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L’encéphalite à tiques, l’autre cauchemar du randonneur

Mailys Chavagne

« Prenez garde à la maladie de Lyme! » Tout promeneur averti a déjà entendu parler de cette maladie transmise par les tiques. Mais peu connaissent l’autre bête noire du randonneur: l’encéphalite à tiques (TBE), une infection qui peut s’avérer particulièrement dangereuse… et qui ne possède à ce jour aucun traitement.

Fièvre, courbatures, maux de tête… Des symptômes classiques de la grippe? Non. Le Covid qui revient à la charge, peut-être? Toujours pas. De retour d’un séjour au cœur de la Forêt-Noire, un massif montagneux du sud-ouest de l’Allemagne, un randonneur lambda n’a pas aperçu l’intrus qui s’est faufilé sous ses vêtements pour se faire un festin de son sang.

Satané moustique! Eh bien non, il ne s’agit pas du coupable cette fois-ci – bien qu’il se soit lui aussi abreuvé à la source. Le criminel, c’est la tique. Et si un mouvement brusque l’aura finalement délogé, cet arachnide acarien a laissé un petit souvenir de son passage: le promeneur aguerri mais non averti est désormais atteint, non pas de la maladie de Lyme, mais bien de l’encéphalite à tiques.

Maladie infectieuse virale

Encépha…quoi ? Pas étonnant que ce terme ne vous dise rien: seuls 24% des Belges connaissent cette maladie. La TBE est une maladie infectieuse virale qui touche le système nerveux central, en particulier le cerveau et la moelle épinière.

Dans la plupart des cas, les morsures de tique s’avèrent inoffensives. Et si infection il y a, elle reste bénigne ou s’accompagne de quelques symptômes de type grippal (mentionnés ci-dessus). Mais dans 20 à 30% des cas, elle peut entraîner des complications graves: après une période sans symptômes, des symptômes neurologiques peuvent apparaître à mesure que la maladie progresse. Cela peut aller de la méningite (inflammation des méninges) à l’encéphalite (inflammation du cerveau). Les signes sont:

  • fièvre,
  • maux de tête,
  • raideur de nuque,
  • état d’abattement profond ou agitation,
  • délire,
  • troubles du tonus des muscles,
  • pertes d’équilibre.

Dans 10 à 20% des cas, le malade peut toutefois garder des séquelles neurologiques comme des paralysies. Et si l’encéphalite progresse davantage, elle peut parfois être mortelle (2% des cas).

Quels risques en Belgique?

À ce jour, la TBE « n’est pas vraiment diagnostiquée chez l’homme en Belgique », rassure Sciensano. Néanmoins, la présence des tiques infectées tend à augmenter en Europe ces dernières années, et la circulation de la maladie se propage jusqu’à nos frontières. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a déjà enregistré plus de 3000 cas en 2018.

Si la probabilité d’être infecté dans nos contrées est plus faible, un voyage organisé en pleine nature dans certains pays d’Europe peut exposer à des risques. Le virus est endémique dans 20 pays européens tels que l’Autriche, la Suisse, le nord de l’Italie, la République tchèque, la Hongrie, la Slovénie, mais aussi plus près de chez nous, dans le sud de l’Allemagne, avec des foyers dans le sud des Pays-Bas.

En 2020, trois cas d’encéphalite à tiques ont même été rapportés en Belgique. « Ils ont contracté l’infection en 2020, année particulièrement chaude, lorsque les citoyens se sont rendus en masse dans la nature durant le premier confinement », explique Marjan Van Esbroeck, biologiste clinique (Institut de médecine tropicale), à nos confrères du Plus Magazine.

Pas de traitement, juste un vaccin

La meilleure protection contre l’encéphalite à tiques est la vaccination. Et pour cause : « Il n’existe pas de traitement spécifique contre l’encéphalite à tiques. Les soins au malade visent uniquement à soulager ses symptômes », selon vaccination-info.be, le site de référence en matière de vaccinations en Belgique.

D’autant que contrairement à la maladie de Lyme, la transmission de la maladie est immédiate après la piqûre, un retrait rapide de la tique ne suffit donc pas à empêcher de contracter la TBE. Mieux vaut donc mettre toutes les chances de son côté.

Un vaccin anti-TBE est disponible en Belgique, sur prescription. Il offre un niveau de protection totale de 96% à 99% chez les personnes régulièrement vaccinées. Il est recommandé chez les personnes qui pratiquent des activités en extérieur (camping, randonnées, jardinage, cyclisme…) et qui se rendent dans des zones à risque pendant la saison active des tiques (depuis le début du printemps jusqu’à la fin de l’automne).

Il est préférable de se faire vacciner quelques mois avant de se rendre dans une zone à risque. Deux injections sont préconisées, au moins trois mois avant le départ. Une troisième injection sera également administrée 5 à 12 mois plus tard. Pour les retardataires, un schéma rapide de vaccination existe, mais est moins efficace: le vaccin peut alors être effectué deux semaines avant de partir dans les pays concernés.

Outre la vaccination, le meilleur moyen de se protéger est encore d’éviter de se faire piquer. Cela demande de faire preuve de discipline et de respecter scrupuleusement quelques mesures de précaution, à savoir: préférer un pantalon au short, s’inspecter sous toutes les coutures après toute sortie en forêt, éviter les hautes herbes…

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