L’arrivée des renforts prendra 90 minutes

Seuls 120 pompiers bruxellois peuvent faire immédiatement face à une chute d’avion sur la capitale. Le plan d’intervention des secours montrera vite ses limites.

A chaque incident aérien autour de l’aéroport de Zaventem, c’est la même angoisse, un peu vaine. La région bruxelloise serait-elle en mesure de limiter les dégâts si elle devait affronter de plein fouet la chute d’un avion ? Cette éventualité n’inspire qu’un constat lucide à Francis Boileau, porte-parole des pompiers bruxellois.  » Vous pourriez avoir le meilleur plan catastrophe, vous devrez de toute façon envoyer un camion avec 200 sacs en plastique pour recueillir les dépouilles…  » U ne catastrophe aérienne en milieu urbain est forcément très meurtrière.  » Selon des études américaines, un plan de secours de qualité augmenterait de 10 à 20 % le taux de survie des blessés graves « , poursuit François Boileau, tout en soulignant l’atout d’une grande densité hospitalière à Bruxelles. Ce n’est pas une raison pour attendre un accident les bras croisés.  » Bruxelles possède depuis deux ans son plan d’intervention « , souligne la gouverneure de la Région de Bruxelles-Capitale, Véronique Paulus de Châtelet. Ce plan a le mérite d’exister, certes, mais il attend toujours de subir son baptême du feu lors d’un exercice de simulation. Inutile, quoi qu’il en soit, d’en attendre des miracles en cas de catastrophe aérienne.  » Sur les 160 hommes que compte le Siamu bruxellois ( NDLR : Service d’incendie et d’aide médicale urgente), 120 pompiers, au maximum, pourraient intervenir. Ce qui serait insuffisant et nécessiterait des renforts. De la Protection civile, notamment.  » C’est un des maillons faibles du dispositif actuel :  » Compte tenu du chaos prévisible, il faudrait une heure et demie avant que le poste de la Protection civile le plus proche, installé à Liedekerke, en Brabant flamand, ne rallie la région bruxelloise.  » Trêve de supputations,  » il faut éviter à tout prix qu’un tel accident se produise, c’est tout « , tranche Francis Boileau.  » C’est une question d’équilibre entre la tranquillité des gens et la sécurité. Avant, c’était la sécurité qui était principalement prise en considération « , ajoute la gouverneure, usant d’un imparfait lourd de sens.  » Le problème n’est pas de faire face à un crash, mais de le faire rapidement.  »

P. Hx

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