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L’obésité infantile en augmentation : comment motiver les enfants à se nourrir sainement ?

Marie Gathon
Marie Gathon Journaliste Levif.be

Une nouvelle étude de l’OMS pointe une augmentation du surpoids et de l’obésité chez les enfants européens. Principalement dans les pays du sud, même si les autres états membres ne sont pas épargnés, rapporte Euractiv.

Selon l’étude, le taux d’obésité sévère chez les enfants en âge scolaire est supérieur à 4 % dans plusieurs pays du sud de l’Europe : en Grèce (4.8%), à Malte (5.5%), en Italie (4.3%), en Espagne et Saint-Marin (4.6%). Il s’agit du taux le plus élevé parmi les 21 pays participants à la collecte de données (la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni n’ont pas participé). Les pays d’Europe de l’ouest et du nord comme la Belgique, l’Irlande, la Norvège et la Suède ont enregistré des taux inférieurs à 2 %. Il s’agirait de 400.000 enfants touchés par l’obésité sévère à l’échelle européenne, dont une majorité de garçons.

Les raisons pour lesquelles ce taux est plus élevé dans les pays du sud de l’Europe n’ont pas encore été identifiées. Mais les chercheurs soupçonnent le déclin du régime méditerranéen traditionnel d’être un des facteurs d’explication. « L’obésité sévère est un problème de santé très grave, et ces enfants souffrent déjà de l’impact d’une telle obésité à leur âge », prévient João Breda, responsable du Bureau européen de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles de l’OMS. « Nous avons constaté que les marqueurs de la santé cardiovasculaire, par exemple, sont déjà différents et que le risque de diabète augmente. »

Comment motiver les enfants à manger plus sainement ?

Selon la BBC, qui a interrogé Tina Le, une spécialiste qui donne des conseils aux parents pour les aider à donner envie à leurs enfants de manger sainement, la première chose est de laisser le choix à son enfant pour éviter qu’il refuse tout à fait de manger et pour lui donner l’impression d’avoir une option. Il serait donc judicieux de proposer à son enfant de choisir entre deux options saines.

Selon Anna Groom, diététicienne en pédiatrie, il ne faut pas non plus vouloir aller trop vite et commencer par des petits changements et essayer autant que possible d’éviter les disputes autour des repas. Une bonne idée serait de s’assurer qu’ils ont quelque chose de sain qu’ils aiment dans leur assiette et d’introduire en même temps une toute petite quantité d’un nouvel aliment.

Proposer à l’enfant de goûter un nouvel aliment, tout en lui laissant la possibilité de manger autre chose s’il n’aime pas aiderait à élargir la palette gustative à moyen terme. L’idée étant de ne pas braquer les enfants en essayant de l’obliger à manger une assiette complète d’un aliment inconnu. Il ne faut pas non plus s’avouer vaincu dès le premier essai et régulièrement proposer le même aliment. Votre enfant finira probablement pas s’y habituer, y goûter et l’apprécier.

Se réunir en famille autour d’un repas commun est également important, selon la détienne. Les jeunes enfants sont tentés de suivre l’exemple et d’imiter les habitudes alimentaires de leurs parents.

Les parents doivent aussi éviter d’exprimer un avis négatif sur un aliment qu’ils n’aiment pas en présence de leur enfant, car cela pourrait influencer leur attitude à l’égard des nouveaux aliments.

Récompenser un enfant qui a mangé sainement peut également être une bonne idée. Mais évidemment, pas avec une sucrerie… Essayez plutôt une récompense sous forme d’activité (aller au parc), coller un autocollant sur un tableau ou jouer à un jeu ensemble, etc.

Il faut donc éviter de dire : « si tu manges tes brocolis, tu auras un bonbon ». Car cela induit l’idée que la nourriture saine a moins de valeur que la récompense. Ce qui serait contre-productif à long terme.

Il faut également éviter l’écueil du « si tu manges mal, tu vas devenir gros », mais plutôt les inciter à manger sainement pour être en bonne santé et en forme.

Anna Groom convient que la langue est la clé pour aborder la question du poids. « Il est important que la famille soit encouragée à apporter des modifications globales afin que l’enfant ne se sente pas isolé », dit-elle. « Dire des choses comme: ‘Devenons en meilleure santé en tant que famille’ signifie que l’enfant peut même ne pas avoir la moindre idée que le parent s’inquiète de son poids, mais qu’il améliore néanmoins son régime alimentaire. »

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