligné, ajoutant : « L’Afrique a réussi à contenir des épidémies de variole du singe dans le passé et, d’après ce que nous savons du virus et de ses modes de transmission, la hausse du nombre de cas peut être arrêtée ».

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Outre les vaccins contre la variole du singe, il existe des médicaments pour limiter les effets de la variole du singe après une exposition au virus, comme le Tecovirimat. Ce traitement est déjà administré en Europe. Il est encore en phase de test en RDC et en Centrafrique. Emmanuel Nakoune, le directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Bangui – l’institut qui où ces essais sont menés en Centrafrique – regrette qu’une fois de plus, « il [ait] fallu que ça touche les pays riches pour que la communauté internationale réagisse ».

Victor Broisson

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