En milieu de matinée, les cormorans se regroupent sur les cimes pour digérer le fruit de leur pêche et sécher leur plumage. © Emeric Fohlen

En images: le ciel, le soleil et la rivière des ribeirinhos

Au Brésil, on les appelle les ribeirinhos, «le peuple des rivières». Cette dénomination, qui pourrait évoquer le titre d’une fable, reflète pourtant la manière de vivre, bien réelle, de communautés profondément intégrées à l’écosystème amazonien.

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La saga des ribeirinhos, reconnus comme peuple traditionnel par l’Etat brésilien en 2007, remonte au XIXe siècle, à l’époque de la ruée vers le caoutchouc. En pleine révolution industrielle, le monde s’arrache le latex, principalement extrait de l’hévéa, espèce endémique d’ Amazonie. De nombreux habitants du nord-est du pays viennent alors y chercher fortune et exercent comme seringueiros, les «saigneurs d’arbres».

Il se raconte qu’ au début du XXe siècle, des milliers de graines d’hévéa furent embarquées clandestinement hors du pays par un explorateur anglais. Le monopole cassé, la filière brésilienne du caoutchouc s’effondra. Les seringueiros, abandonnés par leurs employeurs, se dispersèrent le long de l’Amazone et de ses affluents, dont le rio Negro, où ils subsistent encore aujourd’hui grâce à un mode de vie en harmonie avec l’environnement.

Durant la saison des pluies, les forêts sont inondées par le fleuve en crue. Le quotidien des autochtones se résume à des sorties en pirogue et à des activités diverses, pratiquées dans leurs habitations sur pilotis. L’ autre moitié de l’année, ils réinvestissent leurs terres fertilisées par les alluvions. Naître et grandir ici a appris aux ribeirinhos à dépasser la dichotomie entre l’homme et la nature. Pour eux, une sorte d’osmose relie l’ensemble des espèces dans le grand concert du vivant. Une féerie que même les plus anciens ne se lassent pas de contempler. C’est ainsi qu’à la nuit tombée, certains ont pris l’habitude de se poster sur le perron de leur maison pour observer le spectacle des petits singes-écureuils qui, chaque soir, quittent la forêt pour traverser leur village, sautant de palmier en palmier.

Ismaël, 38 ans, habite le village d’Agrovila Flora Agricola. Aujourd’hui encore, le principal moyen d’accès vers les communautés locales demeure le bateau. Manaus, porte d’accès majeure vers la forêt, n’a été désenclavée qu’en 2011, grâce à un pont construit au-dessus du rio Negro.
Ismaël, 38 ans, habite le village d’Agrovila Flora Agricola. Aujourd’hui encore, le principal moyen d’accès vers les communautés locales demeure le bateau. Manaus, porte d’accès majeure vers la forêt, n’a été désenclavée qu’en 2011, grâce à un pont construit au-dessus du rio Negro. © Emeric Fohlen
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Sur les plages de la petite ville de Tefé, des ribeirinhos venus de loin ont stationné leur pirogue pour quelques jours, le temps d’accomplir des démarches administratives ou de se faire soigner dans l’unique hôpital du coin. © Emeric Fohlen
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Francisco, 40 ans, de l’ethnie Ticuna, cacique de la communauté indigène de Barreira da Missão. Après la fin de la ruée vers le latex, des seringueiros se sont mêlés aux populations locales, dont ils ont hérité les savoirs. Ici, des feuilles utilisées comme antiseptique.
Francisco, 40 ans, de l’ethnie Ticuna, cacique de la communauté indigène de Barreira da Missão. Après la fin de la ruée vers le latex, des seringueiros se sont mêlés aux populations locales, dont ils ont hérité les savoirs. Ici, des feuilles utilisées comme antiseptique. © Emeric Fohlen
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Renato, 18 ans, habite lui aussi Agrovila Flora Agricola. A la fois pêcheurs, chasseurs, agriculteurs, les autochtones sont toujours ravis d’une rencontre fortuite avec la faune locale.
Renato, 18 ans, habite lui aussi Agrovila Flora Agricola. A la fois pêcheurs, chasseurs, agriculteurs, les autochtones sont toujours ravis d’une rencontre fortuite avec la faune locale. © Emeric Fohlen
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Certains ribeirinhos vivent désormais en ville. Priscilla, 20 ans, étudiante à Tefé, profite d’un dimanche à la plage, près des eaux chaudes de l’Amazone.
Certains ribeirinhos vivent désormais en ville. Priscilla, 20 ans, étudiante à Tefé, profite d’un dimanche à la plage, près des eaux chaudes de l’Amazone. © Emeric Fohlen
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Teodoro, 86 ans, de l’ethnie Ticuna. Analphabète, ce thérapeute traditionnel étudie les plantes médicinales depuis l'âge de 20 ans.
Teodoro, 86 ans, de l’ethnie Ticuna. Analphabète, ce thérapeute traditionnel étudie les plantes médicinales depuis l’âge de 20 ans. © Emeric Fohlen

Avec le soutien de Lauriane Mouysset (CNRS, université de Paris-Saclay, Fondation Yves Rocher).

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