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Réforme des pensions: toujours dans l’impasse, à une semaine de l’échéance

Le Vif

Les discussions sur la réforme des pensions paraissaient mercredi dans l’impasse alors que l’échéance annoncée d’un accord -le 21 juillet- se rapproche. Le Premier ministre va prendre des contacts pour tenter de débloquer la situation, a-t-on indiqué à bonne source… Une tâche qui s’annonce compliquée puisque le libéral flamand est lui-même au centre des critiques du premier parti de la coalition, le PS.

Le « kern » de mardi soir s’est déroulé dans un climat très tendu. Les vives critiques du PS sur la méthode de travail du Premier ministre et certains messages adressés à la presse avant la réunion ont particulièrement irrité ce dernier qui l’a fait savoir à son partenaire.

Dimanche déjà, les tensions étaient patentes. Une note de compromis soumise par le Premier ministre a été sèchement rejetée par les socialistes francophones au motif qu’elle était par trop « teintée de bleu » et semblait faire fi des propositions du PS.

Mardi, la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), a présenté une nouvelle note qui n’a pas fait consensus, loin s’en faut… Du côté des libéraux flamands, on faisait remarquer mercredi qu’elle était la ministre des Pensions « de tous les Belges et pas seulement du PS ».

A entendre certaines sources, un front comprenant l’Open Vld, le CD&V… et Vooruit semble se dessiner. Il semble en effet que les socialistes du sud du pays et ceux du nord du pays, emmenés par Frank Vandenbroucke, co-auteur en 2014 d’un rapport sur la question, soient particulièrement éloignés sur certains points.

Même le périmètre des discussions semble sujet à caution. Le 20 mai, le gouvernement avait convenu de travailler sur quatre points de la réforme: la réintroduction d’un bonus pension, la réduction des écarts entre les hommes et les femmes, la pension à temps partiel et l’accès à la pension minimum… Ou du moins une partie du gouvernement.

Car, à une autre source, l’on a contesté qu’un accord a été conclu le 20 mai. Un cinquième sujet s’est donc invité: la possibilité d’une retraite anticipée après un certain nombre d’années de carrière. Qu’il s’agisse de ce point ou de la pension minimum, les pierres d’achoppement résident dans le nombre d’années qui doivent être prises en compte pour y accéder et leur nature: travail effectif, interruption de carrière, chômage temporaire, etc.

Le Premier ministre s’est toujours refusé à parler d’un « accord de l’été », semblable à celui conclu en 2017 par le gouvernement Michel. Le gouvernement avait toutefois l’ambition de régler certains dossiers comme celui du deal pour l’emploi et des 2% du PIB pour a Défense, qui ont pu aboutir. La réforme des pensions figurait également au programme. Un échec renverrait celle-ci à la rentrée dont l’agenda est déjà chargé puisqu’outre le budget, le pouvoir d’achat reviendra dans les discussions, de même que la réforme fiscale, la taxation des surprofits des fournisseurs d’énergie, la concertation sociale, etc.

L’absence d’accord n’est pas exclue.

Dimanche, on faisait savoir du côté du PS que cette option était préférable à un mauvais accord, étant entendu que le relèvement de la pension minimum complète à 1.500 euros avait déjà été coulé dans les textes. Un échec minerait toutefois sérieusement la confiance entre les partenaires de la coalition et, partant, l’activité du gouvernement. Une source redoutait mercredi soir que l’exécutif ne s’installe dans « une forme d’affaires courantes qui ne disent pas leur nom ».

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