Opinion

Mélanie Geelkens

La sacrée paire de Mélanie Geelkens: pourquoi vivre ensemble? Par amour, ou pour avoir une femme de ménage gratos ? (chronique)

Mélanie Geelkens Journaliste, responsable éditoriale du Vif.be

Etre en couple mais vivre séparés: en 1978 déjà, Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir affirmaient que pour mettre fin au patriarcat, il serait nécessaire de supprimer la cohabitation. Aujourd’hui, les amoureux qui optent pour cette formule ne sont plus rares… mais toujours très critiqués. Et s’il s’agissait pourtant d’une solution ?

Il y a eu les fleurs (« Vous êtes géniaux! », « Intéressant, ça peut vraiment être bénéfique », « Mes grands-parents ont fait pareil [emoji coeur] »…) Puis les pots. Bien gros: « Egoïstes », « Divorcez, ça ira plus vite », « Quand on aime, on fait des compromis », « Je vois pousser ses cornes à vue d’oeil »… Tout juste si l’instagrammeuse Bettina Zourli et son époux Nicolas ne se font pas traiter de dégénérés, dans les plus de 1 200 commentaires suscités par cette vidéo sur Konbini.

Le couple n’a pourtant rien inventé: Frida Kahlo et Diego Rivera, Georges Brassens et Joha Heiman, Jacques Dutronc et Françoise Hardy, Laurence Bibot et Marka… Chez les célébrités, vivre séparés, ça fait sans doute plus glamour. Mais pour Bettina et Nicolas, rien à voir avec d’éventuelles tournées ou expositions. Plutôt avec le nettoyage, le balayage, l’astiquage. Car Bettina, sa casa, elle l’aime toujours pimpante et Nicolas, bah… jamais le premier à se ruer sur une serpillière.

Oh, bien sûr, ils voulaient « récupérer ensemble du temps de qualité », ne plus laisser les tracas du quotidien polluer leur relation, se permettre d’avoir une vie au-delà de l’autre… Mais si, bien que mariés, ils occupent désormais chacun un appartement, c’est en grande partie à cause des tâches ménagères qu’ils n’ont pas réussi à se répartir équitablement. La charge mentale a encore frappé. Comment aimer, accablée par le poids des inégalités?

« Pour échapper aux chausse-trappes habituelles de l’amour, plutôt que de remettre en question le principe d’une relation exclusive, […] on peut aussi chercher à changer les conditions concrètes dans lesquelles elle se déroule », écrit Mona Chollet dans Réinventer l’amour. Elle-même adepte du chacun chez soi, elle estime que les résidences distinctes « court-circuitent le couple et la famille comme dispositifs d’exploitation de la force de travail des femmes. […] Cette exploitation est-elle une conséquence fortuite de la vie commune, ou est-elle sa raison d’être? »

Difficile de ne pas repenser à cette rupture: il l’avait encaissée placidement. Et n’avait hurlé qu’en constatant que, le temps que les destins se démêlent, son linge ne serait désormais plus repassé. Sur le compte Instagram « T’as pensé à… », une dame racontait que face à sa volonté de divorcer, la première réaction de son mari fut: « Je vais devoir prendre une femme de ménage. » Cas particuliers? Plusieurs études sur la garde alternée ont démontré qu’une fois séparés, les pères reportaient très souvent la charge des enfants sur une autre femme. Leur mère, une nouvelle compagne. Voire une nounou, pour ceux qui peuvent se le permettre.

« Si le but à viser est la suppression de la famille patriarcale, peut-être sera-t-il nécessaire, pour l’atteindre, de supprimer la cohabitation de couple pendant au moins une génération », lançait, en 1978, l’organisation Choisir la cause des femmes, fondée par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir. Dit aujourd’hui dans une vidéo sur Konbini, commentaires haineux assurés.

Bien sûr, deux logements, ça coûte un pont. Ça n’arrange rien à l’environnement. Ça foire s’il y a des enfants (communs). Mais cet « idéal » (dixit Mona Chollet) mérite au moins de se poser cette question: pourquoi, au fond, emménager ensemble? Par amour, seulement? Par conformisme? Par nécessité financière? Ou pour bénéficier des services d’une ménagère à domicile?

Gros dégueux ch. filles ukrainiennes

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les recherches telles que « Ukrainian girl », « War porn » ou encore « Refugee Porn » sont en « top trend » sur Google et les sites pornographiques. Sur l’application de rencontre Tinder, des soldats russes déployés en Ukraine flirtent avec des Ukrainiennes. « Le cyber sert également d’outil de guerre », dénonce StopFisha, l’association féministe contre le cybersexisme et les cyberviolences sexistes et sexuelles.

(E.G. st.)

23,3%

de moins que leurs collègues masculins. Dans le secteur de la chimie, les femmes sont particulièrement ciblées par l’inégalité salariale, dénonce la FGTB. « Impossible de justifier ces écarts salariaux et de les cautionner, qui plus est dans un secteur rentable, en expansion et régulièrement à la recherche de nouveaux collaborateurs », regrette le secrétaire général de la FGTB Chimie. Selon l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, les femmes gagnent en moyenne 22,7% de moins que leurs collègues masculins. (E.G. st.)

L’autre pandémie

La pandémie de Covid-19 a entraîné une augmentation des violences à l’égard des femmes, rapporte, le 4 mars, une enquête commandée par le Parlement européen. Septante-sept pour cent des répondantes ont estimé avoir subi davantage de violences physiques et émotionnelles. La pandémie a également affecté négativement les revenus de 38% des sondées. Quarante-quatre pour cent des femmes interrogées ont aussi rapporté que leur santé mentale avait été mise à mal par les mesures de confinement.

(E.G. st.)

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