Ramassage du bois en province de Sankuru, en République démocratique du Congo. © Alain Huart

La forêt du bassin du Congo, poumon vert à préserver… dans l’intérêt de l’Europe

Olivier Rogeau
Olivier Rogeau Journaliste au Vif

Les outils modernes d’observation du bassin forestier du fleuve Congo esquissent une catastrophe à l’horizon 2050: une destruction globale irréversible de cette dernière grande forêt tropicale presque intacte de la planète. Moins cisaillé par les activités humaines que l’Amazonie et l’Asie du Sud-Est, victime d’une déforestation massive et de feux incontrôlés, le massif du bassin congolais reste, à ce jour, le seul puits de carbone tropical réellement efficace: il séquestre six cents millions de tonnes de CO2 en plus qu’il n’en émet.

Toutefois, le réchauffement climatique, l’accroissement démographique et l’extension des activités agricoles itinérantes menacent ce poumon vert. En l’absence de mesures concrètes de préservation, des dizaines de millions d’Africains seront contraints de se déplacer dans leur propre pays ou de partir à la recherche d’opportunités d’emploi sous d’autres cieux, surtout européens, prévient Alain Huart. Spécialiste belge du développement rural en RDC, où il vit depuis quarante ans, il a accumulé des centaines de missions dans les coins les plus reculés du pays, où il a tissé des liens avec les peuples autochtones et les organisations paysannes.

Témoignage de ses rencontres et découvertes, son livre-album Congo, peuples et forêts (1) célèbre le cœur vert de l’Afrique et ses populations. Pour l’auteur, il est urgent d’aider les paysans d’Afrique centrale à sédentariser leurs activités agricoles et d’utiliser le levier de la finance carbone pour atteindre les communautés locales, gardiennes de la forêt. Un enjeu majeur pour l’avenir du continent africain… et de l’Europe.

(1) Congo, peuples et forêts, par Alain Huart, Weyrich, 232 p.

© National
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