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La boîte noire obligatoire dans les nouvelles voitures: « Un effet dissuasif »

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

La boîte noire doit contribuer à une meilleure sécurité sur nos routes. Ce n’est pas la seule technologie qui devient obligatoire sur les voitures neuves. Pour Stef Willems, porte-parole de l’Institut pour la sécurité routière (Vias), ces outils d’aide à la conduite doivent réduire considérablement les accidents.

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Pourquoi cette obligation de boîte noire intervient-elle maintenant, alors que beaucoup de véhicules sont déjà équipés de cette technologie?

Le but est d’harmoniser le système à l’échelle européenne. Le problème est que chaque marque avait sa propre manière d’encoder les données. La nouvelle législation européenne impose une liste précise de données, qui doivent être lisibles et accessibles plus facilement, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les données récoltées par la boîte noire, appelée plus précisément Event Data Recorder, étaient rarement exploitées correctement. Les constructeurs n’y donnaient pas toujours accès facilement. Depuis le 6 juillet, la réglementation européenne a donc changé pour que les tribunaux puissent disposer de ces informations lors d’accidents.

L’automobiliste peut-il avoir accès à cette boîte noire?

Non, le précieux boîtier n’est pas accessible au propriétaire du véhicule. Il est placé sous le siège conducteur, dans un compartiment sécurisé, afin qu’il reste intact en cas d’accident.

Que faire si son véhicule est équipé d’une «ancienne» boîte noire?

Rien. L’automobiliste n’est pas contraint d’introduire une demande de renouvellement. C’est au constructeur à rendre l’ensemble des données davantage accessibles et à se calquer sur la nouvelle loi européenne.

Cette obligation induira-t-elle un coût supplémentaire lors de l’achat d’un nouveau modèle?

A priori non, puisque la technologie est présente depuis de nombreuses années. Il s’agit juste d’une standardisation pour toutes les marques.

D’autres nouveautés sont ou deviendront-elles obligatoires dans un véhicule?

L’Event Data Recorder n’est pas le seul outil obligatoire, en effet, pour les nouveaux modèles. Il fait partie d’un package plus large d’aides à la conduite imposé par l’Union européenne. On y retrouve l’ISA (Intelligent Speed Assistance) qui envoie un signal sonore au conducteur dès que la vitesse maximale en vigueur est dépassée, l’Alcohol Interlock (un connecteur universel pour un éthylomètre antidémarrage), le Lane Keeping Assist (qui augmente la résistance du volant et empêche le véhicule de dévier), l’Advanced Driver Distraction Warning (qui avertit le conducteur s’il est distrait) ou encore le Driver Drowsiness Recognition (qui détecte les signes de fatigue et de somnolence). Ces technologies seront présentes sur tous les nouveaux véhicules, entre 2022 et 2024.

Les conducteurs savent qu’en roulant avec ces systèmes, toutes leurs actions au volant peuvent être connues. Il y a donc un effet dissuasif.

Peut-on espérer que ces technologies contribuent à réduire considérablement le nombre d’accidents?

C’est le but. Aux Etats-Unis, où la boîte noire est présente dans les voitures depuis plus de vingt ans déjà, le nombre d’accidents a significativement chuté: on parle d’une baisse de 20%.

Peut-on s’attendre à une telle diminution chez nous?

Les conducteurs savent qu’en roulant avec ces systèmes, toutes leurs actions au volant peuvent être connues. Il y a donc un effet dissuasif. Mais il est difficile à mesurer avec exactitude. Cela fait déjà vingt ans que les voitures deviennent de plus en plus sûres, avec de nouveaux systèmes qui ont un impact réel sur la sécurité routière. Mais ce ne sont que des outils d’aide à la conduite, l’usager reste responsable.

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