L’industrie, source d’inspiration

Guy Verstraeten
Guy Verstraeten Journaliste télé

Depuis le 29 avril, Charleroi s’appuie sur son Expo internationale de 1911 pour revisiter son passé industriel, en le liant avec la culture. Petit tour d’horizon du menu.

Trois fois. Il aura insisté trois fois, l’échevin de la Culture carolo, pour que nous ne parlions pas de  » commémoration « .  » Ce n’en est pas une ! On prend simplement comme point de départ 1911 pour parler du Charleroi culturel et industriel d’aujourd’hui. Le thème du programme se nomme d’ailleurs « Charleroi 1911-2011. L’industrie s’associe à la culture » « , lance le mandataire CDH Antoine Tanzili, dont la présente année s’annonce pour le moins chargée. Jusqu’au 27 novembre prochain, la ville accueillera en effet une impressionnante série d’événements répartis entre colloques, expositions, spectacles, concerts, ateliers, etc. L’occasion pour tous les opérateurs culturels d’apporter leur pierre à ce programme qui se déclinera sur sept mois.

 » L’Expo 1911 était une sorte de Walibi de l’industrie. En un siècle, on s’est rendu compte que les avancées technologiques n’étaient pas toujours synonymes de progrès. Il n’y aura plus, dans ce programme, de déification de la machine comme cela a pu être le cas en 1911 « , confie Antoine Tanzili. En 1911, l’Expo internationale s’inscrit dans une cité particulièrement florissante au niveau industriel. Entre l’avenue Waterloo et le square Yernaux, des pavillons issus du monde entier se déclinent alors sur 270 000 mètres carrés, comme une véritable carte postale célébrant la force économique de la région. Les temps ont bien changé depuis. L’industrie s’est enfoncée dans le déclin, mais elle reste une composante essentielle du paysage carolo.  » De la même manière qu’Anvers ne pourrait pas nier qu’elle est une ville portuaire, Charleroi est une ville industrielle. Mais cela ne se résume pas à des corons et à Pierre Bachelet. La culture existe autour de l’industrie et s’en inspire. C’est l’idée qui prévaut notamment dans les résidences d’artistes qui figurent au menu de cette année « , poursuit l’échevin Tanzili. Ces résidences d’artistes consistent, pour les photographes, plasticiens, designers ou illustrateurs, à intégrer les équipes et les locaux des industries  » qui jouent le jeu  » (une vingtaine au total, dont Caterpillar, AGC, ArcelorMittal) et à s’en inspirer pour doper leur créativité. Ce qui débouchera sur deux expositions ( » Label Charleroi  » et  » Résidence d’artistes en entreprises « ) tenues à l’automne prochain.

Un spectacle inaugural en demi-teinte

Dotée d’un budget global de 350 000 euros (dont 100 000 euros à peine à charge de la Ville), l’année culturelle 1911-2011 aurait pu, selon Antoine Tanzili, susciter davantage d’enthousiasme dans les grandes entreprises parapubliques, comme la Loterie nationale ou Ethias.  » Mais il n’est pas trop tard « , sourit-il. Même sans ce soutien, l’agenda est chargé et il serait bien malaisé d’en faire un déroulé exhaustif. On pourra tout au plus distinguer les expos  » 1911-2011 / De Pierre Paulus, peintre, à Philippe Herbert, photographe  » (jusqu’au 12 septembre, au musée des Beaux-Arts),  » Bernard Plossu, Charleroi par Plossu  » (du 28 mais au 18 septembre, au Musée de la photographie) ou encore  » Charleroi 1911-2011 Multimedia (du 23 septembre au 27 novembre, au bâtiment Gramme). Le 29 avril dernier, un grand spectacle inaugural gratuit, Ché viva la Città lançait en grande pompe le programme de cette année 2011, sur l’esplanade de l’Université du Travail. Un spectacle qui en a laissé plus d’un sceptique…  » C’est vrai que certains auraient aimé quelque chose de plus clair, de moins allégorique. Il y a toujours des mécontents, mais les commentaires positifs sont largement majoritaires. Quant à ceux qui disent qu’il y avait moins de monde que prévu, je leur rappelle que les pompiers nous ont obligés à limiter l’entrée à 1300 personnes, un chiffre à peu près atteint malgré la pluie « , soutient encore Antoine Tanzili. A voir si les sept mois à venir rempliront leurs promesses.

GUY VERSTRAETEN

 » Les avancées technologiques n’étaient pas toujours synonymes de progrès. Il n’y aura plus, dans le programme, de déification de la machine comme cela a pu être le cas en 1911 « 

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