Super, les jeunes pépites !

Barbara Witkowska Journaliste

Difficile de ne pas être sous le charme tout au long de la programmation du Festival Midis/Minimes qui mettra à l’honneur les étoiles montantes et le foisonnement créatif de la musique classique.

L’esprit du Festival demeure : chaque jour, à 12 h 15 précises, il nous convie au Conservatoire de Bruxelles pour un concert de 35 à 40 minutes. Les lundis sont dévolus aux musiques  » ouvertes  » et aux nouvelles démarches créatives. Les autres jours se partagent les différentes périodes de l’histoire de la musique, du Moyen Age au XXe siècle. Il y aura beaucoup de Bach, né en 1685, il y a tout juste 330 ans !

On ne manquera sous aucun prétexte la venue de Jean Rondeau, superbe claveciniste français de 24 ans, encensé par les critiques.  » Bach Imagine « , son premier CD, qui vient de sortir, enchante par une palette sonore éblouissante. Le jeu capiteux et effervescent de ce jeune homme à l’allure rock et baroque s’avère digne de tous les éloges.  » J’ai des affinités particulières avec Bach depuis que je suis tout petit, nous dit-il. Il m’est très proche de manière irrationnelle.  » Jean Rondeau a un coup de foudre pour le clavecin à l’âge de cinq ans.  » Pour moi, le clavecin est lié à l’enfance. Il y a peu d’instruments qu’on peut faire sonner dès le très jeune âge. Le clavecin est à l’échelle d’un enfant et s’adapte à sa sensibilité. Beaucoup de compositeurs ont écrit des pièces courtes pour clavecin, plus accessibles techniquement pour les enfants. C’est un instrument saisissant, au son magique et pas imposant. Or, il y a des gens qui ne le connaissent pas. J’ai envie de convaincre. Je jouerai des extraits de mon CD. En 40 minutes, j’ai envie de faire découvrir au public le clavecin !  » Star du Conservatoire de Paris dont il fut lauréat il y a deux ans, Jean Rondeau a reçu, en 2012, le 1er prix en clavecin du très prestigieux Festival de musique ancienne de Bruges.  » Je ne suis pas une bête à concours. J’y ai participé car c’est un moyen utile de rencontrer des musiciens et des organisateurs. Je l’ai fait aussi pour me faire plaisir. J’adore Bruges, je me suis baladé, j’ai profité de la ville. Certes, j’ai gagné, mais je ne peux pas dire que j’ai été le meilleur, j’ai joué différemment. Quand on a assez d’exigence vis-à-vis de soi-même, on n’est pas touché par un jugement. Ce n’est pas ça qui doit nous régir.  » Ce jeune prodige exigeant et somptueux est à suivre de près.

Lorenzo Gatto en ouverture

Jean-Sébastien Bach sera célébré aussi par Young Belgian Strings (YBS), orchestre à cordes créé en 2014 par Dirk Van de Moortel (premier violon à l’Orchestre national de Belgique), réunissant 23 étudiants de tous les conservatoires de Belgique. Lorenzo Gatto est le parrain en or de cet ensemble enthousiaste et motivé et c’est lui qui l’accompagnera, avec son fidèle complice Yossif Ivanov, dans le Concerto pour deux violons en ré-mineur lors du concert d’ouverture. Autres joyaux de la programmation : l’époustouflant pianiste japonais de 20 ans Kaito Kobayashi interprètera les 24 Préludes de Chopin, le poète de l’alto (instrument aux sons graves proches du violoncelle) Adrien La Marca, 25 ans, fera résonner les pages de Mikhaïl Glinka et de Johannes Brahms, l’inspirée hautboïste Céline Moinet, 30 ans, confrontera notamment les Romances de Schumann et la prometteuse mezzo Anna Reinhold nous entraînera avec le luthiste Thomas Dunford dans le Labirinto d’amore de Frescobaldi. Que de promesses et tout est si tentant !

Festival Midis/Minimes, au Conservatoire de Bruxelles, du 1er juillet au 28 août. www.midis-minimes.be

A écouter :  » Bach Imagine « , Jean Rondeau, un CD, Erato.

Barbara Witkowska

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