Epargne : pourquoi vous avez désormais la capacité de « battre » l’inflation

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

L’épargnant et l’investisseur ont désormais la capacité de « battre » plus facilement l’inflation pour augmenter leur rendement réel. Explications.

L’épargne du Belge va-t-elle retrouver un rendement réel positif? Grâce à la chute des prix de l’énergie, l’inflation n’avait plus été aussi faible en Belgique depuis 2021. Le gaz et l’électricité, dont les prix sont en chute, tirent en effet la tendance inflationniste vers le bas. « La composante énergie est clairement le principal responsable de cette baisse, confirme l’économiste Philippe Ledent (ING). L’influence des prix de l’énergie a été encore plus importante en octobre qu’en septembre. »

Pourtant, cette baisse de l’inflation peine à se faire ressentir auprès du consommateur. Et pour cause, en Belgique plus qu’ailleurs, l’énergie pèse proportionnellement plus lourd dans le panier de l’index. « Son poids est plus important que dans d’autres pays parce qu’on observe que les Belges consomment plus d’énergie. C’est le juste reflet d’une réalité », avance Philippe Ledent.

Schématiquement, quand l’inflation baisse, un même taux d’intérêt nominal sur un compte d’épargne est plus intéressant.

Philippe Ledent (ING)

Pour la banque centrale européenne (BCE), l’inflation sous-jacente (qui ne prend pas en compte la composante énergie) est un élément très important. « Ce n’est pas qu’elle ne regarde pas l’inflation générale. Mais la banque centrale ne peut rien contre les prix de l’énergie. Elle se focalise surtout sur le prix des produits alimentaires, du restaurant, du cinéma, du coiffeur… Parce qu’elle peut agir sur ces domaines. Donc, le fait que l’inflation générale soit très faible (0,36%) ne fait ni chaud ni froid à la BCE. Ce qui l’intéresse davantage, c’est que l’inflation sous-jacente soit toujours au-delà des 6% en Belgique », discerne Philippe Ledent.

Epargne : un rendement réel positif

Quant à la question de savoir si cette baisse générale peut profiter à l’épargnant, la réponse est «oui, mais… ».

« Schématiquement, quand l’inflation baisse, un même taux d’intérêt nominal sur un compte d’épargne est plus intéressant. Si elle est à 0,4% et le taux d’intérêt à 1,5%, le rendement réel est positif. Même s’il est peu probable que la tendance reste aussi basse dans le temps », tempère Philippe Ledent.

Un épargnant – surtout un investisseur – a aujourd’hui plus la capacité de battre l’inflation que lorsqu’elle était à 8%. 

Philippe Ledent

Toutefois, la capacité du consommateur à battre l’inflation est clairement meilleure. « Imaginons l’inflation se stabilise aux alentours de 2,5%, et que les taux continuent à augmenter un peu, un épargnant – surtout un investisseur – a aujourd’hui plus la capacité de battre l’inflation que lorsqu’elle était à 8%. »

épargne
L’inflation en chute devrait augmenter les rendements réels de l’épargnant.

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