© Miysis

Cristal Park à Seraing: le principal actionnaire privé, Guido Eckelmans, laisse béton

David Leloup
David Leloup Journaliste

Alors que la cheville ouvrière du projet Cristal Park à Seraing, Pierre Grivegnée, est détenu (à domicile), le principal actionnaire privé du projet, Guido Eckelmans, vient d’annoncer qu’il se retirait.

Guido Eckelmans rompt ses négociations avec la Ville de Seraing à propos du Cristal Park. Le principal actionnaire privé n’entend plus financer la suite du projet. Il a déjà déboursé un million d’euros et ça suffit, explique-t-il dans une lettre adressée mercredi à la Ville.

Une faillite prochaine pour Immoval ?

Guido Ekelmans est le patron et propriétaire de Speci, la société qui détient (directement et indirectement) des parts dans toutes les structures impliquées dans le projet de Cristal Park. Guido Eckelmans était associé à Pierre Grivegnée, qui se trouve lui en prison préventive depuis un mois, inculpé d’abus de biens sociaux et en aveux sur une série de fausses factures, dont celles révélées par la RTBF et Le Vif.

Le Cristal Park, annoncé depuis près de vingt ans, est le projet de reconversion du vieux site industriel du Val Saint-Lambert. Le Park n’existe toujours pas et ses emplois non plus, malgré quarante millions d’euros, essentiellement publics, engagés dans l’affaire.

L’annonce de Guido Eckelmans est-elle à considérer comme les prémices d’une faillite prochaine ? C’est probable, mais il est toujours dangereux de se lancer dans des prévisions. Faut-il s’y attendre dès ce jeudi ? Sans doute pas : ce n’est pas la question qui est posée au tribunal. L’échéance est pour l’audience du 28 prochain. « Je suis dégoûtée », a commenté l’échevine Laura Crapanzano à propos de l’annonce inopinée de Guido Eckelmans.

Trop d’incertitudes pour Guido Eckelmans

Cinq sociétés liées au projet risquent la faillite : Speci, Valinvest, Immoval, l’asbl Cristal Discovery et l’Immobilière Deprez. Elles sont en procédure de réorganisation judiciaire. Incapables de rembourser leurs créanciers, elles demandaient un sursis de six mois. Le tribunal de l’entreprise doit se prononcer ce jeudi à propos de cette prolongation de PRJ.

C’est là qu’intervient la surprise. Quelques heures avant l’audience, l’avocat de Guido Eckelmans, actionnaire privé principal, a écrit à la Ville. Il est « au regret de constater que malgré la bonne volonté mise en œuvre par les parties principalement concernées par ce projet pour tenter d’aboutir à une restructuration efficace, celles-ci sont bien trop éloignées d’une solution concrète qui permettrait d’avoir une perspective sérieuse de mener ce projet à terme. »

Guido Eckelmans souligne les incertitudes trop nombreuses qui pèsent sur la suite du projet, notamment sur les terrains vendus par la Maison sérésienne, vente récemment cassée par la Région.

« Par conséquent, une réelle restructuration du groupe nécessiterait encore de longues négociations ainsi que l’investissement d’apports financiers extrêmement importants, tandis que la certitude de pouvoir récupérer ceux-ci est totalement hypothétique, précisément en raison de l’absence de perspective sérieuse à présenter au Tribunal de l’entreprise.

Malgré les efforts et investissements importants consentis par Monsieur Eckelmans, ce dernier en tire les conclusions qui s’imposent à lui, de telle sorte qu’il n’entend plus supporter financièrement le projet. »

Séance d’information ouverte au public

La Ville de Seraing a réagi ce mercredi soir dans un communiqué. Elle constate la rupture « soudaine » et « unilatérale » des négociations par Guido Eckelmans, « malgré les importants progrès engrangés au cours des dernières heures et en violation des accords pourtant d’ores et déjà pris […] ». Elle invite « toutes affaires cessantes » les conseillers communaux à une séance d’information ce jeudi à 20h00 à l’Hôtel de Ville d’Ougrée. La salle sera ouverte au public.

David Leloup et François Braibant (RTBF)

Partner Content