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Elections françaises, J-7: sprint final pour les candidats de la droite et de la gauche radicale en meeting

Le Vif

Sprint final dans l’élection présidentielle en France à une semaine du premier tour. Après le président sortant Emmanuel Macron samedi, le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, donné en troisième position dans les sondages, rassemble dimanche ses troupes dans le sud-ouest du pays et la candidate de droite Valérie Pécresse les siennes à Paris.

C’est la dernière ligne droite dans cette campagne hors norme touchée de plein fouet par la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine. Avec un défi de taille pour les 12 prétendants à la présidence française: mobiliser leurs partisans, aller chercher les indécis et ceux tentés par une abstention potentiellement élevée.

« Bien sûr » qu’Emmanuel Macron peut perdre, a affirmé le chef de file des députés de la majorité présidentielle Christophe Castaner dimanche sur la radio RMC. « Ce serait une faute politique », une « arrogance », que « de laisser penser qu’une élection est pliée d’avance ».

Les derniers jours de campagne sont électrisés par un écart qui se resserre dans les sondages entre M. Macron, et sa rivale d’extrême droite Marine Le Pen (Rassemblement national), qui surfe sur une inflation galopante en France et met le pouvoir d’achat au coeur de sa campagne.

Macron lors de son unique meeting de campagne le 2 avril 2022.
Macron lors de son unique meeting de campagne le 2 avril 2022. © BELGA

Lors d’un meeting géant samedi aux accents plus sociaux, M. Macron a appelé à la « mobilisation générale » contre les « extrémismes ».

Plus que pour le premier tour, où il est toujours en tête des intentions de vote, l’entourage du candidat-président s’inquiète du resserrement de l’écart avec Mme Le Pen au second tour, plusieurs études le donnant vainqueur à 53% contre 47% pour son adversaire.

Les solutions de Mme Le Pen « ne sont pas financées: elle reprendrait donc d’une main ce qu’elle donne de l’autre », a dénoncé dans le Journal du Dimanche (JDD) le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

« Remontada »

Face au remake annoncé du deuxième tour de la présidentielle de 2017, le candidat de gauche le mieux placé (autour de 15%) Jean-Luc Mélenchon espère décrocher un billet en finale.

Pour concrétiser cette « remontada » espérée, il bat le rappel à Toulouse, dans une région historiquement de gauche. Cette ville constituait aussi un des bastions du grand mouvement social de contestation populaire des « gilets jaunes » qui avait secoué la France pendant plusieurs mois à partir de l’automne 2018.

« En dernière ligne droite, les choses se cristallisent, ce qui a tendance à amplifier les dynamiques déjà existantes », affirme son directeur de campagne Manuel Bompard.

A l’issue d’une rencontre avec des restaurateurs parisiens, M. Mélenchon a jugé samedi que « Le Pen présentait la même fragilité que M. Macron, leur profonde indifférence à la maltraitance sociale ».

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon© Belgaimages

En 2017, il avait profité de la dernière ligne droite pour créer une dynamique et était arrivé en quatrième position (19,58%) juste derrière le candidat de droite François Fillon (20,01%).

Mais le leader de la gauche radicale, qui plaide pour un « vote utile », est loin de faire l’unanimité au sein d’une gauche divisée et affaiblie, avec l’écologiste Yannick Jadot donné autour de 5-6%, le communiste Fabien Roussel (autour de 4%) et la candidate socialiste Anne Hidalgo donnée à un niveau historiquement bas (autour de 2%).

« Comédien »

A droite aussi, d’aucuns pensent déjà à l’après. Mais Valérie Pécresse, candidate des Républicains (LR), au coude à coude avec l’ancien polémiste d’extrême droite Eric Zemmour (autour de 10%), tentera de mobiliser en meeting à Paris dimanche un électorat très courtisé par ses adversaires, de l’extrême droite au candidat Macron.

Valérie Pécresse est la candidate au plus grand patrimoine.
Valérie Pécresse est la candidate au plus grand patrimoine.

Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau a fustigé sur les médias Europe1/Cnews/LesEchos chez Emmanuel Macron un « comédien » qui a nourri un « sentiment de déclassement d’appauvrissement ». Lors de son meeting à Paris, Mme Pécresse devraient développer « les grands axes » de sa campagne: une grande fermeté sur la sécurité, et le pouvoir d’achat avec « 10% de hausse des salaires ».

Meetings aussi à Paris pour Anne Hidalgo, qui va parler de la jeunesse, pour laquelle elle propose une « loi d’urgence« , avec des mesures supplémentaires par rapport à son programme en raison de l’inflation.

De son côté, Yannick Jadot a estimé dimanche sur le média LCI que le quinquennat d’Emmanuel Macron était celui du « déni climatique » et de la « régression sociale ».

M. Jadot fait référence à l’engagement de la France pour réduire ses émissions de CO2 de 40% d’ici à 2030 comparé à 1990. Mais le « budget carbone » pour 2015-2018 a été dépassé, ce qui a valu une condamnation de l’Etat français en justice dans l' »Affaire du siècle ».

Le candidat écologiste est dimanche en déplacement à Nanterre (région parisienne) pour rencontrer des militants.

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