22 juin 2022, poignée de main symbolique entre le président turc Erdogan et la Première ministre suédoise

Déblocage surprise : l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’Otan est désormais possible

Le Vif

L’Otan a annoncé mardi soir un accord presque surprise pour permettre l’adhésion de la Suède et la Finlande grâce à la levée du veto turc, sur fond d’une guerre d’usure menée par la Russie en Ukraine.

Après plusieurs heures de discussions en marge du sommet de l’Alliance, qui a débuté mardi soir à Madrid, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a assuré que la Turquie avait levé son veto à la candidature des deux pays nordiques. « La Turquie a donné son accord pour que la Suède et la Finlande rejoignent l’Otan », a annoncé Stoltenberg, jugeant cette avancée « essentielle » alors que le monde « fait face à la plus grave crise sécuritaire depuis des décennies ».

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Un ccord signé devant les caméras par les chefs de la diplomatie des trois pays au début du sommet.

Ankara, membre de l’Otan depuis 1952, bloquait jusqu’à présent l’adhésion de la Suède et de la Finlande – deux pays historiquement neutres – car elle les accusait d’abriter des militants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qu’elle considère comme « terroriste ».

Mais le président turc Recep Tayyip Erdogan a finalement estimé avoir obtenu après d’intenses tractations « la pleine coopération » de la Finlande et de la Suède contre les combattants kurdes du PKK et leurs alliés. « La Turquie a obtenu ce qu’elle voulait », a insisté la présidence turque dans un communiqué.

La Turquie a donc donné son accord à l’entrée dans l’Otan de ces deux pays nordiques au terme de plus de trois heures de discussions mardi à Madrid, en marge du sommet de l’Alliance atlantique.

Recep Tayyip Erdogan et Jens Stoltenberg

Le rôle des Etats-Unis dans ce déblocage

Un haut responsable de la Maison Blanche a assuré mardi que la Turquie n’a pas fait « de demande particulière de concessions aux Américains » pour lever son opposition à l’entrée de Helsinki et de Stockholm dans l’Otan. Les Etats-Unis n’ont « rien offert » à Ankara, a-t-il insisté lors d’un entretien avec des journalistes, sous le couvert de l’anonymat.

L’accord conclu à Madrid va donner « un élan puissant » à l’unité occidentale, a ajouté ce haut responsable américain.

Il a par ailleurs tenu à vanter le rôle joué par le président américain Joe Biden dans les délicates négociations entre les trois protagonistes, qui ont mené à la spectaculaire annonce d’un accord en marge du sommet de l’Otan en Espagne.

Officiellement, Washington ne voulait pas jouer « les intermédiaires » dans des discussions menées par M. Stoltenberg, a indiqué cette source. Mais elle a lourdement insisté sur l’implication du président des Etats-Unis.

Le haut responsable a ainsi rappelé que M. Biden s’était entretenu mardi matin avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan des « préoccupations » de ce dernier et de « la manière de les surmonter. » Cet appel était destiné à pousser l’accord entre les trois pays « derrière la ligne d’arrivée », a-t-il dit. Les deux hommes doivent avoir mercredi une réunion bilatérale à Madrid.

La source a assuré que la Suède et la Finlande avaient voulu « s’assurer du soutien » du président américain à l’accord trouvé avec la Turquie « avant de conclure ».

L’Otan va « inviter » Suède et Finlande à la rejoindre

Les pays de l’Otan vont maintenant « inviter » officiellement mercredi la Suède et la Finlande à rejoindre l’Alliance, a annoncé le secrétaire général de l’Otan devant la presse. Cet accord et cette double adhésion vont permettre aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance présents à Madrid d’afficher une unité renforcée face à la Russie, qui a de nouveau appelé mardi Kiev à la capitulation.

« Je suis ravi d’annoncer que nous avons un accord qui ouvre la voie à l’entrée de la Finlande et de la Suède dans l’Otan » et qui répond « aux inquiétudes de la Turquie sur les exportations d’armes et sur la lutte contre le terrorisme », a ajouté Jens Stoltenberg.

La Première ministre suédoise Magdalena Andersson a pour sa part salué un « pas important », estimant que cela renforcerait l’alliance. « S’engager vers une adhésion pleine et entière à l’Otan est bien sûr important pour la Suède et la Finlande, mais c’est aussi un pas très important pour l’Otan, car nos deux pays seront pourvoyeurs de sécurité au sein de l’Otan« , a déclaré Mme Andersson dans un entretien accordé à l’AFP.

Rendre l’Otan « plus forte et plus sûre »

Le Premier ministre Alexander De Croo a salué la levée du véto de la Turquie à cette entrée de la Suède et de la Finlande dans l’Otan, indiquant que c’était « le seul bon choix ». Avec les deux pays nordiques dans l’Alliance atlantique, « nous rendons l’Europe plus sûre et l’Otan plus forte », a-t-il affirmé mardi.

« La Suède et la Finlande sont nos partenaires européens depuis des années. Ils partagent nos valeurs de liberté et de démocratie », a ajouté le Premier ministre. « La Belgique se réjouit de travailler avec la Suède et la Finlande en tant qu’alliés de l’Otan. »

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Cette double adhésion va rendre l’Alliance « plus forte et plus sûre », a aussi réagi mardi soir le Premier ministre britannique Boris Johnson. C’est « une nouvelle fantastique alors que nous commençons notre sommet de l’Otan », a-t-il dit sur Twitter. « L’adhésion de la Suède et de la Finlande vont rendre notre brillante alliance plus forte et plus sûre », a-t-il poursuivi.

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