You need a fashion shower

Catherine Pleeck

Ne dites plus total look, mais look over. Optez pour le vrai noir. Oubliez le pantalon feu de plancher. Pour ne pas paraître dépassé, petit cours de rattrapage des 12 expressions mode de l’année 2012.

– Fashion shower –

Quand il s’agit de promouvoir sa collection d’accessoires baroques réalisée pour H&M, Anna Dello Russo n’a pas peur du ridicule. La rédactrice de mode italienne et idole des street stylers a enregistré un clip musical intitulé Fashion Shower, dans lequel elle donne dix leçons de style (par exemple : la mode est toujours inconfortable). Suffisant pour que son refrain –  » You need a fashion shower  » – devienne culte.

– All over –

Oubliez l’expression  » total look « , qui définissait un simple copier-coller d’une silhouette de défilé, pour la porter dans la vraie vie. Trop péjorative et synonyme d’un manque de style évident, cette formule a fini par se ringardiser. A l’inverse du  » all over  » apparu récemment, qui encense celles qui osent adopter une tendance dans son intégralité, de façon assumée et overstated (autre mot en vogue, qui se traduit par exagéré). Le pari étant risqué, seules les fashionistas de troisième catégorie pourront tenter l’expérience.

– Swag –

Cette étrange onomatopée désigne toute dégaine plus ou moins cool. Un adjectif mis initialement au goût du jour par les rappeurs US – Tyler, The Creator et A$AP Rocky -, avant d’être adoptée par la rue branchée. Attention, la date de péremption de ce terme est déjà en passe d’être atteinte. A utiliser rapidement, donc, ou pas du tout.

– Col Claudine –

Ce col plat se caractérise par ses tombants largement arrondis. Inspiré de l’héroïne du roman de Colette, Claudine à l’école, il a ressurgi du passé, l’hiver dernier, grâce à la collection imaginée par Marc Jacobs pour Louis Vuitton. Une idée suivie depuis par tous, puisque toutes les petites marques tendance en proposent actuellement dans leur vestiaire, que ce soit sur leurs robes, pulls ou tee-shirts.

– Creepers –

Ce sont les Teddy Boys des années 50 qui ont lancé ces chaussures à semelles compensées et crantées. Un modèle qui a ensuite connu de beaux jours avec le mouvement punk, à la fin des années 70. On pensait qu’il tomberait ensuite dans l’oubli. Mais c’était sans compter sur le retour de la tendance rockabilly, en 2011, qui a fait trois petits tours et puis s’en est allée, en oubliant de reprendre avec elle cet accessoire massif. Résultat, on trouve différentes déclinaisons de ces écrase-merde un peu partout, chez Prada, Sonia Rykiel, Phillip Lim ou McQ/Alexander McQueen.

– Slippers –

C’est en 2012 que ces pantoufles à porter ailleurs que chez soi ont vu leur cote de popularité exploser. Ce modèle de chaussons permet toutes les fantaisies. Format en cuir, velours ou poulain. Strict noir ou imprimé décalé. Rehaussé de pampilles, clous ou strass. On préférera définitivement cette appellation reprise de l’anglais, plutôt que le néologisme chaucassin, étrange croisement entre chaussons et mocassins. Attention, les mythiques ballerines ont du souci à se faire !

– Combo –

Vient du terme anglais  » combination  » (à traduire par combinaison). Cette abréviation aux accents rock qualifie au minimum deux pièces assemblées dans un objectif stylistique. Louis Vuitton, Prada et Chanel tentent par exemple d’imposer cet hiver le combo jupe sur pantalon. Convient également pour l’association maximanteau-minijupe. Mais nettement moins pour le duo jeans-baskets, beaucoup trop vu et revu.

– Tote bag –

C’est un sac fourre-tout en toile, insignifiant en apparence. Comme celui que l’on reçoit en clôture d’un événement, parfois estampillé du logo de la marque organisatrice. Tout juste bon à sortir pour faire son marché, pour contenir son pique-nique ou ses affaires de sport. Sauf que désormais, il représente le contre-pied minimaliste parfait des accessoires griffés hors de prix. Et qu’il permet par la même occasion de frimer, en montrant à tous qu’au Festival de Cannes, oui, j’y étais.

– Vrai noir –

On a déjà eu droit à des phrases du style  » red is the new black « . Mais quand cela fait plusieurs saisons d’affilée que le noir est à l’honneur et qu’il faut quand même lui donner un cachet neuf et désirable, voici venu le temps du  » vrai noir « . L’adage est tout aussi valable pour le bleu cobalt, nouveau remplaçant du bleu électrique. Ou comment honorer le retour d’une couleur que personne n’avait bannie de son dressing.

– Look coursier –

Non, il n’y a pas que les bobos qui roulent à vélo. Grâce au boom des coursiers new-yorkais et montréalais, ce moyen de déplacement est devenu à ce point hype que des marques comme Levi’s et H&M ont même imaginé des collections spécialement dédiées aux cyclistes urbains. L’accessoire indispensable à avoir ? Le sac multipoches, dans lequel on coince à la fois son déjeuner, ses rustines ou sa tablette. Tellement pratique que les piétons commencent aussi à l’adopter…

– Man repeller –

Ou repousse-mec, en français. On appelle ainsi les filles qui adoptent un look tellement pointu qu’il produit un rejet inévitable de la part de la gent masculine. Qui veut en être n’hésitera pas à porter une jupe midi, un pantalon harem, des culottes shorty taille haute, des creepers (voir plus haut). L’experte absolue ? La blogueuse Leandra Medine, idole des modeuses et incomprise des hommes.

– Pantalon 7/8 –

Anciennement nommé feu de plancher ou, dans une autre ère, eau dans les caves. Ce froc laisse largement voir la cheville, la bonne longueur se situant entre le début du mollet et la malléole. Reste une question d’importance capitale, pour les frileuses : peut-on porter ce nouvel objet hautement désirable (NDLR : terme en passe de remplacer le must-have) avec des chaussettes ou risque-t-on de perdre en style ?

CATHERINE PLEECK

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