Le niveau du Rhin baisse sous un niveau crucial, le transport menacé

Le Vif

Le niveau du Rhin au point de mesure de Kaub en Allemagne, une référence utilisée pour juger sa navigabilité, est tombé vendredi sous le niveau de 40 centimètres, considéré nécessaire pour une grande partie du transport fluvial.

La perspective d’un arrêt partiel du trafic sur ce fleuve parmi les plus fréquentés du monde constitue un nouveau casse-tête pour l’industrie allemande, déjà éprouvée par la crise du gaz russe et la flambée des prix de l’énergie dans la foulée de la guerre en Ukraine.

La jauge à environ 30 kilomètres au sud de Coblence, est tombé à 38cm en début de soirée et devrait continuer à baisser vers 35cm d’ici lundi, selon les données et prévisions de l’autorité fédérale des voies navigables.

Sous 40cm, « nos péniches ne pourront plus naviguer sans danger et, pour des raisons de sécurité, nous devrons interrompre en grande partie notre navigation sur le Rhin supérieur et moyen », a prévenu vendredi sur son site la compagnie de transport Contargo, relevant qu’aucune amélioration était à attendre rapidement.

Environ 4% du fret est transporté par voie maritime en Allemagne, y compris sur le Rhin, qui prend sa source en Suisse pour traverser plusieurs pays dont la France et l’Allemagne avant de se jeter dans la mer aux Pays-Bas.

L’importance du fleuve pour l’économie

Le fleuve a regagné en importance ces derniers mois car, pour réduire sa dépendance en particulier du gaz russe, l’Allemagne veut davantage se tourner vers le charbon.

Or, les grandes centrales électriques se situent principalement dans le pourtour rhénan, fleuve clé pour leur approvisionnement.

Les plus grandes entreprises allemandes ont déjà prévenu que de fortes perturbations du trafic fluvial pourrait porter un nouveau coup à une économie déjà en proie à des difficultés logistiques.

La sécheresse de 2018, qui avait vu la profondeur de référence du Rhin à Kaub descendre jusqu’à 25 centimètres en octobre, avait amputé le PIB allemand de 0,2% cette année-là, selon Deutsche Bank Research.

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