L’Etat a remis l’étude d’incidence de l’aéroport de Bruxelles aux parties

Le Vif

L’État belge a envoyé l’étude d’incidences sur les nuisances sonores liées à l’aéroport de Bruxelles aux parties concernées, rapportent vendredi soir La Libre et la DH. Quatorze scénarios y sont esquissés afin de soulager l’inconfort des riverains de l’aéroport.

L’étude menée par le bureau spécialisé Envisa a été remise mercredi soir aux communes, Régions wallonne et bruxelloise ainsi qu’aux associations de riverains concernées. Fin 2020, l’État avait été condamné à communiquer à chacune des parties, pour le 1er juin 2022 au plus tard, une nouvelle étude d’incidences, après une première mouture jugée insuffisante.

   Selon le document remis mercredi, « le scénario le plus efficient en termes tant de santé pour un maximum de riverains, que de viabilité économique pour l’aéroport consiste à prolonger la piste 25L de 900 mètres et d’y concentrer les départs sous certaines conditions de normes de bruit avec un virage à gauche dès 700 pieds¿: de 50¿ à 100¿% des départs partiraient de cette piste prolongée », expliquent les quotidiens. Cinquante millions d’euros d’investissement seraient nécessaires.

   L’autre solution la plus crédible de cette étude consiste à moderniser la flotte d’avions opérant sur le tarmac bruxellois. « Elle aurait indéniablement un impact positif sur les contours de bruit », argue l’auteur de l’étude. « Les émissions de polluants seraient également réduites. » En 2019, la proportion d’avions de nouvelle génération (Airbus A320neo, A350, A380, 737Max, 787, etc.) était de 12¿%. Le scénario prévu par l’étude pousse la proportion à 28¿%, permettant ainsi une réduction des contours de bruit de plus de 15¿%.

   Envisa n’a pas refait toute l’étude mais a effectué des analyses complémentaires reprises dans un addendum à son étude initiale. Selon le cabinet du ministre de la Mobilité Georges Gilkinet, les différents scénarios étudiés par Envisa seront prochainement présentés « aux autres membres de la majorité fédérale et aux membres de la plateforme de concertation ». « Cette étude permet à tout le moins une objectivation de la situation existante et des solutions, y compris les plus disruptives et les plus difficilement consensuelles, qui pourraient être développées pour la suite », ajoute le cabinet dans un résumé du document.

   Au sujet d’une piste 25L prolongée de 900 mètres à privilégier pour les départs avec virage gauche (plutôt que la 25R), « étant donné la situation géographique de l’aéroport, déplacer les activités un peu plus à l’Est pourrait réduire en partie le survol des communes au Sud-Ouest de l’aéroport », note ce document transmis par le cabinet. Ce scénario, le « 1.b », est subdivisé en sous-scénarios en fonction de la proportion de départs qu’on déplacerait de la 25R à la 25L, et de l’altitude de virage à gauche (700 ou 1.700 pieds).

   Il n’y a cependant pas de solution miracle: s’il y a moyen d’optimiser la réduction de la fréquence de survol, ainsi que les réductions de bruit globales, il faut aussi tenir compte de l’investissement et du déplacement des nuisances sonores restantes, des paramètres qui sont soupesés pour chaque piste. Dans la conclusion qui semble optimale, l’extension de la piste 25L ne semble utile en termes de bruits que si les avions virant à gauche au décollage le font plus tôt, donc à une attitude plus basse (700 pieds plutôt que 1.700), ce qui impacte en termes de bruit les communes au sud de l’aéroport.

   Les autres scénarios explorent les pistes d’une extension de la « nuit opérationnelle » (la période de restriction des vols) jusqu’à 7h00 (plutôt que 6h00), ce qui aurait cependant un impact économique significatif sur l’aéroport, ainsi que d’une diminution du « vectoring » (technique de guidage de l’avion par le contrôle du trafic aérien) pour réduire la dispersion des tracés. Des décollages plus précoces (moins avancés sur la piste) depuis la 25R, la suppression pure et simple des vols cargo, ou encore de nouvelles procédures d’approche des pistes pour l’atterrissage sont également pris sous la loupe, ainsi qu’une concentration des départs de la piste 25R sur une seule route, survolant des zones moins densément peuplées. Cette dernière piste réduirait significativement le nombre de personnes dérangées par le bruit, mais rallongerait certains départs.

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