Si elle est élue, Marine Le Pen, souhaite sortir la France du commandement intégré de l'Otan pour redevenir "indépendante". Pourtant... © Belgaimages

Elections françaises, J-9: l’écart se resserre entre Macron et Le Pen en cas d’affrontement au second tour (infographies)

Olivia Lepropre
Olivia Lepropre Journaliste

Si Jean-Luc Mélenchon ne parvient pas à créer la surprise, la France devrait se diriger le 10 avril prochain vers un second tour voyant s’affronter, à nouveau, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Avec une issue moins évitente qu’il y a cinq ans ?

Emmanuel Macron fait toujours figure de favori à sa réélection, mais sa victoire est de moins en moins acquise. Porté notamment par son implication face à la guerre en Ukraine, les intentions de vote à son égard avaient grimpé après l’annonce officielle de sa candidature, flirtant avec les 30% avant de légèrement redescendre ces derniers jours. Mais le scandale McKinsey et la remontée de Marine Le Pen dans les sondages, notamment pour le second tour, commencent à faire planer un léger doute pour l’actuel président.

La candidate d’extrême droite se place plus que jamais en favorite pour accéder au second tour, devant Mélenchon qui ne cesse de grimper ces dernières semaines et qui croit plus que jamais à ses chances.

Si tous les sondage donnent Macron réélu, quel que soit son adversaire au second tour, la marge devient de moins en moins confortable pour le président. Selon le calcul réalisé par The Economist, Macron a 99% de chances d’accéder au second tour, et 86% de remporter l’élection – une projection qui était néanmoins 91% début de semaine, et à 98% la semaine dernière. Marine Le Pen a quant à elle, toujours selon The Economist, 12% de chances de l’emporter.

Un changement de discours, pas d’idées

Selon un sondage Elabe publié mercredi, Le Pen réduit brutalement l’écart en cas de second tour. Elle recueille 47,5% contre 52,5% au président sortant, un score particulièrement serré et qui peut en théorie – et pour la première fois dans cette campagne – la voir gagnante, si l’on tient compte de la marge d’erreur. L’hypothèse de Marine Le Pen comme présidente apparait donc de plus en plus crédible. Et ce n’est pas seulement une question de sondages. La candidate s’appuie sur une image « dédiabolisée », un discours recentré et une campagne axée sur le pouvoir d’achat, principale préoccupation des Français, promettant des mesures d’urgence comme la suppression de la TVA sur certains produits. Elle s’éloigne ainsi plus encore de l’image du Front national de Jean-Marie Le Pen. L’arrivée d’Eric Zemmour et de ses saillies ultra-radicales et clivantes ont fini « d’adoucir » son image.

Pourtant, son programme n’a guère changé, notamment sur les fondamentaux du parti comme l’immigration et l’identité nationale. C’est surtout le discours, et les mots, qui sont différemment choisis. Son parti supprimerait ainsi, par exemple, les allocations pour les étrangers travaillant depuis moins de 5 ans à temps plein et réserverait les prestations familiales aux foyers dont au moins un parent est français, affirmant que ces mesures permettraient 9,2 milliards d’économies par an.

L’ancien Premier ministre Edouard Philippe, qui fait campagne pour Emmanuel Macron, craint également une victoire de Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle, voyant l’hypothèse de plus en plus réalisable. « Bien sûr, Marine Le Pen peut gagner. Depuis 2017, elle a fait mine de revenir sur beaucoup de choses qui crispaient une partie de l’électorat qui ne l’avait pas encore rejointe », a-t-il expliqué au Parisien.

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