E-commerce

Catherine Pleeck

Au niveau mondial, les achats sur Internet devraient représenter 1 500 milliards d’euros pour 2015. Un beau gâteau dont toutes les marques de luxe entendent recevoir une part substantielle.

Les menaces d’attentat auront encore renforcé la tendance. De plus en plus d’achats de Noël et d’envies de shopping tout court se concrétisent désormais sur Internet. D’après l’enquête annuelle de Comeos, la fédération du commerce et des services, 64 % des Belges procèdent à des emplettes en ligne. Un pourcentage encourageant, mais qui pourrait encore être augmenté si les consommateurs réfractaires osaient franchir le pas de la première acquisition sur le Web.  » Après une expérience positive, vous êtes plus vite enclin à réaliser à nouveau des achats en ligne « , confirme Dominique Michel, CEO de Comeos.

A l’échelle mondiale, les ventes sur la Toile devraient atteindre 1 500 milliards d’euros pour l’exercice 2015 (soit une hausse de 24 %) et franchir le cap symbolique des 2 000 milliards d’euros à l’horizon 2019. Longtemps réfractaires à l’e-commerce, les griffes de luxe ne peuvent plus nier cette évolution accélérée, comme en témoignent plusieurs faits d’actualité, cette année.

Chanel, l’une des dernières marques high level à ne pas encore avoir d’e-shop, a ainsi osé une première incartade dans le monde virtuel, en avril dernier. Via un partenariat avec la plate-forme Net-A-Porter, la maison de la rue Cambon a proposé, en avant-première, la mise en vente de sa nouvelle ligne de joaillerie Coco Crush. Succès de taille : en 24 heures, la moitié de la collection était déjà épuisée, dont une manchette en or jaune 18 carats, au prix de… 19 000 euros.

Autre signe de cet intérêt ? En septembre, LVMH (propriétaire notamment de Louis Vuitton et Dior) a annoncé l’engagement de l’Américain Ian Rogers, génie de l’Internet, créateur de Beats Music et ancien senior manager d’Apple Music. Son poste ? Patron du secteur digital du géant du luxe, avec pour mission d’explorer les nouvelles opportunités qui s’offrent au groupe dans le domaine du numérique.

Le vent en poupe

Du côté de l’interface portugaise Farfetch, qui agit comme un intermédiaire entre les clients et un réseau de boutiques multimarques soigneusement sélectionnées, ce ne sont pas moins de 86 millions de dollars qui ont été levés en mars ; le site entrant ainsi dans le club très fermé des unicorns (licornes), qui rassemble les start-up ayant dépassé la barre du milliard de dollars de valorisation. Et le même mois, le groupe italien de vente en ligne Yoox fusionnait avec la plate-forme Net-A-Porter, renforçant encore davantage sa place d’acteur majeur dans le secteur.

Au rayon des labels plus accessibles, pointons enfin l’entreprise allemande Zalando, dont le chiffre d’affaires était en hausse de 41 % au troisième trimestre 2015, avec 16,4 millions de clients actifs et 26 millions de commandes passées entre le 1er janvier et le 30 juin 2015. De quoi lui donner aisément la place de numéro un de la vente de mode en ligne en Europe.

Catherine Pleeck

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