La « réduflation », la stratégie des marques pour duper les consommateurs

Le Vif

Réduire la taille d’un emballage (et donc son contenu), mais continuer à le facturer au même prix: tel est le principe de la « réduflation ». Une stratégie commerciale « injuste ». Explications.

L’inflation ne passe pas inaperçue, dans les portefeuilles. Selon un sondage réalisé par ING en mars dernier, près de la moitié des Belges essaient d’économiser de l’argent : 44 % sur la nourriture, 42 % sur les vêtements, 38 % sur les repas au restaurant, 34 % sur les loisirs et 31 % sur les voyages.

Face à cette volonté de rogner sur les dépenses courantes, les marques mettent en place des stratégies pour que les consommateurs n’aient pas l’impression que leur niveau de vie baisse (même si c’est en réalité le cas).

Par exemple, certains fabricants lancent parfois de nouveaux produits moins chers pendant les périodes de ralentissement économique. Après la crise financière, par exemple, L’Oréal a lancé une ligne de cosmétiques très abordables « pour faire face à la crise ».

D’autres producteurs appliquent ce que l’on appelle la « réduflation » : ils réduisent progressivement la taille de leurs emballages, mais continuent à les facturer au même prix. Les sachets de Snickers, Doritos et M&M, entre autres, ont rétréci de manière inaperçue au fil des ans.

« Au fond, c’est injuste, car les consommateurs ne remarquent pas qu’ils ont moins pour le même prix » , explique Els Breugelmans, professeure de marketing et de commerce de détail (KU Leuven).

Bien sûr, indirectement, la réduflation une autre façon pour les producteurs de jouer sur le fait que les consommateurs préfèrent ne pas avoir à affronter le fait qu’ils doivent faire des sacrifices. Ils paieront peut-être plus pour ce qu’ils obtiennent, mais ils pourront continuer à acheter les produits de leur marque de confiance.

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