(220329) -- BRUSSELS, March 29, 2022 (Xinhua) -- A man pays at a gas station in Brussels, Belgium, March 29, 2022. Due to rise of high energy prices, Belgium markets witnessed the rise of prices of petrol, diesel, cooking oil, flour, etc, in recent times. (Xinhua/Zheng Huansong)

Le portefeuille du citoyen belge directement impacté après l’embargo sur le pétrole russe?

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

Les dirigeants européens se sont mis d’accord sur un sixième paquet de sanctions à l’encontre de la Russie. Alexander De Croo s’en félicite. « Cela limite la capacité de la Russie à financer la guerre », dit le Premier, qui estime également que ce paquet devrait être le dernier pour le moment. Avec des conséquences sur la classe moyenne belge?

Les dirigeants européens sont parvenus à un accord sur un sixième paquet de sanctions. Parmi elles, la sanction phare est certainement l’accord pour un embargo sur le pétrole russe, dès la fin de cette année. Le Premier ministre Alexander De Croo s’est montré très satisfait. « Cela montre que l’Europe a un esprit de décision et que nous pouvons montrer notre unité », a-t-il déclaré sur Radio 1.

Le Premier ministre a également souligné que ces nouvelles sanctions auront un impact encore plus grand sur la Russie, avec un embargo sur environ 90 % du pétrole russe. « C’est plus important pour la Russie qu’un embargo sur le gaz. Cela limite considérablement les options de la Russie pour financer la guerre », pointe De Croo.

Que signifie cet embargo de 90% sur le pétrole russe ? En réalité, une exception temporaire est prévue pour le pétrole brut entrant par des oléoducs. Cela représente la principale concession faite à la Hongrie, qui, en raison de sa situation géographique, n’a pas d’alternative directe aux livraisons de pétrole russe. La Slovaquie et la République tchèque profitent également d’une exception. « Si nous faisons un boycott, c’est censé blesser les Russes. L’intention n’est pas de provoquer une pénurie de carburant aux Hongrois», justifie De Croo.

« Point final… provisoire »

Quelles conséquences cet embargo aura-t-il sur la Belgique ? Pour le Premier, elles seront assez limitées. Le libéral indique qu’il n’y aura pas de pénurie. « En fait, nous cherchons depuis des mois d’autres fournisseurs pour le pétrole que nous importons. Nous n’avons pas attendu », rassure-til.

Le Premier ministre a en outre souligné que ce sixième paquet de sanctions est « un paquet de très grande envergure ». « Du point de vue de notre pays, c’est le point final provisoire. Mettons ces sanctions en pratique maintenant afin qu’elles aient un impact maximal sur la Russie. Dans le domaine de l’énergie, ça peut s’arrêter là, il ne faut pas impacter inutilement notre classe moyenne. Mettons d’abord en œuvre ces sanctions et ne revenons pas à des discussions pour un prochain paquet », a-t-il conclu.

« Maintenir les prix de l’énergie sous contrôle » après l’embargo

Le large embargo sur le pétrole russe décidé lundi soir à Bruxelles par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE pourrait donc marquer un point final dans la politique de sanctions énergétique européenne contre Moscou.

« Pour la Belgique, ce paquet est un grand pas en avant, arrêtons-nous là pour le moment et voyons son impact. D’ailleurs, nous devons décider aujourd’hui comment mieux maintenir les prix de l’énergie sous contrôle, et éviter que nous connaissions cet hiver les mêmes difficultés que l’hiver dernier, c’est ça la priorité », a commenté De Croo à son arrivée au deuxième jour du sommet de Bruxelles.

De son côté, Viktor Orban a salué l’accord, qui prévoit une exemption pour le pétrole acheminé par oléoduc, permettant ainsi à son pays de continuer à recevoir du brut bon marché venu de Russie. Le dirigeant nationaliste hongrois bloquait depuis plusieurs semaines le projet d’embargo européen, parlant de « bombe atomique » lancée sur son économie. Finalement, pour lever le veto de Budapest, les Vingt-sept ont limité l’arrêt des importations au pétrole russe transporté par bateau, soit les deux tiers des achats européens. Avec un engagement de l’Allemagne et de la Pologne de se priver du pétrole de l’oléoduc Droujba, ce sont donc bien 90% des importations de brut russe dans l’UE qui seraient coupées d’ici la fin de l’année. L’extension de l’embargo aux livraisons par oléoduc sera ensuite discutée « dès que possible » sans qu’une date butoir ne soit fixée.

Guy Verhofstadt fustige « un compromis honteux »

Pour l’ancien Premier ministre belge et eurodéputé Guy Verhofstadt, il s’agit ni plus ni moins d’un « compromis honteux » qui permettra à l’UE de continuer à acheter du pétrole russe jusqu’à la fin de l’année, finançant ainsi la machine de guerre de Poutine, d’autant plus que des pays comme la Hongrie bénéficient d’une exemption indéfinie. Il a une nouvelle fois appelé à mettre fin à la règle de l’unanimité dans la politique étrangère de l’UE.

« Non, c’est une grande victoire pour l’Europe, qu’à nouveau, nous ayons été capables de décider à vingt-sept pays », a rétorqué De Croo.

Des pays de l’est de l’Europe appellent déjà à un septième paquet de sanctions, réclamé aussi par l’Ukraine. Pour la Première ministre estonienne Kaja Kallas, un embargo sur le gaz devrait figurer dans ce septième paquet, « mais je suis réaliste, je pense qu’il n’y sera pas », a-t-elle tempéré. Vu les coupures de gaz déjà imposées par Gazprom aux pays qui refusent de payer leurs achats en roubles, elle constate que « ce sont les Russes qui mettent (eux-mêmes) les sanctions sur le gaz ».

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