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Du boeuf « contaminé » par la tuberculose vendu dans les supermarchés français

Marie Gathon
Marie Gathon Journaliste Levif.be

Le Canard enchaîné a révélé un nouveau scandale alimentaire en France ce 25 octobre. De la viande de boeuf ayant contracté la tuberculose se retrouverait chaque année dans les rayons des supermarchés français, et ce, en toute légalité. Qu’en est-il en Belgique ?

Selon le journal satirique, chaque année 8000 bovins seraient infectés par la tuberculose en France, soit 3000 tonnes de viande. Les autorités sanitaires françaises en autorisent la vente à condition que les organes infectés (les reins, le foie et les poumons) soient retirés et détruits.

Une telle pratique est-elle également autorisée en Belgique ? Nous avons posé la question à Jean-Sébastien Wahlin, porte-parole de l’Afsca.

« En Europe, la viande est fortement contrôlée à toutes les étapes de la chaîne alimentaire (élevage, abattage, préparation, distribution) et est donc saine pour le consommateur », affirme Jean-Sébastien Wahlin. « En Belgique, cela fait des années que nous sommes officiellement indemnes de tuberculose bovine au sein de nos élevages. Ce statut est délivré sous respect strict de critères établis par l’Organisation mondiale de la Santé animale, l’OIE. Ce « label » est le fruit d’une politique d’éradication intense menée au siècle précédent par les Autorités belges, avec les éleveurs et vétérinaires », ajoute-t-il.

Si un bovin est infecté par la tuberculose, nous affirme le porte-parole de l’Afsca, « la viande n’est pas contaminée par la bactérie, il s’agit de viande saine. Ce sont principalement certains organes qui sont touchés et ceux-ci sont écartés ». Ce qui éliminerait tout risque pour le consommateur.

Lors de l’abattage, des précautions supplémentaires sont prises en Belgique : « chaque carcasse est expertisée par un vétérinaire, nous explique-t-il. En 2017, il s’agissait de 450.000 bovins. Parmi ceux-ci, seules 3 carcasses (0,00006 %) expertisées ont jusqu’à présent été suspectées de provenir d’un bovin malade. Elles ont été écartées du circuit ».

« En Belgique, nous sommes parfois accusés d’être trop sévères, mais les résultats sont là. Nous faisons partie des pays les plus sûrs en la matière. Il faut aussi savoir que les bactéries sont tuées lors de la cuisson », détaille-t-il.

Le lait cru plus risqué que la viande

L’infection par la tuberculose chez l’homme est quasi exclusivement due à Mycobacterium tuberculosis (la tuberculose humaine à proprement parler). Les seuls cas possibles de contamination de l’homme par la tuberculose bovine sont liés, soit à un contact étroit et répété entre un éleveur (ou un vétérinaire) et un animal malade, soit par la consommation de lait cru issu d’un animal infecté.

« Dans les années 50, on a connu plusieurs cas de tuberculose à cause de consommation de lait cru de vaches malades, raconte Jean-Sébastien Wahlin. Aujourd’hui, les cas de tuberculose sont extrêmement rares et à la moindre suspicion, l’Afsca bloque l’exploitation ».

C’est pour cette raison qu’il est souvent recommandé aux personnes ayant une immunité faible (les personnes âgées, les femmes enceintes, etc.) de ne pas consommer de lait cru, car les bactéries passent dans le lait.

Outre une problématique sanitaire, le Canard enchainé dénonce une problématique liée au prix de cette viande, achetée moins cher au producteur, mais vendue au même prix dans les rayons.

En effet, le prix d’une carcasse « malade » peut tomber à 1,5 euro du kilo alors qu’il se vend à 3,5 euros en temps normal. En rayon en revanche, le prix du steak ne bouge pas d’une virgule. De plus, la quasi-totalité des bovins atteints de tuberculose sont des vaches à viandes, vendues plus cher en rayon que la vache de réforme.

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