Opinion

Nicolas De Decker

La certaine idée de Nicolas De Decker: do it yourself, pliez votre écolo avec notre méthode infaillible

Nicolas De Decker Journaliste

Les ministres écologistes vous insupportent, avec leur air sachant et leur visage triste? Avec notre méthode infaillible, apprenez à les ridiculiser pour toujours, eux qui faisaient tant les fiers quand ils étaient dans l’opposition!

Simple, amusante et presque reproductible à l’infini, elle consiste en une simple pression par le langage, qui suffit à plier votre ministre sans qu’il puisse s’en remettre.

Les matériaux composites (peur du prochain sondage, crainte des commentaires sur les réseaux sociaux, tétanie face à l’adversité) avec lesquels ils sont aujourd’hui fabriqués rendent en effet les ministres écologistes sensibles à n’importe quelle phrase qui leur serait adressée.

Souvent, la première qui vous passe par la tête est la plus efficace.

Voyez, à partir de ces quelques exemples, comment utiliser cette méthode imparable…

Si la ministre veut fermer une centrale nucléaire, comme Tinne Van der Straeten, pliez-la en lui disant que c’est parce qu’elle veut ouvrir une centrale à gaz. Si c’est pendant une guerre en Ukraine, repliez-la ensuite en disant que c’est parce qu’elle veut financer Vladimir Poutine.

Si le ministre dit que des inondations consécutives à un phénomène météorologique pratiquement inédit sont liées au dérèglement climatique, comme Philippe Henry, pliez-le en lui disant que c’est à cause du barrage dont il a la tutelle. Si c’est pendant que les prix de l’énergie augmentent, repliez-le ensuite en disant que c’est parce qu’il y a trop d’installations photovoltaïques en Wallonie.

Si le ministre veut que les femmes qui travaillent à temps partiel reçoivent une pension plus élevée, comme Georges Gilkinet, pliez-le en lui disant que c’est parce qu’il veut décourager les gens de travailler. Si c’est pendant une négociation nucléaire, repliez-le ensuite en disant que ce n’est pas le moment de lui donner de l’argent pour ses trains.

Si le ministre veut faire pousser du blé en ville ou acheter des terres agricoles pour y faire pousser du blé à l’extérieur de la ville, comme Alain Maron, pliez-le en lui disant que c’est du communisme. Si ce n’est pas pendant une guerre en Ukraine, repliez-le ensuite en disant qu’on n’a pas besoin de cultiver du blé comme au Moyen Age alors qu’on peut en acheter pas trop loin.

Si la ministre participe à des réunions en non- mixité, comme Sarah Schlitz, pliez-la en lui disant que c’est parce qu’elle est sexiste. Si c’est pendant qu’elle désigne une personne qui porte un signe d’appartenance religieuse, repliez-la en disant que c’est parce qu’elle défend un projet conservateur de société théocratique. Et si c’est pendant qu’elle finance des associations de soutien aux transgenres, re-repliez-la en disant qu’elle défend un projet progressiste de société postmoderne.

Notez, si vous ne l’avez pas encore remarqué, qu’il n’y a pas une seule façon de plier son ministre écologiste, mais que cela ne tient jamais qu’à un geste: il suffit de le contredire.

Qu’importe le sens dans lequel on plie pour commencer, ça marche toujours.

Ils ont toujours tort, les écolos pliables.

Et puis, une fois qu’ils sont pliés, mettez-les bien tranquillement dans votre poche.

Ou mieux encore: déchirez-les et jetez-les dans la poubelle la plus proche. Ils étaient solides dans l’opposition mais, une fois bien pliés, ils ne pourront plus servir beaucoup au pouvoir.

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