De Groene Verte à Houthulst © Belga

Variant britannique à Houthulst : « En Asie du Sud-Est, on fermerait toute la commune »

Celine Bouckaert
Celine Bouckaert Journaliste - traductrice newsroom Roularta

À Houthulst, en Flandre-Occidentale, les deux tiers des résidents de la maison de repos De Groene Verte, soit 75 personnes, ont été contaminés par le variant britannique du coronavirus. Quelles mesures la commune prend-elle pour endiguer le variant, nettement plus contagieux que le virus  » classique  » ?

Le nombre de contaminations a crû rapidement dans la localité de Houthulst. Ce lundi, la commune affiche une incidence de 1207 (le nombre de cas cumulés pour 100.000 habitants sur 14 jours), tous variants de coronavirus confondus. Le variant britannique a également été détecté dans une institution pour personnes déficientes.

Par mesure de précaution, la commune de Houthulst a pris une série de mesures : elle interdit toutes les activités sociales. Seules les écoles, les services de garde d’enfants et les services médicaux restent ouverts pour l’instant. Les élèves et les enseignants seront soumis à un test rapide. S’il y a trop d’infections, les écoles pourraient fermer.

Une quarantaine de dix jours

« L’origine de l’infection n’est pas encore connue, mais nous sommes occupés à tracer les contacts », a déclaré le bourgmestre Joris Hindryckx (CD&V). « Les personnes infectées devront être mises en quarantaine pendant dix jours au lieu des sept requis pour une infection ‘normale’. » Les contacts à haut risque liés au foyer dans la maison de repos devront également observer une quarantaine de dix jours. Tout comme les personnes infectées, elles doivent être testées le premier et le neuvième jour.

En vertu de l’arrêté ministériel du 18 octobre 2020, en cas d’augmentation locale de l’épidémie sur leur territoire, les gouverneurs et bourgmestres sont en effet tenus de prendre des mesures complémentaires à celles prévues du Fédéral en concertation avec les autorités compétentes des entités fédérées.

Tester, tester, tester

Pierre Van Damme, épidémiologiste à l’Université d’Anvers, met en garde contre le danger du nouveau variant. « Si en Asie du Sud-Est, il y avait un foyer comme celui-ci, on fermerait tout à fait la commune », déclare-t-il au quotidien Standaard. Pour Van Damme, il n’y a qu’une seule solution pour endiguer le variant : « tester, tester, tester ».

« Si on ne fait rien, le variant britannique deviendra dominant », déclare également Bruno Verhasselt, le chef de service du laboratoire qui a détecté le variant à Houthulst. « Nous devons tester, et détecter un maximum de cas. Nous avons déjà détecté plus de cent cas. Partez du principe que deux fois plus de personnes sont contaminées. Si vous ne les dépistez pas, elles continueront à transmettre le virus. Et il y a probablement d’autres foyers », s’inquiète-t-il.

Herman Goossens, microbiologiste à l’Université d’Anvers, n’hésiterait pas à tester tous les habitants de la commune de Houthulst. « Je n’hésiterais pas s’il s’avère que des membres de la famille du personnel sont contaminés. Mais il faut d’abord repérer où ils habitent. S’ils habitent tous dans le coin, c’est possible. Cela devient plus difficile s’ils sont dispersés », explique-t-il au Morgen.

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